Jungle Emperor Leo (Janguru taitei)
Media Blaster

Réalisateur: Takao Takeuchi
Année: 1997
Classification: PG
Durée: 99 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Non
Langue: Japonais (DD20), Anglais (DD20)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres: 19
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Alexandre Martin
13 mars 2004

"Jungle Emperor Leo" ("Janguru Taitei") est l'adaptation cinématographique de la célèbre bande dessinée du même nom, réalisée en 1950 par le très reconnu et influent scénariste-artiste Ozama Tetzuka. C'est d'ailleurs ce dernier qui nous avait donnée Astro Boy ("Astro le petit robot", en français) et Metropolis. Le récit avait déjà été adapté pour la télévision en 1965, sous le titre de "Janguru Taitei". La série avait alors été traduite en anglais et diffusée sur la chaîne NBC, sous le titre "Kimba the White Lion". L'histoire de cette série est celle de Leo, un lionceau dont le père, le Roi de la Jungle, vient de mourir assassiné. Fuyant les troubles, il part en retraite, pour se comprendre et se trouver. Finalement, il retourne dans son royaume, et prend la place qui lui revient; le Roi de la Jungle. Pour son scénario, Tetzuka s'était directement inspiré d'une légende africaine, celle du Prince Zimba. Puisque son personnage était un lion, il était donc naturel pour lui de l'appeler Leo. Par contre, "Leo the Lion" sonnait un peu faux pour les Américains, et ces derniers ont donc choisi de le nommer Simba (qui veut dire Lion en swahili...). Malheureusement, le nom était déjà utilisé pour une marque de boisson gazeuse; pour éviter un éventuel conflit, on l'a donc changé pour ¨"Kimba the White Lion".

De toute évidence, l'histoire de "Kimba the White Lion" est très ressemblante avec celle de The Lion King, le film de Disney. Non seulement l'histoire générale a de grandes ressemblances, mais beaucoup de petits détails sont aussi très similaires. Par exemple, Kimba a pour comparse un perroquet, le sage est aussi un singe, son père lui apparaît sous la forme d'un fantôme, l'antagoniste principale est son oncle, un lion borgne, les deux acolytes de ce dernier sont des hyènes, etc. Mais, nous dit-on, les ressemblances sont complètement fortuites, au pire elles sont subliminales. Néanmoins, sans toutefois exiger de réelles compensations, les héritiers de Tetzuka ont demandé à Disney de tout simplement ajouter son nom au générique, ce que le studio a refusé catégoriquement. Étrange réaction pour une compagnie qui défend si férocement les droits d'auteurs. En fait, on devrait plutôt dire que la compagnie défend férocement ses droits d'auteurs... Il est tout de même important de souligner que malgré les apparentes similitudes, autant dans l'histoire que dans les détails, les deux scénarios sont complètement différents. L'exemple le plus flagrant est d'ailleurs la présence de l'Homme dans la version de Tetzuka, qui y occupe une place importante, voire même essentielle dans l'élaboration des personnages.

Des suites de l'énorme succès récolté après la première année de diffusion, une deuxième série télévisée avait vu le jour en 1966, mais n'avait jamais été diffusée aux États-Unis (puisque les scénarios étaient loin d'être adéquats pour la censure américaine...). L'histoire de cette série était toujours celle de Kimba (ou Leo), mais il est maintenant adulte. D'ailleurs, le scénario de cette dernière série est sensiblement le même que le présent film.

On retrouve donc Leo devenu adulte, maintenant père de deux lionceaux, Rune et Rukyo. Il est le roi de la jungle, incontesté et aimé de tous. Un de ses rôles est d'éviter toute contamination avec la société humaine. Il est d'ailleurs confronté directement à ce problème lorsqu'une poignée de mercenaires investissent la jungle, afin de trouver et voler la fameuse "Moonlight Stone", une mystérieuse pierre qui devrait régler tous les problèmes énergétiques de la Terre. Au même moment, une terrible maladie ravage les animaux de la Jungle; Leo doit donc faire confiance à un humain, le Dr Mustache (le même personnage que dans Astro!), pour sauver ses sujets, en particulier sa fille. Mais le Dr Mustache est aussi à la recherche de la fameuse pierre, voulant s'en saisir pour sauver la Terre, et ce, avant le groupe de mercenaires. Conscient des enjeux de cette quête, Leo aide Dr Mustache dans sa quête. Pendant ce temps, Rune, fasciné par les humains, s'égare et est recueillie par un cirque. Il s'enfuit finalement pour retrouver la place qui lui revient, dans la jungle.

L'histoire principale est bien établie, et bien exploitée; par contre, l'histoire secondaire est un peu décousue, sans de réels liens. D'ailleurs, le montage à ce niveau est peut-être mal habile ou inégal. Le scénario est aussi un peu choquant, en grande partie à cause de la finale; on est tout de même loin de The Lion King. D'ailleurs, à ce niveau, le message véhiculé est très loin des normes américaines. De plus, dans un contexte populaire, beaucoup de scènes n'auraient jamais dû se retrouver dans un film de ce genre, encore moins la culmination finale. Il n'est pas étonnant que la série télévisée n'ait jamais été diffusée. Aussi, au niveau du scénario, on a la nette impression qu'on nous résume une beaucoup plus longue histoire, ce qui est d'ailleurs le cas. Il aurait été plus juste de couper quelques sous-histoires, notamment celle du lionceau Rune.

Au niveau de la piste sonore, la piste stéréo fournie est de bonne qualité. La séparation des canaux est bien faite, et on retrouve de nombreux effets stéréophoniques. Par contre, l'ambiophonie est presque inexistante lors d'un décodage ProLogic. Les dialogues sont clairs et bien centrés et la musique ne vient jamais empiéter sur ces derniers. Les basses fréquences sont présentes par endroits, mais un appui plus marquant aurait été approprié. Puisque la piste sonore originale est en japonais, il est particulièrement dommage que les sous-titres soient mal faits. Les sous-titres français sont des plus horribles, avec des traductions littérales hors contextes (par exemple, on traduit "Bill" par "Facture", alors que le contexte exigerait que la traduction soit plutôt "Loi").

L'image est très bien rendue sur cette édition. Les couleurs et les tons sont reproduits avec justesse, sans aucun problème majeur. Les passages en images de synthèse sont particulièrement impressionnants (et, d'ailleurs, se mêlent parfaitement aux dessins). Les noirs sont bien dégradés, sans la présence de blocage ou de fourmillement. Par contre, ils manquent une peu de profondeurs. Comme ce dessin animé n'est pas du tout statique, une compression attentionnée était requise et, selon toute apparence, c'est ce qui a été fait.

Malheureusement, on ne retrouve aucun supplément sur cette édition, mis à part les bandes-annonces d'autres films animés japonais. Il aurait été très intéressant de voir des documentaires sur les séries télévisées ou sur Tetzuka. Une comparaison avec les éléments de la seconde série télévisée (qui partage la même histoire) ou un documentaire sur la production même n'aurait pas non plus été de trop. Les menus sont statiques, sous une musique de fond (celle du film, évidemment). Par contre, les menus secondaires sont animés, à l'exception de celui du choix des scènes.

Bref, malgré des similitudes évidentes "Janguru Leo" est un film totalement différent de The Lion King. Même si l'histoire est peu conventionnelle, beaucoup y trouveront leur compte.


Cotes

Film7
Menu5
Suppléments1
Vidéo8
Audio7