Depuis pas moins de 30 ans, ce chat orange nous fait rire par l'entremise des bandes dessinées publiées dans les journaux. Il est ensuite apparu dans des émissions de télé pour enfants de l'après-midi pour revenir dans deux films aux valeurs mitigées. Cette fois, Garfield est de retour dans une première aventure animée entièrement par ordinateur. Malgré certains défauts visibles au premier regard, le réalisateur de Spawn est parvenu à faire mouche avec une adaptation qui aurait dû se mériter un traitement plus royal. Néanmoins, un bel effort.
Débutant un lundi dans le monde coloré des personnages de bande dessinée (pensez au ToonTown de Who Framed Roger Rabbit), Garfield en a marre de se lever chaque matin et poser devant un décor pour être retransmis immédiatement en planche à dessin. Ce monde, il le trouve ennuyeux. Alors que l'équipe derrière les bandes dessinées lues dans les journaux se réunit pour observer l'impact de leur travail, Garfield trouve une brèche et parvient à traverser le quatrième mur, parvenant directement dans le "vrai" monde. Là, en compagnie de Odie, il découvrira qu'il a peut-être fait une erreur puisqu'il risque de ne jamais en revenir. Jon, Arlène et tous ses amis font ce qu'ils peuvent faire de mieux afin de les rapatrier au foyer. Cependant et en l'absence de sa mascotte, le journal publiant les blagues quotidiennes du chat bedonnant décide d'auditionner afin de trouver un remplaçant pour Garfield qui y voit là une chance de retourner chez lui.
Aventure ne perdant pas un souffle, "Garfield Gets Real" n'est pas comme son modèle au cinéma : il est bien mieux. On oublie donc les doublages québécois à la "Simpson" complètement inappropriés et on reprend la distribution française de nos dessins animés d'enfance pour un résultat plutôt réussi. Le spectateur risque d'être secoué par le monde présenté dans lequel évolue Garfield : coloré, digne des animations pour enfants, peuplé de trucs magiques et inimaginables, bref en totale opposition avec le monde dans lequel Garfield passera la plupart du film. Le monde "réel", celui dans lequel le spectateur a l'habitude de lire ses aventures, est moins amusant que celui d'où il vient, créant ainsi le contraste nécessaire. Malgré tout, on recycle de vieux gags déjà vus plusieurs fois dans une intrigue un peu convenue, mais le tout fonctionne bien. Ceux et celles familiers avec les personnages de Philibert, Blondinette et autres seront ravis de voir leur apparition dans le film à quelques reprises.
Les extras contenus sur le disque sont intéressants, quoique plutôt maigres, donnant davantage l'eau à la bouche d'en voir plus. Nous avons donc des revuettes sur la production et la création des bandes dessinées quotidiennes, un entretien avec Jim Davis (le créateur), un court survol de l'animation, les acteurs et actrices prêtant leur voix aux différents personnages et davantage. Nous apercevons donc une multitude de suppléments tournant autour du personnage, du créateur et du présent film, offrant de l'information amusante, quoique pas aussi instructive que certains documentaires de Toy Story ou The Incredibles de Pixar. Une belle brochette de suppléments qui se regarde facilement en moins d'une heure.
L'image est belle et sans faille. Seule l'animation aurait méritée d'être un peu plus fluide puisqu'elle n'offre en contrepartie que de minuscules défauts qui seront immédiatement visibles à l'œil adulte, mais invisibles pour les petits. Corrigeons d'ailleurs la pochette qui dit que le film est disponible en Dolby Digital 5.1 tant en français qu'en espagnol : c'est faux, ils sont disponibles en 2.0 seulement (et il y avait encore de la place sur le disque). Sinon, la version originale anglaise sonne très bien, munie par contre de beaucoup d'éléments sonores entendus nombre de fois. Les menus sont tous fixes et muets, ce qui est dommage puisqu'on aurait su tirer parti d'un monde en 3-D dans les menus à la Shrek. L'enveloppe monétaire ne devait pas être suffisamment élevée.
Doté de gags sombrant parfois dans la répétition et l'excès, voire la paresse créative, "Garfield Get Real" est néanmoins inspiré d'une meilleure volonté que celle présentée dans ses deux films éponymes. On retrouve une belle dose d'imagination pour le monde coloré de la bande dessinée qu'on jurerait sortie de Super Mario Sunshine ou autre jeu vidéo haut en couleur et le film passe à la vitesse grand V sans perdre de temps. Sans être à la hauteur des images impérissables de Jim Davis, il ne trahit toutefois pas l'esprit du personnage comme l'ont fait les films. Un bon choix de location pour se détendre.
| Film | 7 |
| Présentation | 7 |
| Suppléments | 9 |
| Vidéo | 10 |
| Audio | 9 |