Oubliez immédiatement The Simpsons et South Park. La série la plus drôle de l'année est certainement "Drawn Together", qui jette un regard caustique d'une virtuosité hallucinante sur la société en mélangeant des icônes célèbres des dessins animés à une télé-réalité très actuelle. À mourir de rire.
Cette animation singulière de Dave Jeser et Matt Silverstein cherche à observer le comportement de huit individus différents cloîtrés dans une maison qui sont épiés par un millier de caméras. Non, il ne s'agit pas de Star Académie, Occupation Double ou Loft Story, mais bien de l'hilarant "Drawn Together". Les protagonistes, qui ont un accès illimité à l'alcool, sont tous des dérivés de dessins animés célèbres de l'histoire. Il y a Spanky Ham, un cochon exhibitionniste, vulgaire et très pétant. Une véritable copie carbone de Cartman! Ling-Ling est un petit mammifère qui ressemble à deux gouttes d'eau à Pikachu des Pokemon. Il parle dans son propre langage et lorsqu'on l'irrite, il se bat! Clara est la belle héroïne bourgeoise des films de Disney qui pense que l'univers est à ses pieds. De son côté, Foxxy est la turbulente effrontée, noire et susceptible comme Pam Grier pendant la période des films de "blaxploitation" des années 1970. Il y a également le guerrier Xandir, un dérivé de Link chez Nintendo, qui cherche sa Zelda et ce, même si tout le monde le soupçonne d'être gai. Et son pote Captain Hero, le sosie de Mr. Incredible, qui ne pense qu'à baiser. Mais comment oublier cette espèce de grosse mousse jaune-verte Woolder Sockbat, croisement improbable entre Bob l'éponge et Stimpy des célèbres Ren & Stimpy, ou encore Toot Braunstein, une héroïne en noir et blanc des années 1920 qui passe son temps à s'auto-mutiler? Impossible! Qui donc remportera le gros lot d'un million de dollars au sein de cette bande aux psychologies les plus développées?
Même s'il n'y a que sept épisodes à cette première saison, il faudra les regarder encore et encore pour saisir tous les gags, toutes les allusions subtiles qui sont présentes. Très souvent, le niveau d'humour est triple: il y a les propos savoureux, les actions des personnages en premier plan et ceux dans le décor. Au passage, les auteurs se moquent du monde réel, de la rectitude politique et du conservatisme ambiant en cumulant les clins d'œil, les hommages et les vols directs à des films, des émissions de télévision et bien plus encore. Ce délire généralisé fait en sorte que la série ne se regarde pas pendant des heures. Après chaque segment, mieux vaut arrêter le tout et repenser à ce qui s'est passé. Sinon, c'est trop exubérant, trop éclaté et éclatant. Être confronté à autant d'éléments peut rapidement rendre fou (de bonheur).
Le rythme est incroyablement souple et assez surprenant. Très souvent, un des personnages s'adressera directement à l'écran pour expliquer ce qu'il ressent vraiment et comment il pense se comporter avec ses homologues! À huit héros, ça bouge dans tous les sens, en pêle-mêle, au grand plaisir des spectateurs qui désirent jouer le jeu. Car il faut vouloir embarquer dans cette aventure. L'humour est gras, souvent vulgaire. Les remarques sexuelles sont nombreuses et s'expriment autant verbalement que physiquement. Les propos cherchent à choquer et ils réussissent avec brio. Par exemple, la fille noire sera appelée "domestique" et "esclave" en raison de la couleur de sa peau! Bien entendu, tout demeure au niveau de la comédie, avec cette petite morale finale des plus quétaines qui fait sourire à chaque fois.
Le dessin est simple sans être grandiose, mais suffisamment efficace pour maintenir l'intérêt. L'image est vive et claire. Il n'y a aucune trace de fioriture et la compression a été bien effectuée. Comme il fallait s'y attendre, il y a quelques chansons inégales qui raviront certains et en laisseront de marbre les autres. Peu importe l'animation, on aime ou on déteste. Dans tous les cas, la piste sonore est très bien utilisée, alors que la profusion de détails se fera entendre en permanence. Mouvementé!
Le boiter en carton est d'un bleu éclatant, où se trouvent deux fines pochettes abondamment illustrées. Dès le premier coup d'œil, la fascination émanera et l'esprit se dira: "Mais qu'est-ce que cette animation totalement débile?". Après avoir passé cinq publicités assez encombrantes, on arrive finalement au menu principal. Celui-ci est composé de plusieurs images du film sur une musique extrêmement entraînante. Les épisodes, au nombre de sept, sont plus longs et non censurés en comparaison de ceux qui ont été diffusés à la télévision. En ordre chronologique, leurs titres sont "Hot Tub", "Clara's Dirty Little Secret", "Gay Bash", "Requiem For a Reality Show", "The Other Cousin", "Dirty Pranking Number 2" et "The One Wherein There is a Big Twist, pt. 1". Il y a des commentaires des créateurs et de plusieurs personnes qui font les voix sur les épisodes 1, 2, 5 et 7. Si cette idée est la bienvenue, le résultat n'est pas à la hauteur. Trop souvent, les gens parlent en même temps et ce qu'ils disent n'est ni drôle, ni intéressant. Les autres suppléments ne sont également pas toujours pertinents. Il y a des bandes-annonces de futurs DVD et des séquences de séries (Reno 911, South Park et Patton Oswalt). Plus près de l'univers de "Drawn Together" est la présence de scènes inédites assez cocasses et de segments mémorables qui ne pouvaient s'insérer dans aucune des histoires. Finalement, il y a cinq numéros musicaux qu'il est possible de chanter en karaoké et un jeu quiz franchement endormant. Dans ce dernier, il y a des énoncés et il faut deviner si la phrase était censurée ou non, ce qui est lassant à la longue.
En se moquant de tout et de rien avec maestria, "Drawn Together" se veut un nouveau sommet chez les animations pour adultes. Les références cinématographiques et télévisuelles sont aussi nombreuses qu'irrévérencieuses et cette ultime démonstration de la stupidité des télé-réalités est d'un mauvais goût totalement assumé, toujours drôle et irrésistible. Rajoutez à cela un beau boîtier et de nombreux suppléments inégaux et vous obtiendrez un bon présent à faire pour la période de Noël.
| Film | 9 |
| Présentation | 9 |
| Suppléments | 7 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 8 |