Populaire manga qui est édité depuis 2000, "Nana" a rencontré un succès phénoménal dans son Japon natal, se vendant à des millions d'exemplaires, engendrant de nombreux produits dérivés, dont quelques trames sonores, deux films avec des acteurs réels et un dessin animé de 47 épisodes. Les 11 premiers sont disponibles dans une magnifique édition de Viz Pictures, les spécialistes en animations japonaises.
Nana Osaki est une chanteuse membre d'une formation rock qui aimerait énormément percer dans l'industrie musicale. Elle fait la rencontre de Nana Komatsu, une jeune femme insouciante qui tombe toujours en amour au premier coup d'œil. Par un concours de circonstances, elles se retrouveront colocataires dans Tokyo, une ville qui peut exaucer tous les vœux, mais à condition d'en payer le prix, de multiplier les efforts et d'avoir un peu de chance.
Cette adaptation des livres de Ai Yazawa par le réalisateur Morio Asaka s'adresse principalement à un public féminin. À travers deux héroïnes en or, il sera question d'amour et d'amitié, de tentations et de faiblesses, de responsabilités et de retour en enfance. Dès le départ, les clichés sont en place (la rebelle rockeuse aux cheveux noirs qui devient l'amie improbable d'un être plus féminin, naïf, écervelé et égoïste) et ils volent peu à peu en éclat. La construction dramatique, efficace dans sa façon de proposer de subtiles ellipses chronologies afin d'aller en profondeur dans les quêtes existentielles des personnages, ne ménage pas l'humour et les émotions, rendant l'ensemble particulièrement attrayant.
La notion de romance est à la base de cette entreprise qui, curieusement, affiche un avertissement s'adressant à un public de 18 ans et plus. Une mise en garde plutôt sévère. Pour une fois qu'un dessin animé va davantage dans l'intimité, montrant candidement un couple au lit, et une forme d'attirance entre deux individus du même sexe. Sans doute que de la grosse violence physique et de l'hémoglobine serait plus normal pour ce produit nippon...
L'importance de la musique se fait entendre par les chansons du groupe de Nana Osaki, ainsi que les touches de piano plus mélodiques et mélancoliques de son alter ego rose bonbon. Ces airs se fondent aisément aux intrigues, prenant jamais la mesure des dialogues toujours audibles. Entre les hilarantes voix japonaises (qui sont accompagnées de convenables sous-titres blancs dans la langue de Shakespeare) et la superbe traduction anglaise, ce ne sera pas toujours évident de faire un choix. Les pistes sonores n'utilisent toutefois que légèrement les différentes enceintes, ce qui n'est pas catastrophique, car ce sont des thèmes plus verbeux et amoureux qui sont développés. Le dessin simple et sympathique peut compter sur une agréable palette de couleurs, une belle définition des contours, des détails enviables et des contrastes justes. Une certaine blancheur est toutefois de la partie, enveloppant le tout dans des halos qui ne dérangent cependant pas trop.
L'ensemble de trois disques est inséré dans un superbe coffret rose à l'effigie des deux Nana. Un pic de guitare est disponible dans le boîtier et il risque de donner le goût à certaines personnes de jouer de cet instrument. Plus minimaliste est le menu principal du DVD, où une image vieillotte d'une fille émane sur une mélodie tristounette. Le dernier disque comporte quelques suppléments négligeables (des bandes-annonces, de jolies esquisses, l'ouverture et la fermeture de la série sans générique) et une courte entrevue avec le cinéaste qui explique pendant moins de dix minutes son apport à la production, ses choix décisionnels et sa façon de voir le projet.
Ce premier coffret des aventures de "Nana" est un divertissement tout à fait louable qui fait passer un bon moment. Onze épisodes qui se regardent très - trop - rapidement, avec en prime un segment spécial qui résume le tout, ce qui sera parfait pour la sortie du second tome, annoncé d'ici quelques semaines.
| Film | 7 |
| Présentation | 7 |
| Suppléments | 3 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 7 |