La revue de l'année 2005 en DVD
Par Martin Albert
31 décembre 2005

On ne peut pas dire que le DVD n'a pas été populaire en 2005. Même en Irlande, l'IRA a délivré à la fin juillet un communiqué historique sur DVD, délogeant des traditions, lu par l'ex-prisonnier Seana Walsh, citant la fin de toutes activités armées. Cela prouve en même temps que les graveurs de DVD sont très abordables et que tout le monde peut en avoir. Mais cela amène le fléau de la copie pirate que les studios tentent de combattre de tous les moyens possibles, même en ajoutant une bande-annonce fatigante sur les DVD. Dès les premières notes de celle-ci, je la saute. A-t-ellle l'impact désiré? Si je vous en parle, c'est sûrement qu'elle m'a marqué! Dans une publication de l'association japonaise des industriels du média enregistrable sur les ventes des différents médias de stockage pour 2005, on y apporte que les ventes de DVD vierges ont fortement augmenté, atteignant une estimation de 3,643 milliards de disques distribués à travers le monde. C'est 2,7 fois plus qu'en 2004! Le rapport prévoit que la demande devrait encore gonfler de 40% pour 2006, (5,159 milliards de disques!). Évidemment, les gens ne s'en servent pas pour copier des films, mais bien pour sauvegarder leurs souvenirs de vacances! Cette augmentation de la demande est transcrite du côté du consommateur par une baisse de prix assez marquée. Avez-vous remarqué dernièrement comment le prix des CD vierges est haut comparativement à celui des DVD vierges? Nous comprenons facilement pourquoi les studios tentent de protéger leurs films. Pour ce faire, la firme Macrovision annonce qu'elle a mis au point une nouvelle technologie pour entraver la copie de DVD. Cette nouvelle méthode, appelée "RipGuard DVD", est entrée en vigueur au milieu de 2005 et est théoriquement compatible avec les lecteurs DVD déjà sur le marché (je crois l'avoir aperçue sur quelques DVD de Sony et Disney). Advenant l'éventualité que des soi-disant pirates réussissent à contourner cette sécurité (ce qui est inévitable selon la théorie de Alan Turing...), le protocole de protection peut être constamment mis à jour.

Malgré la force du DVD, les studios produisent encore des VHS, mais en moins grande quantité. Fox annonçait en 2005 qu'il n'y aurait aucune VHS pour Star Wars: Episode III - Revenge of the Sith et HBO discontinuait totalement le format. Disney a aussi dit aux détaillants de ne pas attendre de promotions VHS pour 2006. La vente de VHS a baissée de 55% depuis 2003. Le format est là depuis 1977... c'est assez long comme vie! Il est temps qu'il disparaisse pour laisser place au futur.

Justement cette année, la guerre du Blu-Ray (Sony) contre le HD-DVD (Toshiba) est allée de plus belle, sans vraiment de grosses surprises pour personne. Après les chicanes à propos de quelle technologie haute définition serait la meilleure, nous nous retrouvons avec deux technologies très semblables, sauf du côté manufacturier où le Blu-Ray perd du terrain sur le plan du coût de production initial. Chez Sony, on a tenté une trêve et on s'est montré ouvert à un format hybride (à condition que son format soit choisi, bien sûr), mais la guerre a repris de plus belle, et on parle aujourd'hui de point de non-retour. Il ne restait aux deux camps que d'attirer le plus de développeurs de contenu de leur côté. Au début, les choix des studios de DVD étaient pas mal divisés et nous avions des sorties publiques inattendues comme MGM qui choisit le Blu-Ray (MGM appartient à Sony... oh surprise!). Vers la fin de l'été, les grands studios avaient pour la plupart choisi de faire affaire dans les deux formats (c'est le consommateur qui était pris en otage dans toute cette confusion) pour finalement, à la fin de 2005, tous opter pour le Blu-Ray. Il ne reste que les compagnies d'informatique qui arborent le format HD-DVD (Microsoft, Intel, HP, ... - sauf Sun Microsystems et Apple). J'étais bien excité de voir cette technologie prendre de l'avance, mais les deux camps se sont mis eux-même des bâtons dans les roues en voulant protéger absolument leurs films de la copie. Effectivement, le seul moyen de brancher leurs lecteurs sur notre téléviseur sera via un câble HDMI, ce que la plupart des consommateurs n'ont pas sur leur téléviseur actuel... et pas question d'un adaptateur, car cela compromettrait la sécurité qu'ils désirent. On veut se protéger des consommateurs, alors que les vrais pirates sont déjà à la conception d'un convertisseur pour passer par dessus ce problème. Durant la dernière semaine de décembre, Sony a créé son premier vrai disque Blu-Ray afin de le fournir aux fabricants de lecteurs pour faire des tests. Quel est le titre choisi pour ce test exceptionnel... N'oubliez pas que Sony a accès à la librairie de Columbia TriStar et de MGM... Le titre est... Charlie's Angels: Full Throttle! Au moins, il n'y aura pas de piratage de ce titre sans intérêt!

