Cars
Buena Vista Home Entertainment

Réalisateurs: John Lasseter, Joe Ranft
Année: 2006
Classification: G
Durée: 116 minutes
Ratio: 2.39:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51EX), Français (DD51EX)
Sous-titres: Anglais, Français
Nombre de chapitres: 32
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Thierry Lacime
12 novembre 2006

La critique d'aujourd'hui du film "Cars", de Pixar et Disney (qui sera par ailleurs le dernier film de Pixar, la compagnie ayant été complètement rachetée par Disney au début de l'année) sera un peu différente, car d'une part ce genre de film n'a pas vraiment besoin qu'on l'auréole plus qu'il ne l'est déjà et d'autre part, après avoir détaillé le contenu physique de cette édition, nous regarderons un peu plus loin dans ce film, qui, sans être moralisateur, devrait éveiller en nous, ne serait-ce qu'une lueur de vie qui pourrait être éteinte : vivre pour soi et pour ceux qu'on aime aussi souvent que possible.

"Cars" (ou "Les bagnoles" dans sa version québécoise) raconte l'histoire de Flash McQueen (voix originale de Owen Wilson), une voiture de série Nascar dotée d'une grande personnalité : être le meilleur de sa catégorie et y arriver tout seul. Bien entendu, ce n'est pas le genre d'attitude à avoir dans cette compétition, car une équipe est tout aussi importante que la voiture vedette. Alors qu'il se rend à sa prochaine course, son camion de transport se perd sur une route secondaire en pleine nuit et Flash va se retrouver seul, au milieu de nulle part, loin des lumières de la ville et des pistes de courses qui sont toute sa vie. Il arrive à Radiator Spring, une petite ville pratiquement abandonnée le long de la Route 66. Il devra alors apprendre la vie "rurale" et surtout à se faire des amis, lui qui ne jure que par lui-même. Il fera la connaissance de Sally Carrera (Bonnie Hunt), Doc Hudson (Paul Newman), Mater la vieille dépanneuse (Larry The Cable Guy) ou encore le marchand de pneus, l'italien Luigi (Tony Shaloub). Flash va devoir s'intégrer durant son passage et comprendre qu'il n'y a pas que sa petite personne dans ce monde.

Voilà donc une morale qui n'est pas nouvelle, mais ici, la personnification des personnages en voitures permet de jouer sur plusieurs cordes sensibles, comme j'y reviendrai un peu plus loin. Avec ce nouveau dessin animé, Pixar et Disney renouvellent, si besoin est, un niveau de qualité pour lequel nous étions déjà bien habitués avec Toy Story, Monsters Inc. et Finding Nemo, pour ne nommer que ceux-là. Avec "Cars", nous atteignons un nouveau sommet dans l'art du cinéma par ordinateur. Il n'y a qu'à regarder les séquences de courses sur circuit ovale pour s'en rendre compte. Imaginez les effets de lumières et d'ombres, les flashs des appareils photo, les éclairages du stade (des scènes se déroulent de nuit) qui viennent se refléter sur des carrosseries rutilantes et surtout très rapides. Du travail d'orfèvre. Rajoutez à cela des paysages désertiques invitants (eh oui, c'est possible) et surtout des décors où on ne sait plus quoi regarder tellement il peut y avoir de détails. Et qui dit dessin animé, ne dit pas forcément inventions de toutes parts. Tout comme avec les routes, que nous verrons plus bas, les scènes de courses ont été très travaillées. Pour preuve, la présence dans le film de voix célèbres telles que Dale Earnhardt Jr, Mario Andretti, les célèbres frères Ray et Tom Magliozzi de l'émission de radio "Car Talk", Michael Schumacher, les commentateurs vedettes de Fox, Darrell Waltrip et Bob Costas, sans oublier le grand amateur de véhicules, Jay Leno (dans la voix de Jay Limo). Quand la réalité rejoint la fiction.

Fidèle à une grande qualité pour ses éditions, Disney nous offre "Cars" en format panoramique ou en format plein écran. Bien entendu, je vous recommande fortement le premier, surtout si on considère le nombre d'écrans panoramique aujourd'hui disponibles dans les foyers. Le boîtier est glissé dans un fourreau de carton bilingue aux couleurs métallisées et avec du relief sur certaines parties de l'illustration. Si je vous dis que la qualité visuelle est exceptionnelle, vous n'aurez pas grand mal à me croire. Avec un transfert de numérique à numérique, difficile d'avoir des défauts. Du côté des pistes sonores, il n'y a pas à avoir honte non plus, avec deux superbes pistes anglaises et françaises Dolby 5.1 EX avec des effets percutants (surtout lors des courses sur circuit : si vous en avez la possibilité, poussez un peu votre volume sonore pour apprécier le rendu des moteurs. Attention : si vous commandez ce film en ligne chez des revendeurs américains, vous n'aurez pas de version française sur votre DVD. Seuls les DVD vendus au Canada possèdent la piste et les sous-titres français. Les pages de menus sont tout aussi fignolées que le reste : animées et sonores, avec des séquences originales diffusées en boucle. Il faut aller au troisième niveau des menus (s'il y en a) pour avoir une page fixe et muette.

Les suppléments ne sont peut-être pas aussi nombreux que nous avions l'habitude d'avoir avec d'autres titres de Disney. Les plus impatients voudront bien entendu découvrir le nouveau court métrage mettant en vedette la dépanneuse Matter (mais aussi le reste des personnages) dans "Matter et la lueur fantôme". À voir après avoir vu le film pour bien comprendre toutes les subtilités et bien attendre aussi la fin de son générique. Ce court est disponible en français avec image 2.35 :1 et son DD 5.1. On retrouve aussi un autre court métrage d'animation de Pixar "L'Homme Orchestre" (One Man Band), un autre petit bijou. Ces deux petits films sont accessibles depuis le menu principal.

