L'action, l'aventure, l'émotion et la science-fiction sont à l'honneur de "Oban Star-Racers", une animation franco-japonaise créée par Savin Yeatman-Eiffel en 2006. Si la série s'étire sur 26 épisodes de 23 minutes chacun, les 13 premiers segments sont disponibles sous le titre "Volume One : The Alwas Cycle".
En 2082, la Terre connaît un peu de quiétude après de terribles conflits. En effet, des voisins interstellaires, les Crogs, sont apparus pour leur faire la vie dure. En ces années de paix, le tournoi de courses se déroule normalement sur la planète Oban. L'équipe terrienne de Don Wei aimerait bien s'en tirer avec les grands honneurs, surtout que le pilote Rick est au sommet de sa forme. Le destin en décide autrement et rapidement, l'équipe doit compter sur la jeune et inexpérimentée Molly - une jeune fille de 15 ans - pour sauver la mise. Cette héroïne un peu punk grandira au fil des épreuves, tout en faisant le deuil de sa mère et en renouant avec un père absent qui ne pense très souvent qu'au succès. Pour réussir, elle devra toutefois trouver un moyen pour que son équipe s'inscrive parmi les trois meilleurs du circuit...
Diffusé ces dernières années dans plusieurs pays, "Oban Star-Racers" est loin d'avoir obtenu le statut de série culte associée à Neon Evangelion Genesis ou à Escaflowne. Il s'agit plutôt d'une émission très divertissante qui rend rapidement accroc. Les personnages sont clairement identifiables, la profondeur du récit devient de plus en plus tangible à mesure que les intrigues apparaissent et les motivations des protagonistes ne sont jamais manichéennes. Au contraire, il y a souvent de la place à l'interprétation.
Si la prémisse peut rappeler celle du mythique Speed Racer, le canevas se tourne également vers Star Wars avec cette planète pas toujours accueillante et ces monstres très originaux. Entre le suspense et le drame se trouve un peu d'émotion (la protagoniste n'arrête pas de se poser des questions sur son passé), mais surtout beaucoup d'action. Il y en a même un peu trop. Les courses d'engins bizarres sont omniprésentes et si ces confrontations demeurent toujours différentes, la redondance peut se faire ressentir à l'écoute de cinq ou six segments successifs. Treize épisodes sont regroupés au sein de ce premier coffret. Voici les intempéries que devront affronter Molly et son équipe de vol (un patron qui passe son temps à chialer, deux mécaniciens serviables et un tireur pas toujours futé) :
Pour un format plein écran, les images sont étonnamment jolies et les couleurs très variées. Les dessins demeurent sophistiqués sans sombrer dans la surenchère de détails et les halos trop lumineux qui caractérisent quelques plans s'oublient assez rapidement. La grande présence des teintes noires rappelle la précision des contrastes, donnant à l'ensemble un charme certain. La piste sonore anglophone en Dolby Digital 5.1 est particulièrement soignée, remplissant les enceintes de bruits divers où les moteurs de vaisseaux, les applaudissements de la foule et les cris des mouettes font bon ménage. Même si les voix demeurent drôles et très audibles, l'absence du moindre sous-titre pourra en déranger plus d'un. La musique, extrêmement variée à défaut de posséder une identité propre, sait être lente ou rapide selon la situation.
La pochette très colorée représente quelques individus, un nuage de tourmente, une ville près de la mer et des engins divers. Le menu principal du DVD reste dans la même veine en montrant trois personnages importants, un arrière-fond en mouvement et un montage actif figurant sur le côté droit de l'écran. En prime, il y a même la chanson thème qui laissera cependant peu de souvenirs impérissables. Des suppléments figurent sur les deux disques. Le premier comporte une série d'esquisses et de croquis en noir et blanc, ainsi qu'un résumé (la vitesse, les armes, les tactiques, etc.) des principaux adversaires de Molly. Le second s'avère un peu plus complet. Il y a toujours une fiche des concurrents qui affronteront les Terriens. Puisque la courte bande-annonce originale et la publicité du deuxième volume se regarderont à la vitesse de l'éclair, le documentaire sur le tournage s'avère pratiquement le seul lieu pour acquérir de la nouvelle information. Pendant près d'une demi-heure, les équipes françaises et japonaises racontent comment elles ont été associé à ce projet, revenant sur le design particulier et les méthodes de collaborations.
"Oban Star-Racers : Volume One : The Alwas Cycle" est loin d'être une série aussi mémorable que Paranoia Agent ou Blood+. Le traitement finit par se ressembler (des courses et encore des courses) et il n'y a aucun thème majeur qui fasse réfléchir pendant un long moment. En revanche, les personnages sont attendrissants et les méchants possèdent une identité propre, dont la plus fascinante est sûrement celle du minet destructeur trop joyeux. Voilà tout de même une émission qui possède suffisamment d'action et d'explosions pour laisser le spectateur sur sa faim, le faisant titiller quelques semaines avant la sortie de la conclusion.
| Film | 7 |
| Présentation | 7 |
| Suppléments | 4 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 8 |