Pendant ce temps, le camp du HD-DVD brise une loi fondamentale non écrite (lire tabou) du marché japonais... faire affaire immédiatement avec la Chine. Au lieu de faire la grosse argent sale en vendant leur nouvelle technologie manufacturée en sol japonais à des prix que seuls les gens en moyen vont se procurer, Toshiba et ses alliés vont encourager les manufacturiers compétiteurs chinois à utiliser leur technologie HD-DVD. Des lecteurs Blu-Ray à $1000 ou le HD-DVD à 200-300 dollars? Le choix est clair pour le consommateur d'aujourd'hui qui n'a d'yeux que pour les économies. Toshiba sait bien qu'ils vont avoir du mal à rembourser leurs frais de recherche et développement en utilisant cette tactique, mais ils préfèrent cela à perdre la face devant le format compétiteur. Mais il y a aussi un autre risque! Apex Digital, ceux entre autres responsables pour les lecteurs DVD à bas prix chez Wal-Mart, a pris une méchante débarque sur le marché alors que son président-fondateur David Ji fut arrêté en octobre 2004 (étrangement les médias n'en ont parlé qu'en 2005!?) dans la ville de Shenzhen en Chine sous des charges de fraude et est au centre du premier scandale corporatif en Chine.

Pendant que l'on se bat pour le format haute résolution de l'avenir, un nouveau support numérique pour les films a fait son apparition au milieu de l'année, le UMD (Universal Media Disc), et je ne lui donnais pas très longtemps à vivre du fait même qu'il ne peut être utilisé que sur la nouvelle console portative de Sony (PSP). Je ne vois pas très bien tenir la console pendant deux ou trois heures pour visionner un film sur un écran gros comme ma main. Même avec le support avec haut-parleurs intégrés qui est vendu séparément, ça ne me disait pas grand-chose. De plus, seul Sony offrait des films sur le support (Spider-Man 2, Resident Evil: Apocalypse et XXX). Mais voilà que les mois avancent et de plus en plus de studios, pas juste des gros, offrent leurs plus populaires titres, même que certains annoncent leurs nouveautés simultanément sur DVD et UMD. En tant qu'éditeur de site de DVD, je reçois des centaines de nouvelles par mois à propos des DVD à venir et de plus en plus je me fais imposer des nouvelles à propos des UMD à travers celles de DVD. Est-ce qu'il y a tant de propriétaires de consoles PSP pour suffire à l'offre qui va par dizaines de titres à toutes les semaines? J'ai eu une petite démonstration de la PSP et j'ai été surpris de l'intensité de l'image, mais je n'ai pas pu l'essayer assez à mon gré pour vraiment croire que ce média va survivre. Mais le support qu'offrent les différents studios de divertissement à ce format fait croire le contraire. Le DVD haute définition est loin de recevoir toute cette attention! En juin, on annonçait que le UMD venait d'atteindre la marque de 100 000 copies vendues!

