En 1999, une petite révolution culturelle allait venir déranger le monde social : Q. Allan Brocka venait de créer une série d'animation utilisant de simples petits personnages Playmobil (ou Lego, j'ai du mal à faire la différence). Jusque-là, tout serait bien joli si le sujet de ces petits films n'était pas un peu spécial. En effet, il s'agit de l'histoire de Rick et Steve, le couple "gai" le plus gai du monde entier. Bien entendu, je vous passe les réactions.
En 2007, Brocka remet ça, mais avec un peu plus de moyens cette fois. Rick et Steve renaissent, et tout en restant de "petits" personnages de plastique, ils n'en ont pas perdu leur verve acerbe. Rick Brocka Jr. (voix de Will Matthews) est d'origine philippine. Il est marié avec Steve Ball (Peter Paige), un agent immobilier et un adepte de la gym. Ils habitent à West Lahunga Beach, un quartier très sollicité par la communauté gaie et lesbienne. Leurs plus proches amis sont Chuck Masters (Alan Cumming), un quinquagénaire séropositif et en fauteuil roulant, qui partage sa vie avec le jeune Evan Martinez (Wilson Cruz), officiellement son aide ménager. Il ne faut pas oublier le couple de filles formé de Kirsten Kellogg (Emily Brooke Hands), une gentille personne qui gère un magasin érotique et qui est la meilleure amie de Rick, et de Dana Bernstein (Taylor M. Dooley), d'allure moins féminine, travaillant dans la construction et "femme à tout faire" de Rick et Steve. Cette dernière n'apprécie pas plus que ça le couple de garçons.
La série suit la vie quotidienne de ce petit groupe. Bien entendu, de nombreux sujets liés au monde "LGBT" y sont abordés, parfois sans grande finesse, ce qui a fait que l'émission a été surnommée le "South Park" version gaie. Ainsi Rick et Steve ne se cache pas de chercher un troisième gars pour assouvir leur appétit sexuel, Chuck sait très bien ce que l'on pense de sa relation avec un garçon de 19 ans et les filles aimeraient bien avoir un enfant et qu'elles connaissent le géniteur. On y parle de sperme, de sida, de partenaires multiples, de chat qui s'appelle Pussy (no comment) et de propos anti président d'un grand pays nord-américain. Il faut bien avouer qu'en seulement six épisodes de 25 minutes, nos oreilles en ont entendu de toutes les couleurs.
Malgré un graphisme haut en couleur et en personnages jouets, il est bien mentionné à plusieurs reprises sur le boîtier que ce programme n'est absolument pas destiné aux enfants. Et ça se comprend rapidement. Les épisodes sont présentés dans un format original plein écran, avec une excellente qualité d'image, tournage en studio oblige. La piste sonore anglaise est de très bonne qualité, les paroles se détachant très bien du fond, sans oublier la chanson thème qui reste trop facilement en tête par la suite. La page de menu principal est animée et sonorisée, les autres sont fixes.
Cette première (courte) saison est accompagnée de nombreux suppléments. Il y a tout d'abord deux documentaires de production sur le tournage de la série : "The Puppet Masters" et "Toys Will be Toys : Animating Rick and Steve". Il s'agit en fait du même film séparé en deux parties. D'une durée d'environ 10 minutes, on y découvre les secrets de la série, comment sont fabriqués les personnages (on y découvre qu'ils sont bien plus grands que les jouets originaux) et comment le tout est animé, présenté en partie par Q. Allan Brocka lui-même. Puis quatre des acteurs qui prêtent leur voix se dévoilent un peu en vidéo (Peter Paige, Alan Cumming, Margaret Cho et Wilson Cruz), avec des extraits de leur travail. Puis, si vous trouvez que six épisodes c'est peu, alors ne manquez pas les douze "digisodes", qui sont simplement douze mini-épisodes d'environ deux minutes chacun, mettent en vedette en général seulement deux personnages dans un seul décor, et avec un seul sujet de discussion. Des bandes-annonces d'autres productions LGBT sont aussi disponibles.
Voilà un sujet qui peut effectivement ne pas plaire à tout le monde, mais je pense qu'il est important d'en connaître le plus possible sur le monde qui nous entoure, que nous soyons ou non concernés. Certes, "Rick and Steve" n'est peut-être pas la meilleure solution pour comprendre l'environnement gai et lesbien, mais il permet surtout de le faire de manière divertissante. Et surtout, n'oubliez pas de ne pas laisser traîner le DVD sur la table du salon. Les petits jouets sur l'image ont beau être amusants et inoffensifs, ils n'ont pas leur langue dans leur poche, et encore moins les attitudes. Il n'en reste pas moins que la présentation est drôle, colorée à tout points de vue, et d'une certaine manière très optimiste. C'est la base d'un bon divertissement.
| Film | 8 |
| Présentation | 7 |
| Suppléments | 7 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 8 |