Ils sont complètement cinglés les auteurs de l'animation "Drawn Together". Après deux saisons totalement jouissives, les personnages les plus éclatés des dernières années reviennent pour une troisième joute encore plus stupide, vulgaire, dégueulasse... et hilarante!
Scrutés continuellement à la loupe par un million de caméras, les huit occupants de cette téléréalité haute en couleur ne finissent plus d'être médiocres. Toujours hanté par ses pulsions homosexuelles, Captain Hero cherche désespérément l'amour. Xandir est plutôt en quête de reconnaissance, ce qui n'est pas toujours évident. De son côté, Toot Braunstein continue à grossir comme un éléphant, Ling-Ling à devenir de plus en plus méchant et Woolder Sockbat aimerait bien se recycler en mascotte. Pour les autres participants, la routine commence à s'installer, mais pas pendant très longtemps. Être vicieux par excellence, Spanky Ham n'hésite pas à aider ses amis, la princesse Clara se découvre un penchant pour la mort et la dévergondée Foxxy aimerait bien obtenir vengeance après avoir été abusée presque de la même façon que dans Kill Bill!
Après les surprises du début et une jouissive deuxième saison, "Drawn Together" évolue vers le bas en cherchant à choquer le plus possible. Elles ne sont donc pas rares les scènes de pipi-caca-pet-vomi, alors que les thèmes touchent allègrement le sexe, la morale, le racisme, la violence à la télévision et bien plus encore. Un épisode ressemble donc à un condensé de dix Simpsons ou de cinq South Park. Si les personnes le moindrement sensibles risquent de décrocher avant la fin, les autres trouveront difficilement une série aussi jouissive et fascinante, qui sait être intelligente - ou dégoûtante - en offrant beaucoup plus que ce que le client demande.
Surtout que les créateurs mordent dans la culture populaire pour jouer avec la fibre nostalgique du spectateur. Brièvement, ce dernier apercevra Charlie Brown, les Transformers, Bambi, He-Man, Wonder Woman, Hulk, un Calinours, Fred Flinstone, Donkey Kong, Captain Crunch, le jeu vidéo Duck Hunt et bien plus encore, alors que les auteurs n'hésitent pas de se moquer de films reconnus comme Misery et The Matrix pour faire passer leurs messages. Il en résulte un feu d'artifice de gags visuels et sonores qui dépasse l'entendement. Au total, il y a 14 épisodes d'environ 22 minutes qui sont répertoriés sur deux DVD. Voici les aventures qui attendent les huit personnages si aimés et acclamés...
Le plein écran demeure correct avec ces dessins simples, ces images intéressantes et ces couleurs qui ressortent aisément. Ici et là, de vraies photographies sont insérées et elles ne choquent jamais... la rétine. Les sous-titres jaunes permettant de saisir ce que Ling-Ling dit demeurent faciles à lire et la solidité des contrastes fait presque oublier la présence de blocage. De son côté, la piste sonore anglophone en Dolby Digital 2.0 fait ressortir des enceintes des bruits d'armes, d'éclairs et d'oiseaux sans jamais trop asservir les oreilles. La trame sonore reprend des tubes légendaires (de Grease, de Flashdance) en s'armant de leitmotivs trop comiques, dont la jolie mélodie évoquant la tristesse. Les solides voix aux timbres vocaux si uniques auraient toutefois méritées l'inclusion de sous-titres, simplement pour tout saisir lorsqu'un accent bizarre arrive soudainement ou qu'un personnage parle plus rapidement.
La pochette présente les huit protagonistes flambant nu, avec le nom de l'émission qui couvre leurs parties intimes. Une courte description des différentes histoires est présente dans les beaux boîtiers. Après quelques publicités, le menu principal du DVD s'ouvre sur l'excellent thème musical, un montage rapide de scènes et de grosses icônes faciles à déchiffrer. Les suppléments souffrent d'une fadeur chronique. Il y a six chansons qui est possible de chanter en versions normale ou karaoké, des promotions ventant des futures productions de la compagnie Comedy Central, des annonces répertoriant les précédentes saisons de "Drawn Together" et deux courts segments comportant quelques gags de South Park et The Sarah Silverman Program. C'est peu. Surtout que les pistes de commentaires sur "Lost in Parking Space, Part 1", " Drawn Together Babies" et " Breakfast Food Killer" s'avèrent d'une platitude extrême avec des propos insignifiants de producteurs et de personnes qui composent quelques voix. Au lieu de révéler des détails ou de décrire ce qui défile à l'écran, les gens préfèrent parler pour rien dire.
Même si la surprise du début est passée depuis belle lurette et que les épisodes sont de plus en plus extrêmes, ce "Drawn Together : Season Three" s'avère pourtant un objet irrésistible qui fait davantage rire que la majorité des longs-métrages qui sortent dans les salles de cinéma. S'il y a une quatrième saison, espérons toutefois qu'elle revienne à une forme d'humour légèrement moins troublante, car c'est difficile de tomber encore plus bas en termes de gags prononcés et poussifs.
| Film | 7 |
| Présentation | 8 |
| Suppléments | 4 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 7 |