Nous apprenions au mois de juillet dans les nouvelles économiques que les studios Pixar et Dreamworks n'ont pas atteint leurs objectifs dans les ventes des DVD respectivement The Incredibles et Shrek 2, ce qui peut paraître étonnant quand on connaît l'immense succès qu'ont remporté chacun de ces films en salles. Le marché était inondé de ces DVD, nous les voyions partout et indirectement faisait croire à de gros retours monétaires pour les investisseurs. C'est ce que croit le "Securities and Exchange Commission" américain alors qu'il enquête sur Pixar, de la même façon qu'ils sont en train de la faire pour DreamWorks. Quand un studio dit qu'il a vendu pour tant de millions de copies d'un DVD, ce sont des ventes aux marchants, pas aux consommateurs. Mais lorsque ces marchants ne sont pas capables de vendre ces tonnes de copies, les studios acceptent les retours et remboursent la marchandise... Cela, ils n'en parlent pas très fort, mais certains de leurs investisseurs ont vu le jeu et ont déposé une plainte de mauvaise représentation des ventes face à la commission. De leur côté, les consommateurs sont tannés de cette inondation du marché. Cela m'amène à ce que l'on appelle dans l'industrie les "double-dips", une autre chose que les gens sont écœurés de voir. Combien de versions d'Evil Dead avons-nous besoin? Combien de fois devons-nous acheter American Pie, Kill Bill, Sin City et Kingdom of Heaven pour avoir la version la plus complète? Que dire de la ridicule version étendue de Tears of the Sun que j'ai visionnée en juillet passée qui n'ajoute absolument rien à l'édition précédente (même en enlève!)? Il y a tant de nos films préférés que nous n'avons pas encore sur DVD, alors de voir ces ridicules sorties me fâche quelque peu (oui des fois elles sont tout de même intéressantes quand le DVD d'origine date de 5 ou 6 ans). Avec les DVD pour enfants, c'est aussi pire, sinon plus. On nous repasse les mêmes épisodes d'un DVD à l'autre parce que l'épisode répond au thème qui est proposé avec le nouveau DVD. Il y a aussi ces DVD qui sont offerts avec un DVD que vous ne voulez pas. Je pense ici à Shrek 3D qui vous oblige de racheter le premier film, mais en format plein écran! Yark! En passant, Paramount a acheté DreamWorks.... Attendez-vous encore à multiples versions de vos films favoris. La transaction n'incluait pas la section animation de la compagnie, mais Paramount retient pour sept ans les droits d'utilisation des personnages comme Shrek à la télévision.

Alors que le film 40 Year-Old Virgin ne sortait en salle qu'au mois d'août, Universal avait demandé au réalisateur Judd Apatow de préparer le DVD avant la sortie du film, prêt à être lancé sur le marché aux premiers signes de la compagnie. Dans une interview, Apatow se plaignait d'avoir "à tout finir littéralement en même temps que de compléter le film". Le DVD prêt avant le film... C'est certain qu'il n'y aura pas de scènes de la première en supplément! Blagues à part, c'est une bonne idée de battre le fer lorsqu'il est chaud, mais cela peut donner un effet plus promotionnel qu'autre chose. Aussi, cela manque de recul. Imaginez la différence qu'il peut y avoir dans une piste de commentaires avant la sortie du film et une autre après la sortie du film en tenant compte de la réaction du public. Imaginez ensuite une autre enregistrée bien des années plus tard où nous pourrions avoir l'impact sur la carrière des artisans. Mais d'avoir le DVD en tête lors du tournage peut de l'autre côté de la médaille avoir un impact positif. Certains producteurs de DVD arrivent sur les lieux du tournage bien avant le réalisateur et capturent les moindres petits recoins de la production, nous offrant par la suite des documentaires assez détaillés. C'est peut-être commun, mais c'est tout de même rare d'entendre que le DVD est complété avant la sortie du film. Mais le futur nous réserve une surprise quant au DVD prêt en même temps que le film. Le réalisateur Steven Soderbergh et le millionnaire Mark Cuban ont joint leurs forces dans la compagnie 2929 Entertainment afin de créer des films qui seront lancés simultanément sur grand écran, sur DVD et sur la télévision payante (HDNet Movies). De plus, les gens qui vont le voir au cinéma pourront acheter le DVD à rabais en sortant de la salle. Disons que ça réduit énormément les coûts de marketing, alors que tout est fait en même temps!

