Metropolis
Columbia TriStar Home Entertainment

Réalisateur: Tarô Rin
Année: 2002
Classification: PG-13
Durée: 109 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Japonais (DTS51, DD51), Anglais (DD51), Français (DDST)
Sous-titres: Anglais, Espagnol, Portugais, Français, Coréen, Thaïlandais
Nombre de chapitres: 28
Nombre de disques: 1 (DVD-9) + 1 mini (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez :

Selon Eric Simard
22 avril 2003

L'animation est une véritable tradition au Japon. Entre autre, le regretté Osamu Tezuka est considéré par plusieurs comme le dieu du manga et de l'animation japonaise. Il est d'ailleurs le créateur de la série "Astro Boy" dans les années 60 (série "Astro, le petit robot" sur nos écrans dans les années 80). Une de ses toutes premières œuvres de dessins animés, Metropolis, créée dans les années 50, a été adaptée en film animé par Rintaro qui a travaillé de nombreuses années avec Tezuka et aussi sur les séries d'Albator.

Dans cette histoire, Metropolis est une ville située dans le futur, d'une dimension gigantesque étalée sur plusieurs niveaux où on célèbre l'achèvement d'une nouvelle structure, le "Ziggurat". Alors que la ville semble très festive et que tout semble bien allé, tout n'est pas rose dans cette métropole. En effet, ce n'est pas tout le monde qui profite de l'opulence générée par la ville. Il y a d'un côté des gens pauvres qui vivent dans les niveaux "bidonvilles" inférieurs ainsi que les robots qui ne sont là que pour servir les humains dans toutes les tâches possibles et inimaginables. S'ils se retrouvent dans des territoires qui ne leur sont pas désignés, ils sont abattus sans pitié par une caste spéciale de patrouilleurs, les Malduks, financés par l'industriel le plus puissant de la ville, Duke Red et dirigés par le "fils adoptif" de Duke Red, Rock.

C'est dans ce contexte qu'arrivent dans la ville Shunsaku, un enquêteur japonais et son neveu Kenichi qui sont aux trousses d'un scientifique qui aurait réalisé de la contrebande d'organes humains pour ses expérimentations. Ce scientifique termine justement une expérience pour Duke Red, soit la création d'un androïde, à mi-chemin entre robot et humain, à l'image de la fille défunte de Duke. Rock est jaloux de ce robot et craint de perdre l'affection (en fait inexistante) de celui qui l'a adopté. Durant la destruction du laboratoire du scientifique, le robot, qui s'appelle Tima, se retrouve amnésique et avec Kenichi, avec qui elle se découvre elle-même et la ville tout en se faisant poursuivre sans relâche par Rock qui cherche à terminer le travail qu'il a débuté.

Se déroule au même moment la préparation d'un coup d'état qui permettra à Duke Red de prendre contrôle de la ville et qui culmine en l'utilisation du Ziggurat qui est en effet une arme de "destruction massive" ultime (rappelez-vous, cette histoire a été créée dans les années 50, quel visionnaire). Cette arme doit être contrôlée par nulle autre que Tima. Alors que Duke Red réussira à récupérer Tima, mais pas avant que Kenichi ne l'ait aidée à développer son humanité, le tout culminera en une forme d'Apocalypse originale et surprenante sur un choix de chanson très inattendu pour accompagner le tout.

J'ai aimé ce film, surtout pour son originalité et de pouvoir être spectateur d'une vision du futur pas si irréaliste pour quelqu'un qui y a pensé il y a un demi-siècle de cela. Comme plusieurs animations japonaises, ce film ne s'adresse pas à un jeune public et il y a de nombreuses scènes assez violentes. Aussi, certains dialogues s'étirent pour nous donner de l'information au public. J'ai bien aimé les différents concepts de robots utilisés dans le film et j'ai eu un sourire en coin en voyant les sympathiques robots d'entretien appelés "Albert" (!) dont un se sacrifiera pour Kenichi et Tima. Le mélange de machinerie très "high tech" superposé à de la mécanique basée sur des rouages et engins du début du siècle donne un caractère unique à la ville de Metropolis.

