Castle In The Sky
Disney / Ghibli Films

Réalisateur: Hayao Miyazaki
Année: 1986
Classification: NR
Durée: 125 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Japonais (DDST), Français (DDST)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres: 12
Nombre de disques: 2 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez : Amazon.ca

Selon Alexandre Martin
14 avril 2003

Après avoir obtenu les droits d'exploitation sur tous les films de Hayaro Miyazaki, Disney profite du récent succès aux Oscars de Spirited Away (2002) pour sortir deux de ses premiers films sur DVD : Kiki's Delivery Service (1989) et celui ici critiqué, "Castle in the Sky" (1986). Ce dernier est l'un de ses tout premiers films en tant que réalisateur; il avait auparavant réalisé l'excellente série télévisée Lupin (1971) qui lui avait valu beaucoup d'éloges. On considère généralement ce film comme étant celui qui a établi et défini son style particulier.

L'histoire de ce film raconte les aventures de Pazu, un jeune garçon travaillant dans des mines, comme tous les gens de son village. Son rêve le plus cher est de devenir pilote de vaisseaux volants. Sa vie est soudainement bouleversée lorsqu'il fait la rencontre d'une jeune fille, Sheeta, qui tombe littéralement du ciel. Poursuivis par des pirates, il l'aide à s'échapper, mais tous deux sont capturés par l'armée. Il apprend alors que ladite jeune fille est une princesse d'un royaume légendaire flottant dans les nuages: Laputa. Après qu'il eut été libéré, il recrute l'aide des pirates, devenus gentils, pour délivrer Sheeta, et retrouver le royaume perdu.

Les adeptes de la série des jeux vidéo "Final Fantasy" ne seront pas déçus par ce film; il est tout à fait fidèle à l'esprit se dégageant des scénarios des jeux. On y retrouve le sempiternel vaisseau volant, de gentils pirates, une cité mystique, une princesse en détresse, des robots, une armée, etc. Bref, tout ce qui manque est une poignée de monstres, des Chocobos et des combats à l'épée. Encore une fois, le scénario de ce film, malgré une fin un peu abrupte et inexpliquée, en reste le point fort. Les conceptions graphiques sont elles aussi impressionnantes; un excellent exemple est le village de Pazu, où les maisons sont intégrées directement aux flancs des mines. Le design des aéronefs est aussi très bien réussi; particulièrement Goliath, le gigantesque vaisseau de l'armée. Ainsi, avec ce scénario mystique combiné à des scènes visuellement époustouflantes, un souci du détail permanent et une bande sonore sobre, mais efficace, il était inévitable que ce film passe à l'histoire.

La qualité de l'image est impressionnante, et rend parfaitement justice à la beauté et au souci du détail du concepteur du film, Miyazaki. Les couleurs sont bien vivantes, sans défaut de compression apparent. Bien entendu, on constate que le matériel source (datant de 1986) est un peu défraîchi, et le résultat est quelques petites tâches apparaissant çà et là, mais rien de trop apparent. L'encodage a été fait avec soins, et les nombreuses parties sombres, même lorsque l'animation y est agressive, sont adéquatement détaillées et sans blocage. Fidèle à son habitude, Disney nous offre encore un dessin animé visuellement de qualité. Notons aussi que les producteurs du DVD ont eu la délicatesse et brillante idée d'inclure les génériques originaux japonais, en plus de ceux de la version traduite. Par contre, même s'ils ont été encodés sur le DVD de façon parallèle, on ne peut y accéder par la télécommande (multi-angles), ce qui empêche une étude comparative des différentes versions. On peut toutefois changer la piste sonore à volonté pendant le film.

Sur ce DVD, on a pris soin d'inclure trois pistes sonores différentes. La première est la version originale japonaise, en stéréo, telle que présentée en salle. Les effets ambiophoniques sont presque inexistants, ce qui est tout à fait normal pour l'époque. La seconde piste incluse est une traduction française, qui est en tout point identique à la version japonaise, en ce qui a trait à la musique et aux effets. La troisième piste est une traduction anglaise complètement nouvelle, remixée en Dolby Digital 5.1. En plus d'ajout d'effets sonores et d'ambiance, on y a même inclus de la nouvelle musique. L'exemple le plus frappant est lors du réveil à la trompette par notre héros; dans la version anglaise, on a ajouté un accompagnement à la guitare, qui rend la scène un peu bizarre. Soulignons d'ailleurs le travail remarquable de Jô Hisaishi qui arrive à faire transpirer les émotions du film par sa musique. Bien entendu, le remixage anglais en 5.1 offre une bien meilleure qualité sonore, et non pas seulement par la spatialité; les bruits, par exemple les coups de feu, sont bien plus percutants, et ressemblent moins à des bruits de pétard. Bref, les deux pistes sonores se valent l'une l'autre, mais pour apprécier l'intégralité artistique de l'oeuvre, il est nécessaire d'en faire l'écoute dans sa version originale japonaise. Même dans cette optique, la piste française est largement supérieure. Notons aussi un manque flagrant de synchronisation dans la version traduite anglaise, au point d'en être exaspérant. Ceci est étonnant puisque les deux autres films de Miyazaki qui sortent simultanément sur DVD n'ont pas ce défaut. Pour ce qui est du choix des voix pour les traductions, elles sont toutes adéquates, particulièrement Mark Hamill. Notons toutefois que la voix de James Van Der Beek est trop typée, en plus d'être trop âgée et nasillarde, surtout en comparant avec la voix originale.

Les suppléments sont répartis sur les deux disques; le second DVD comporte le film en entier en scénarimage, avec un choix de bande sonore japonaise ou anglaise. Cet extra est très intéressant puisqu'il nous permet d'apprécier l'art de Miyazaki dans son expression la plus pure. Sur le premier DVD, on retrouve premièrement une introduction du réalisateur de Pixar/Disney, John Lasseter, la même qui nous est imposée au début du film. On nous propose aussi un bref, mais intéressant documentaire sur les acteurs qui ont fait le doublage anglais des voix. On y apprend quelque peu sur la philosophie des personnages, ainsi que l'interprétation que les acteurs en font. Les suppléments du premier DVD sont complétés par trois bandes-annonces, dans leur version originale japonaise.

Pour ce qui est des menus du DVD, il est nécessaire de souligner que des bandes-annonces de films de Disney sont présentées dès l'insertion du DVD dans le lecteur; par contre, il est possible de les contourner à l'aide de la télécommande. Une autre imposition désagréable à l'écoute est l'introduction de John Lasseter au début de la version anglaise du film; ses commentaires sont inutiles et n'apportent rien, sauf d'inlassablement nous rappeler que Miyazaki est son "grand ami". De plus, cette introduction est inévitable, peu importe la piste sonore choisie. Quant aux menus eux-mêmes, ils sont statiques, avec extraits musicaux. Les transitions entre les menus sont faites avec une animation, toujours la même.

Bref, cette édition DVD de très haute qualité permet de faire découvrir un des tout premiers films, et probablement un des meilleurs de Hayao Miyazaki. Le choix des pistes sonores traduites permet de découvrir plusieurs aspects du même film, et les suppléments permettent une meilleure compréhension artistique du réalisateur. Espérons que Disney maintiennent ce même niveau de qualité pour les prochaines sorties DVD des autres films de Miyazaki.


Cotes

Film9
Menu6
Suppléments8
Vidéo8
Audio8