Erreur, erreur, dit-moi qui fait les plus grosses... Régulièrement, nous assistons à des erreurs sur les pochettes des DVD, mais en 2005, à au moins deux reprises, nous avons eu affaire à des erreurs des dessins sur les DVD eux-mêmes. Dans le coffret Hogan's Heroes, les disques 1 et 2 étaient inversés et dans Lost In Space: Season 3 - Volume 2 les disques 1 et 3 étaient inversés. La pochette indiquait le bon ordre des épisodes, mais lors de l'insertion des DVD, il était évident qu'il y avait eu erreur! Décidément, l'assurance de qualité fait un petit peu défaut. Et ce n'est pas seulement du côté américain! On m'a informé que 3500 copies du coffret de la série 2 des Chick'N Swell comportaient le même genre d'erreur (à moins que ce soit une édition absurde limitée). Ne vous inquiétez pas, les erreurs de pochettes existe encore. Par exemple le nouveau coffret Ghostbusters qui indique seulement une version plein écran sur l'emballage extérieur alors que ce sont bel et bien des versions panoramique anamorphique qui s'y trouvent. Aucun rappel n'a été émis. Si ce n'était pas des sites web comme nous ou encore des vendeurs qui informent leurs clients, ce nouveau coffret resterait tout simplement sur les tablettes des magasins. Il y a des erreurs moins graves comme celle qui s'est glissée sur la pochette de The Blue and the Gray (Recut) où on présente une photo de l'actrice Diane Baker sous laquelle on a inscrit le nom de Colleen Dewhurst. Mais il y a l'autre extrême comme la pochette de Beyond The Sea sur laquelle Christal Films annonce qu'il y a deux suppléments en hommage à Bobby Darin, "Remembering Bobby" qui est supposé être une entrevue avec le gérant de Darin, Steve Blauner, ainsi qu'une série d'archives authentiques de Bobby Darin. Ni l'un ni l'autre ne se retrouvent sur le DVD. On doit cependant donner une bonne note d'amélioration à Christal Films qui a de moins en moins d'erreurs (il y a quelques années c'était terrible). Les coffrets Anne of Green Gables et Road to Avonlea: Season 4 et Season 5 n'indiquent aucunement qu'une piste française se retrouve sur chacun d'eux (en plus que c'est rare une série télévisée avec du français, le studio devrait s'en vanter!).

Parlant de TV sur DVD, saviez-vous qu'il s'est vendu 26% plus de produits télévisuels cette année que l'an dernier à la même date? C'est ce que relèvent les chiffres de Nielsen VideoScan qui affirment que 20% de ce que les gens ont acheté en format DVD étaient des séries TV. Ces coffrets comptent pour le quart de ce que vend maintenant Paramount et cela se reflète chez tous les studios qui ont des produits TV (cela compte pour 19% de ce que vend Warner et 15% de ce que vend Fox). Il faut dire que Paramount a vendu plus de trois millions de coffrets Chappelle's Show: Season 2! Un marché qui a été très lucratif cette année comme on dirait! Mais il y a des produits qui fonctionnent moins bien que d'autres, par exemple Happy Days qui n'a pas assez vendu de copies pour annoncer une seconde saison. Pourtant, c'est une des séries les plus populaires de son époque. Étrangement, les séries que j'ai le plus aimées sont celles de Jack Web (Dragnet 1967, Adam-12 et Emergency!) dont j'ai bien hâte de voir les saisons subséquentes (la saison 2 d'Emergency! vient d'être annoncée pour 2006!). J'ai eu le grand plaisir tout l'année de visionner les quatre coffrets de la série Star Trek: Enterprise, une des séries Trek les plus excitantes... malheureusement annulée. Le DVD est le roi pour offrir aux fans leurs séries qui ont été annulées, souvent avec des épisodes qui n'ont pas été diffusés. Je pense cette année à Cleopatra 2525, Earth 2, Point Pleasant, The Lone Gunmen et j'en passe. Bravo aux studios de nous offrir ces ensembles!

Un marché qui a eu une bonne part du gâteau cette année est celui des films indépendants qui ont vu leur popularité grimper en flèche, et bien souvent c'était les meilleurs films de chaque mois de l'année. Vous vous souvenez, l'an dernier je vous avais parlé d'une compagnie canadienne, Microfilms, de qui nous avons entendu parler énormément avec leurs documentaires et autres films indépendants (dont celui de l'homme qui a vu l'ours!), mais avec le départ de leur patron leur visibilité s'est tout à coup effondrée... nous n'en entendons plus vraiment parler. Les autres compagnies du même genre ont rapidement repris la place, autant américaines que canadiennes (Mongrel, ThinkFilm, etc.).