L'animation est de très bonne qualité, utilisant les techniques traditionnelles et l'animation par ordinateur. Certains effets d'éclairage sont particulièrement réussis. On note toutefois à l'occasion une bonne différence dans la superposition des deux techniques d'animation, mais qui n'est pas à ce point dérangeante dans le visionnement. Le détail dans les décors et l'ambiance de la ville pour en faire une entité presque vivante a dû nécessiter un vrai travail de moine.

L'image en soit est de bonne qualité, stable et avec de belles couleurs et quelques rares saletés. Les pistes sonores Dolby Digital anglaise et japonaise utilisent bien tous les haut-parleurs pour la trame sonore, mais les effets d'ambiophonie sont un peu inégaux, parfois très marqués et bien réalisés et en d'autres occasions, les sons sont un peu trop centrés à l'avant. Les dialogues sont clairs et les voix anglaises correspondent pour la plupart assez bien avec celles de la piste originale japonaise. La trame sonore contribue à qualité de ce long métrage. L'originalité de la musique se retrouve à la fois dans le choix des chansons de style jazz et dans le thème principal qui est constamment repris tout le long du film, mais sur plein de variations différentes. Je n'ai malheureusement pas actuellement l'équipement pour écouter les films en DTS, alors je ne peux commenter sur la qualité de la piste sonore DTS japonaise incluse sur ce DVD. (Note de l'éditeur : J'ai quant à moi écouté cette piste DTS qui est le jour et la nuit en comparaison avec la piste Dolby Digital 5.1. L'ambiophonie est tout à fait sublime, tout à fait incroyable d'avoir une telle piste pour un dessin animé!).

Les menus que l'on retrouve sur les deux disques sont animés avec une vue de la ville sous le thème musical festif du début du long métrage. Les sous-menus sous fixes avec images du film et un fond musical différent pour chacun d'entres eux. On note une transition vers la sélection des chapitres et vers les suppléments sur le deuxième DVD.

Le supplément du premier disque consiste en une série de bandes-annonce incluant Metropolis, Final Fantasy : The Spirit Within, Cowboy Bepop et Roughnecks : The Starship Troopers Chronicles. Le deuxième disque, un mini-disque d'environ trois pouces, contient le reste des suppléments. On retrouve d'abord une mini-biographie du réalisateur du film, Rintaro, ainsi que du défunt créateur de Metropolis, Osamu Tezuka et une biographie de l'œuvre "Metropolis" en elle-même. On peut aussi regarder un documentaire d'interviews avec le réalisateur ainsi que le scénariste où on discute de l'admiration qu'ils ont pour le créateur, Tezuka, du fait que ce dernier ne voulait pas de son vivant qu'on mette en animation cette histoire (et que le réalisateur espère qu'il ne sera pas hanté par le fantôme de Tezuka!) et du défis d'intégrer l'animation par ordinateur avec la technique traditionnelle. On enchaîne avec un documentaire promotionnel d'un peu plus de 30 minutes où en plus de réentendre d'une autre façon les commentaires d'interview, on peut aussi visionner des extraits avec les acteurs des voix japonaises principales, des commentaires de l'équipe technique d'animation, certains extraits du film sans trop en montrer et des impressions du compositeur de la musique de ce film. Malgré qu'on ne va pas dans le grand détail, juste visionner cet extra nous montre des différences intéressantes entre les cultures cinématographiques japonaise et américaine. On termine par un supplément comparatif des différents stages de la création de l'animation de deux scènes et une galerie de trois séries de photos/dessins du film.

Pour les néophytes du genre, Metropolis est une autre "japanimation" originale qui nous change radicalement du style Walt Disney et Pixar. Pour les autres, sans avoir tout à fait autant d'action que certains auraient pu l'espérer, ce film devrait plaire à ceux qui ont aussi aimé Akira et/ou Ghost in the Shell.


Cotes

Film8
Menu7
Suppléments6
Vidéo8
Audio7