A Dry White Season
Sony Pictures Home Entertainment

Réalisateur: Euzhan Palcy
Année: 1989
Classification: 14A
Durée: 107 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD20)
Sous-titres: Anglais, Français
Nombre de chapitres: 12
Nombre de disques: 1 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Robert Bélanger
20 novembre 2005

Avec, entre autres, Cry Freedom et tout récemment A World Apart de Chris Menges, plusieurs films ont dénoncé le régime répressif de l'apartheid qui a sévi en Afrique du Sud pendant une quarantaine d'années. Ce n'est qu'en 1989, alors que F.W. de Klerk fut élu président, qu'un vent de changement commença à souffler sur le pays. De Klerk, qui s'était donné comme mission de démanteler le régime, libéra Nelson Mandela de prison en 1990 et amorça, avec lui et avec le CNA (Congrès National Africain), une ronde de négociations qui devait mener au transfert du pouvoir politique de la minorité blanche à la majorité noire. Quatre ans plus tard, le CNA remporte les élections, le parlement choisit Mandela comme président et une page d'histoire est tournée. "A Dry White Season", réalisé par Euzhan Palcy, nous démontre qu'on ne peut arriver à un tel résultat sans que de nombreux individus souvent isolés se lèvent pour s'opposer à l'injustice et à l'indifférence, risquant ainsi leur carrière, leur famille et même leur vie.

Afrique du Sud, 1976. Lorsque le fils de Gordon Ngubene, son jardinier noir, est battu par des policiers pendant une manifestation, Benjamin du Toit (Donald Sutherland) se dit que le jeune garçon a sûrement quelque chose à se reprocher. Quand celui-ci est de nouveau arrêté, incarcéré et meurt dans des circonstances étranges, Ben trouve que c'est malheureux, mais endosse la thèse de l'accident. Mais lorsque Gordon, qui essaie de faire la lumière sur la mort de son fils, est lui-même arrêté, torturé et assassiné et que la police prétend qu'il s'est suicidé dans sa cellule, Ben réalise enfin que la société dans laquelle il vit est basée sur l'exploitation et l'injustice. Avec l'aide d'une journaliste anglaise (Susan Sarandon) et d'un avocat (Marlon Brando), il poursuivra les autorités en justice, mais se rendra compte que tout le système est corrompu et que, même pour un blanc, s'attaquer à l'intolérance n'est pas sans conséquence.

Comme beaucoup de films qui traitent de racisme et d'injustice, "A Dry White Season" utilise la prise de conscience d'un personnage de race blanche pour faire passer son message. Je ne sais pas si c'est une question de neutralité, ou si le message passe mieux quand on le filtre au travers des expériences de quelqu'un avec lequel le spectateur a plus de facilité à s'identifier, mais dans ce cas-ci, ça fonctionne plutôt bien si on accepte que certains membres de la culture dirigeante puissent être aussi aveugles face à ce qui se passe autour d'eux. Tout le mérite va à Donald Sutherland qui nous offre une prestation nuancée et réussit à nous convaincre que Benjamin du Toit est, au départ, trop collé à l'arbre pour avoir une vue d'ensemble sur la forêt.

Les méchants Sud-Africains blancs sont un peu stéréotypés, mais Jürgen Prochnow (le sadique capitaine Stolz) rend avec une justesse qui glace le sang toute la cruauté et l'arrogance de celui qui se croit tout permis puisque le système est de son côté. Marlon Brando (Ian McKenzie) excelle dans le rôle de l'avocat désabusé qui décide d'aider Ben à poursuivre les autorités, mais qui est parfaitement conscient de la futilité de la tâche. La démonstration qu'il en fait lors du procès nous laisse sidérés. La réalisation de Euzhan Palcy, qui a également co-scénarisé le film à partir du roman d'Andre Brink, est de facture classique et son approche relève parfois du documentaire, spécialement lors des incursions dans les bidonvilles de Soweto et les scènes de manifestations. "A Dry White Season" pousse peut-être l'idéalisme nouvellement retrouvé de son personnage central un peu loin, mais le film nous offre tout de même le portrait saisissant d'un régime brutal et oppressif, et des sacrifices énormes que certains ont dû faire quand ils s'y sont opposés.

Le transfert anamorphosé nous propose une image claire et propre, malgré quelques taches et égratignures. Les couleurs sont riches et naturelles bien qu'elles semblent parfois sursaturées et un léger problème d'accentuation des contours se manifeste à l'occasion. Le niveau des détails et des contrastes est excellent. L'activité sonore est concentrée dans les enceintes avant, mais la piste manque de dynamisme. Il y a peu d'effets ambiophoniques et les scènes d'action n'ont pas le punch espéré. Les dialogues sont clairs et sans distorsion apparente. La présentation est standard et les menus sont statiques, sans accompagnement musical. Aucun supplément n'est offert.

Comme le dit l'avocat joué par Marlon Brando alors qu'il tente d'expliquer à Ben que tous ses efforts demeureront stériles: "En Afrique du Sud, la loi et la justice sont des cousins éloignés qui ne se sont pas adressé la parole depuis des décennies". "A Dry White Season", malgré quelques défauts, nous en fait une excellente démonstration. C'est un peu mince comme édition, mais le film mérite certainement une location.


Cotes

Film7
Présentation4
Suppléments-
Vidéo7
Audio7