Lil' Bush: Resident of the United States
Season One - The Invasion Begins
Paramount Home Entertainment / Comedy Central

Créateur: Donick Cary
Année: 2007
Classification: PG
Durée: 132 minutes
Ratio: 1.33:1
Anamorphique: Non
Langue: Anglais (Mono)
Sous-titres:
Nombre de chapitres: 6
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Simon Bergeron
9 mars 2008

Vous souvenez-vous du temps durant lequel nos politiciens étaient encore humains? Non? Moi non plus d'ailleurs. Rectifiant le tir afin de nous offrir un aperçu de la vie de ces petits enfants privilégiés dès la naissance, "Comedy Central" prend comme point d'ancrage le petit George W. Bush alors qu'il suit ses cours aux côtés de Dick Cheney, Bill Clinton et plusieurs autres.

Non, ça n'est pas facile la vie de rejeton de politicien et le petit bush en sait quelque chose, quoiqu'il ne sache pas (faire?) grand chose. Faisant la plupart de son éducation par lui-même (indice : échec monumental), il tente ainsi la plupart du temps de tuer son petit frère Jeb (dont l'argument principal de sa mère, afin que George cesse de le tabasser est : "Ne tue pas ton frère, tu risques d'en avoir besoin pour gagner des élections un beau jour"), voyager dans d'autres pays et faire ce qu'il sait faire (créer la panique plus qu'autre chose, donc), changer le menu de la cafétéria pour n'offrir que des hot-dog (prouvant sa fermeture d'esprit face aux autres peuples l'entourant), etc.

Les courts épisodes juvéniles de la vie de Bush junior ne durent pas très longtemps, ce qui est un bienfait puisque l'animation est d'une maladresse confondante (on ne parlera même pas du visuel des personnages et leur environnement) qui laisse entendre un manque de budget et/ou une rapidité d'exécution pour profiter de la dernière année de mandat de Bush, laissant en 2008 la place à (CONFIDENTIEL). Les dialogues ne sont pas des plus fouillés puisqu'on sent une influence immédiate de South Park planer sur la série, notamment avec les personnages au parler limité tels Cheney et Jeb, représentés par des attardés qui sonnent faux. Cependant, les blagues politiques et la caricature de l'actualité sont pile sur l'heure, se moquant tantôt de la guerre en Irak et en Afghanistan, tantôt des menus de cafétérias adaptés à tous. Le tout est, vous l'aurez deviné, créé dans le but de mettre en évidence les défauts du futur ex-Président, qui sera remplacé en 2008 par (CONFIDENTIEL). Trouver les faux pas dans la carrière de Bush n'est pas une si grande tâche que ça, mais les scénaristes sont parvenus à trouver une irrévérence qui sied bien à la jeune série. Avec une durée de moins de quinze minutes par épisode, pas le temps d'avoir des longueurs, donc chaque moment utilise bien son potentiel humoristique et passe à vitesse grand V. Les personnages enfants, représentant les politiciens caricaturés, conservent une voix mûre et adulte, en contraste de leurs agissements, une trouvaille qui aurait mérité d'être entendue avec une piste alternative de voix d'enfants doublant les personnages, offrant un côté peut-être plus abouti qu'il ne l'est en ce moment.

Les suppléments sont à l'image de la création de la série : rapides et expéditifs. On dénote par contre une piste de commentaires par Jerry Springer (?), Ralph Nader et Tucker Carlson. Les propos des deux derniers sont nettement plus intéressants puisqu'ils balancent les anecdotes sur la production avec des petits moments humoristiques. Un 13e épisode est offert, intitulé "Walter Reed", de format et qualité similaire aux autres. Une visite guidée de la Maison blanche ainsi qu'une revuette dans les coulisses complète le disque, ce qui est un peu mince, quoiqu'il est difficile d'imaginer ce qu'il y a à ajouter.

Côté visuel, c'est correct sans plus. Il est possible de continûment discerner des défaillances dans le transfert numérique, une pixelisation trop forte, ce qui n'est pas pour améliorer la qualité de production. Les couleurs et saturations sont fades, à plat et sans vie, mais peut-être est-ce un autre message, plus subtil cette fois (osons espérer), que l'aspect grossier des histoires. Le son ne dépasse pas la commande et n'éclate pas non plus les différentes caisses du système de son. Il livre la marchandise, contrairement à Bush, qui sera remplacé en 2008 par, me dit-on, (CONFIDENTIEL). Le menu principal est animé et musical, montrant la Maison blanche et quelques personnages peuplant la première saison qui apparaissent de temps en temps. Le reste est fixe et muet. Un travail à peine honnête faisant rappel de la rapidité d'exécution.

J'ai eu peine à poursuivre l'écoute de ce programme, notamment par mon ignorance politique, mais également par le traitement tant visuel que scénaristique qui semble parfois avoir été bâclé de manière chronique. Les blagues tournent souvent autour des mêmes sujets, d'autres se répètent, tombant ainsi dans la catégorie des essais et erreurs. Il est difficile d'envisager qu'une seconde saison puisse voir le jour alors que des centaines de scénaristes dotés de talents conteurs tels des Lynch, Coppola et autres Kurosawa de leur génération crèvent de faim à faire connaître leur art.

Cette série vaut donc le coup d'œil et une location, mais pas davantage.


Cotes

Film6
Présentation4
Suppléments5
Vidéo6
Audio7