Dans la partie suppléments du menu, on retrouve tout d'abord "l'épilogue". Il s'agit en fait de toute la partie finale du film qui apparaît dans une fenêtre à gauche des crédits, mais qui est ici présentée dans un format beaucoup plus grand, puisqu'en panoramique (1.78 :1) et aussi en français. On en profitera pour ne pas manquer les parodies des autres films de Pixar (Toy Story, Monsters Inc., etc.) au pays des bagnoles. Là encore, je conseille de regarder le film avant cette séquence. Ensuite, durant un peu plus de 15 minutes, d'une manière assez familiale (on y voit même des films de vacances), John Lasseter, le réalisateur, nous explique dans "Inspiration for Cars" comment l'idée du film est née et comment elle s'est bâtie. C'est en partie le point de départ de ma discussion ci-dessous. Enfin, on a droit à quatre scènes supprimées, présentées en dessins préparatoires légèrement animés, avec bruitages et paroles, le tout avec des introductions du réalisateur. Il est toujours intéressant de voir comment certaines scènes ont été imaginées autrement. Pour réellement terminer cette section, je sais que nous ne parlons pas souvent des bandes-annonces, mais cette fois-ci, c'est différent puisque nous avons même droit à un menu animé et sonorisé pour nous les proposer. Je vous recommande la présentation du prochain grand opus animé de Disney, "Ratatouille", sur les écrans à l'été 2007, ainsi que du long métrage "Meet The Robinson", à arriver en salles en mars 2007. Cette deuxième partie de suppléments est entièrement sous-titrée en français (sauf l'épilogue, qui est aussi doublé en français comme indiqué).

Il est important de noter que Disney ne faisant jamais rien à la légère, sachez que certaines portions du film apparaîtront en français ou en anglais lors du visionnement en fonction de la langue d'écoute choisie (avant de commencer le visionnement cependant). Ce sera le cas du titre qui va être dans les deux langues et plusieurs éléments du décor (affichages) qui seront en anglais ou en français. Curieusement, les menus et le générique de fin restent en anglais! Petit (45 secondes) supplément caché, mais qui en vaut la peine, puisque c'est une parodie d'un autre film de Pixar, comme dans l'épilogue, à savoir cette fois-ci le court-métrage "Boundin" (disponible dans les suppléments des "Incredibles"). Ce segment est en français. Pour y accéder, soyez juste un peu patients pendant que le menu principal est affiché, et le sésame apparaîtra.

Comme l'explique à sa manière le réalisateur John Lasseter dans le petit documentaire disponible dans les suppléments, "Cars" est un film qui peut avoir deux sortes de publics : les plus jeunes, en raison de l'aspect dessin animé aux couleurs explosives, et les moins jeunes qui voudront bien voir un peu en arrière des images. En effet, si la ville de Radiator Spring n'existe pas vraiment (il existe une ville appelée "Peach Springs", en Arizona), la Route 66 ainsi que l'autoroute 40 existent bel et bien. Terminée à l'aube des années 40, la fameuse Route 66 était la première grande "Highway" américaine qui rejoignait en un seul pavement la ville de Chicago à l'eldorado de l'ouest, Los Angeles. Pour beaucoup, à cette époque, c'était la route de l'espoir, même s'il fallait au début cinq jours pour parcourir la distance. Cette route en a inspiré beaucoup, jusqu'à l'auteur John Steinbeck qui la surnommait "The Road of Flight". Mais son surnom le plus populaire était certainement "The Mother Road". De nombreuses villes se sont bâties aux abords de cette route. Il était alors facile d'y faire commerce.

Mais le parc automobile étant en incessante augmentation, les "highways" à deux voies de la moitié du 20e siècle se devaient d'être élargies et remplacées par les "highways" à quatre ou six voies des temps plus modernes. Autant que possible, les nouveaux tronçons essayaient de garder la voie originale de la 66, mais ce n'était pas toujours possible. Le film "Cars" se déroule principalement dans l'Ouest américain, et certaines cartes qui y sont montrées nous font penser à certaines parties du nord de l'Arizona, où la nouvelle autoroute 40 se détache de la vieille 66 sur quelques dizaines de kilomètres, laissant cette dernière serpenter dans les déserts et les montagnes, traversant au passage des villages aujourd'hui morts et sans un seul habitant. J'ai personnellement voyagé à deux reprises sur cette partie de route, entre Kingman et Williams, en Arizona et j'avoue que j'ai plus apprécié mon déplacement que si j'avais emprunté la 40. Comme le dit si bien la jolie petite Porche Sally dans le film, tout ça pour gagner dix minutes!

Alors si un jour vous êtes de passage dans cette partie de l'Ouest américain, repérez sur la carte le tracé de la Route 66, quand il n'est pas le même que l'autoroute 40 et empruntez-le. Prenez donc un peu de temps. Certes, vous n'aurez pas exactement les mêmes paysages que l'on voit dans le film (en tout cas pas tous) et vous ne devriez pas rencontrer Flash McQueen ou Sally ou Matter, malheureusement. Qu'à cela ne tienne, appréciez donc le détour et la vie locale.

Un film d'animation formidable, rempli de bonnes intentions, mais surtout bénéficiant d'une animation exceptionnelle avec des effets inédits dans le domaine. À l'approche des fêtes, c'est certainement un des cadeaux le plus intéressants à faire sans se soucier de l'âge du récipiendaire. Il est encore temps de constituer votre collection "Pixar", cela en vaut largement la peine. En attendant, je vous laisse, il y a Flash qui me propose d'aller faire un tour de bagnole.


Cotes

Film10
Présentation8
Suppléments7
Vidéo10
Audio10