Mignonne petite histoire pour les très jeunes enfants, "La maison des contes" n'arrive pas à faire oublier son discours extrêmement moralisateur par le soin apporté à ses images. Dommage, le récit méritait beaucoup mieux.
Grand-maman est décédée. Les enfants prennent possession de sa maison sur le bord de la plage. Le petit-fils Natanaël, bientôt sept ans, hérite de sa collection de livres dont les personnages s'animent lorsque les adultes ont le dos tourné. Ils pourront être sauvés pendant encore plusieurs années si leur nouveau protecteur récite une formule magique. Malheureusement pour eux, le jeune garçon ne sait pas lire...
Des émotions contradictoires ressortent de cette animation de Dominique Monfery. Du bonheur apparaît par ses personnages sympathiques, cette histoire inspirante, son traitement qui n'hésite pas à prendre des risques (la séquence d'hallucinations des mots par exemple) et quelques poursuites assez singulières (surtout celle du crabe!). L'imagination est au pouvoir et il est toujours drôle de voir les héros de son enfance (les Peter Pan, Alice au pays des merveilles et autres Pinocchio) s'animer.
Pourtant, le résultat est loin d'être à la hauteur de la prémisse. Le tout débute un peu mécaniquement, pratiquement de la même façon que l'exquis Coraline, pour devenir une pâle copie du génial Toy Story. Le rythme n'est pas toujours alerte et les thèmes abordés sont soulignés au gros crayon gras. Pire encore, des morales appuyées surviennent pratiquement toutes les cinq minutes. Combien de fois la grand-mère rappellera l'importance de rêver, de prendre soin de ses amis et d'avoir confiance en soi? À force de marteler encore et toujours le même discours, les oreilles n'en peuvent plus, même celles de plus petits.
C'est d'autant plus dommage que les images s'avèrent magnifiques. Les couleurs sont resplendissantes, captivant aisément la rétine. Même si les teintes manquent parfois de finition, les contrastes demeurent soignés, et il y a quelques explorations - par moments en noir et blanc - tout à fait recommandables. Bien que l'ensemble soit à la base en langue française, la piste sonore francophone est seulement en Dolby Digital 2.0, alors que celle traduite en anglais s'affiche en Dolby Digital 5.1! Une surprise qui n'est pas toujours heureuse. Néanmoins, les enceintes sont plutôt bien exploitées (des bruits de klaxons, de pluie, de cris de mouettes et d'éclairs surgissent régulièrement des haut-parleurs) et les voix dans la langue de Molière, de qualité nettement supérieure à celle de Shakespeare, bénéficient des mots de Jeanne Moreau et de Pierre Richard. Les dialogues toujours clairs et audibles font presque oublier cette absence totale de sous-titre.
La pochette est vraiment très jolie à regarder. Le héros et ses nouveaux amis sont au rendez-vous, bercés par des tons d'orange, de rouge et de noir. Un peu moins élaboré est le menu principal du DVD, qui reprend encore une fois le personnage de Natanaël et des figures de contes. Bien qu'une mélodie dramatique soit présente, il n'y a aucune figure d'animée, ce qui est un peu décevant pour une animation. Il faudra se passer de suppléments, car cette édition n'en contient pas.
"La maison des contes" s'adresse à une très, très jeune clientèle. Un public qui ne remarquera pas qu'on cherche à lui faire constamment la morale. Malgré ses qualités indéniables et la grande beauté de sa démonstration, le scénario demeure rudimentaire, n'explorant qu'en surface un sujet si original et prometteur.
| Film | 5 |
| Présentation | 4 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 7 |