Je vous rapporte maintenant le commentaire le plus ridicule que j'ai entendu de toute l'année à propos des suppléments sur les DVD. Celui-ci nous vient de David Dobkin lors d'une interview au magazine "Home Media Retailing" à propos de son DVD à venir pour le film Wedding Crashers. Il dit qu'il ne veut pas inclure de bloopers sur son DVD parce "qu'il ne veut pas marcher sur les orteils de Jackie Chan et qu'il a le sentiment que ce genre de suppléments est SON territoire à lui". Jackie Chan a l'exclusivité des bloopers? Est-ce que Criterion aurait dû avoir l'exclusivité sur les pistes de commentaires puisqu'il a été le premier à le faire sur Laserdisc? Qui a l'exclusivité sur les bandes-annonces? Cela m'apporte à parler de la firme InterVideo qui poursuit le manufacturier Dell (après avoir poursuivi Acer pour la même raison) parce que leur PC démarre automatiquement la lecture DVD lors de l'insertion d'un disque DVD dans leur lecteur DVD. En effet, InterVideo possède un brevet sur cette fonctionnalité! Corrigez-moi si je me trompe, mais n'est-ce pas une fonctionnalité intégrée dans Windows depuis très très longtemps (sous le nom "AutoRun")? Un enfant pourrait vous dire l'affirmative sans se poser de question (et vous dire que c'est le cas aussi pour les jeux et les CD qui partent tout seuls)! Ça ressemble à un autre brevet qui n'a pas été compris par celui qui l'a accepté! Est-ce qu'InterVideo est en train de poursuivre les manufacturiers pour avoir assez d'argent pour ensuite poursuivre Microsoft sur la même base?

Continuons dans le ridicule! Afin de permettre aux imbéciles de faire écouter des films non destinés aux enfants à leurs tout petits, la législature américaine a déposé une nouvelle loi ("The Family Entertainment and Copyright Act" - signée personnellement par George W. Bush) afin de rendre légal ClearPlay, un logiciel qui saute et remplace des sections de film (image ou dialogue) afin qu'ils deviennent l'équivalent d'un film coté général. Le sénateur Orrin Hatch affirme que "ce sont les parents qui doivent avoir le contrôle ce que leurs enfants peuvent voir et non Hollywood". Je suis d'accord avec cela, mais je ne suis pas du tout d'accord à modifier une œuvre pour la montrer, toute déformée, à mes enfants. Je préfère qu'ils attendent d'avoir l'âge prescrit. Imaginez Saving Private Ryan sans la guerre? Je dois me consoler de cela en me rappelant qu'une autre idée niaiseuse est morte cette année: Disney a décidé de retirer les EZ-D du marché, vous savez ces DVD auto-destructibles. Disney a probablement cédé aux critiques des environnementalistes qui affirmaient avec raison que "si le produit est destiné aux gens trop lâches pour rapporter les DVD au club vidéo, pensez-vous qu'ils vont être assez vaillants pour recycler le produit après usage?". La "Family Entertainment and Copyright Act" a aussi des avantages pour les studios d'Hollywood. En effet, cette loi rend criminel le fait d'enregistrer un film au cinéma et assure dix ans de pénitencier à ceux qui se font prendre à distribuer le contenu avant sa sortie commerciale. De l'autre côté de l'Atlantique, en avril, la cour d'appel de Paris a condamné la présence de systèmes anti-copie sur un DVD. En termes simples, il est interdit d'interdire la copie de DVD et des CD pour l'usage privé, non destiné à une utilisation collective.

