Shark Tale
DreamWorks

Réalisateur: Bibo Bergeron, Vicky Jenson, Rob Letterman
Année: 2004
Classification: PG
Durée: 90 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51, DD20), Français (DD51), Espagnol (DD20)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres: 20
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Thierry Lacime
20 février 2005

Dans le monde de la mafia, on dit parfois à quelqu'un qui n'écoute pas et qui ne veut pas suivre les conseils du parrain, qu'il finira ses jours avec les poissons. Mais que dit-on quand justement le monde de la mafia est celui des poissons? Que l'on finira ses jours dans le plat d'un humain? Certainement...

Avant d'arriver au menu, nous devons d'abord digérer deux bandes-annonces de productions Dreamworks à venir. Nous ne nous en plaindrons pas vraiment, en tout cas dans mon cas, car j'avoue être bien impatient de ces nouveaux titres. Nous avons la bande-annonce complète de Madagascar, que Ben Stiller nous a déjà présentée en ouverture de Shrek 2. Ici, nous avons un peu plus de contenu et surtout nous pouvons mieux apprécier le contenu. Puis, nous avons un petit documentaire de présentation de moins de cinq minutes, sur un film qui devrait sortir en octobre 2005: Wallace et Gromit. Les amateurs reconnaîtront nos deux héros, Wallace et son chien Gromit, cette fois-ci au grand écran après de nombreuses sorties au petit écran. À surveiller donc de près. Précisons que ces deux avant-premières sont ici présentées avec une bande sonore française complète. Et si vous n'en pouvez plus de ce "hors-d'œuvre" obligé, la seule façon de le passer est de faire une avance rapide.

Dans un monde sous-marin civilisé, la vie s'affaire comme chaque matin dans les rues de la principale cité (qui ressemble beaucoup à Time Square). Les embouteillages du matin, les accrochages, les services municipaux... Mais la ville se protège aussi. Tout autour, règne la terreur en la personne du monde des requins et autres prédateurs sanguinaires, avides de chair de poisson bien tendre. Au milieu de cette fourmilière de vie aquatique, nous découvrons Oscar (Will Smith), un jeune poisson coloré qui vit de musique et de rêve de richesse. Il travaille au "Whale Wash" où sa collègue Angie (Renée Zellweger) rêve quant à elle simplement d'Oscar. Non loin de là, dans une sinistre épave de bateau, Don Lino (Robert de Niro) discute avec le patron du Whale Wash, Sykes (Martin Scorsese), de ses deux fils Frankie (Michael Imperioli (The Sopranos)) et Lenny (Jack Black). Don Lino pense qu'il est temps de passer la main, mais Lenny ne lui paraît pas encore prêt. Et pour cause: il déteste faire du mal à un être vivant. C'est mal parti pour un requin et encore moins pour le fils du parrain, Don Lino. Mais tout sera complètement modifié quand Frankie se tuera accidentellement en pourchassant Oscar, alors que ce dernier, par pure flatterie de l'ego, fera croire à tout le monde qu'il est le tueur de requins. Don Lino fera tout en son pouvoir pour supprimer celui qui a éliminé son fils.

La transposition d'une histoire de série noire dans ce monde de couleurs et de musique est une première trouvaille. Ensuite, prendre des acteurs aussi connus que De Niro et Scorcese et leur attribuer les rôles des méchants, c'est aussi très bon (De Niro ne semble pas du tout hors du contexte et Scorsese surprend par ce côté méconnu d'acteur). Que dire des nombreuses anecdotes qui fusent de toutes parts, comme celle du Titanic, qui semble être le lieu de villégiature de Don Lino (ne pas manquer le fameux dessin au crayon (légèrement modifié pour éviter la censure) de Rose par Jack, que Sykes vient ici transpercer de ses pointes. Les dialogues sont aussi parfaitement adaptés et surtout très bien rendus (dans la version originale principalement, mais les voix françaises étant celles habituellement attribuées à ces acteurs, nous sommes moins dépaysés).