Il y a plus ou moins un an, il y a eu en France une bataille entre les journaux du dimanche à savoir qui en vendrait le plus. On offrait des gugusses comme un horaire TV ou un dépliant d'astrologie... toujours de l'imprimé. Mais un jour un de ces journaux a offert à ses lecteurs un DVD avec son édition dominicale et la guerre a été déclarée! Qui allait offrir le meilleur titre pour ses lecteurs? Cette guerre tourne encore et c'est à l'avantage des consommateurs. Même que d'autres petits magazines se sont joints à l'offre. Bien voilà que cette guerre a traversé l'Atlantique durant le mois de septembre. Le nouveau magazine de Claude J. Charron "innovait" en offrant un horaire TV nouveau genre et pour mousser l'offre (et se faire encore plus détester par ses compétiteurs), il offrit un DVD de La chambre des officiers (version sur DVD-5 avec compression plus forte que la version originale). Je n'aime pas plus qu'il le faut ces magazines, mais voilà que pour le DVD je l'avais entre mes mains (un DVD pour $1.99 que je me disais!). Les compétiteurs ont emboîté le pas la semaine d'ensuite en offrant un DVD avec leur propre magazine, mais leur choix s'était arrêté à offrir un DVD "Dans une Galaxie près de chez vous" provenant du milieu d'une saison X. Pas aussi intéressant que d'avoir un film au complet. Les DVD gratuits, c'est intéressant et ils sont disponibles partout. MAIS est-ce que les compagnies comprennent bien que les gens achètent leurs produits que pour le DVD? J'avoue moi-même avoir acheté le magazine "La Semaine" pour le DVD et d'avoir mis le reste (le magazine) à la boîte à recyclage (après l'avoir feuilleté deux minutes et retiré l'affiche des fusées pour mes filles). Je n'ai pas intention d'acheter un autre de leur magazine jusqu'à ce qu'une offre intéressante du même genre se représente. C'est comme Energizer Canada qui offre à l'achat de trois paquets de piles un des quatre DVD simples des Simpsons. Voilà une offre qui va faire vendre des piles... mais une fois l'offre passée, je vais retourner à mes Ray-O-Vac à 16 pour 10 piastres.

Chez nous - chez le Coin du DVD, il y a eu bien des changements en 2005. Évidemment, nous avons engagé de nouveaux collaborateurs, dont Martin Gignac, Catherine Nguyen et Martin Ostiguy, qui vous offrent les commentaires sur les nouveaux DVD mis en marché. Aussi, à la demande générale, L'Extra du Coin du DVD est revenu dans vos boîtes de courriels. Notre bulletin hebdomadaire a changé de format, vous offrant des éditoriaux du marché du DVD (principalement la guerre de la haute définition - les meilleurs extraits se retrouvent dans cette revue de l'année) et sur la télévision (par notre collaborateur Thierry Lacime), ainsi que de courtes revues de films en salles et de nouveaux CD, en plus des concours. Cela m'amène à vous parler de l'énorme support de la majorité des studios, grands (sauf Alliance Atlantis et Warner qui semblent nous ignorer) ou petits. Cela nous permet de vous offrir des revues des produits les plus récents, souvent avant même qu'ils soient disponibles en magasin! Bien sûr, avec nos revues franches et honnête, nous nous sommes faits des ennemis, mais cela fait partie de la "job". Parlant de revues, vous avez sûrement remarqué de plus en plus que certains collaborateurs sont plus efficaces dans certains genres de films et nous tentons de vous offrir des revues d'eux pour ces genres de films. Par exemple Daniel Cyr avec les westerns et Robert Bélanger avec les films d'horreur asiatiques, deux types qui ont eu de nombreuses sorties cette année, beaucoup plus que prévu. Habituellement, les westerns sont disponibles durant les mois de mai et de juin (pour la fête des pères) et les horreurs durant le mois d'octobre (pour l'Halloween), mais en 2005 ces sorties ne semblaient dérougir. Cette année, vu que c'était le 60e anniversaire de la fin de la Deuxième Guerre mondiale, j'avais prévu une quantité industrielle de films de guerre, mais ce genre de film a subi presque la panne sèche cette année. Vraiment étrange. Que dire aussi de la quantité de DVD à propos du pape Jean-Paul II? Je suis prêt à croire que plusieurs studios avaient prévu sa mort.

L'année 2006 nous en promet déjà beaucoup dans le monde du DVD (on a déjà des titres annoncés pour le 8 août 2006) et nous avons bien hâte de vous en parler! Nous avons changé de serveurs pour vous permettre d'accéder au site plus rapidement et nous avons maintenant deux gigaoctets à remplir de revues et d'annonces de toutes sortes (nous étions coincés dans 100 mégaoctets il y a moins d'un mois). Espérons que la guerre de la haute définition se règlera et que nous aurons un format unique pour ne pas répéter la guerre Beta - VHS. D'un autre côté, je suis bien certain que le DVD que nous apprécions aujourd'hui sera encore disponible pour encore bien longtemps... le VHS dure depuis 28 ans!


Quelques extraits de ce texte proviennent d'Alexandre Martin et de Thierry Lacime. Merci à Amélie Gravel et Eric Simard pour les corrrections extensives de ce texte que je prépare pour vous depuis un an! Je connaissais le texte par coeur et je n'y voyais plus vraiment les fautes! Et plus d'une dizaine de pages à reviser!