On remarque aussi un déferlement d'images anecdotiques, de situations comiques avec références dans le monde humain, de jeux de mots (ne pas manquer les noms des étoiles genre "Hollywood Boulevard") et bien plus. Malheureusement, il y en a tellement qu'on en manque une bonne partie. Même la réalisatrice le fait remarquer dans le commentaire audio, à propos de panneaux qui ne sont même pas lisibles tellement ils passent vite à l'image. C'est dommage, car dans la deuxième moitié du film il y en a beaucoup moins, donc une impression de mauvais dosage. L'environnement très coloré et surtout bâti en hauteur (sous l'eau, il n'y a pas que le sol qui peut être construit), rend certaines scènes un peu fouillis, car nous ne pouvons pas tout voir en un seul passage. Nous pourrons aussi regretter, peut-être pour des questions de droits, qu'une des chansons thèmes, chantée par Christina Aguilera et Missy Elliot, "Car Wash", n'ait pas été modifiée en "Whale Wash", ce qui aurait été bien plus adéquat. On peut remarquer dans ce film que les jeunes poissons font beaucoup de graffiti un peu partout. Dans le commentaire audio, la réalisatrice fait remarquer qu'il y a, selon elle, un peu trop d'allusions à ce sujet et elle demande au jeune public de ne pas faire de graffiti dans la vie courante, que ce n'est pas bien.

Fidèle à son habitude, le studio Dreamworks nous livre là un produit extrêmement bien fini. L'image proposée dans cette version panoramique (il existe aussi une édition plein écran) est exempte de défauts, remerciements au support numérique d'origine. Les couleurs, très nombreuses, passent très bien et les nombreux effets de lumière du monde sous-marin sont superbes. J'applaudis à deux mains Deamworks, qui nous offre aussi sur ce DVD d'une part une version française en Dolby 5.1 (de France, avec certains acteurs faciles à reconnaître, tel que Patrick Timsit dans le rôle de Lenny et Eric Judor (du duo humoriste Eric et Ramzy) dans celui d'Oscar), un sous-titrage en français, mais aussi, chose très rare mais qui serait ô combien la bienvenue de façon plus régulière, le sous-titrage en français de la piste de commentaires audio. Bravo. Bravo. Et qu'on ne vienne pas dire que ça prend de la place sur le disque, ce n'est que du texte! Les menus sont interactifs et animés.

À l'image de son prédécesseur Shrek 2 (et surtout à l'image de la qualité des productions DVD de Dreamworks), la partie suppléments déborde pratiquement du disque. La plupart des segments suivants sont en fait des parties d'un documentaire complet. Notons que l'ensemble est sous-titré en français et en espagnol. Dans "Rough Water", nous avons des exemples de problèmes techniques lors de la conception de certaines scènes. Puis dans "Star Fish", on se focalise sur les acteurs derrière les personnages. Chacun d'eux nous donne une description de son personnage et on peut visionner des séquences d'enregistrements. Court, mais intéressant. On ne saurait parler d'un film de Will Smith sans parler de musique. C'est justement le cas du segment suivant "The Music of Shark Tale". Outre la fameuse chanson Car Wash, on y découvre aussi la participation de Ziggy Marley, qui prête sa voix à Ernie, l'une des deux méduses garde du corps de Sykes. Dans "A Fishified World", c'est l'ensemble de l'environnement qui est détaillé, tel que les paysages, les personnages secondaires, etc. Finalement, dans "Gigi The Whale", on assiste à une scène inédite où une baleine tueuse semble discuter avec l'équipe de production à propos de son personnage qui serait en fait tiré d'une vraie identité et que même De Niro le connaîtrait. Petit à côté humoristique et complètement dans l'esprit du film.

Dans la deuxième page du menu des suppléments, on trouve "A tour You can't Reef-Use" (notez le jeu de mots), nous avons accès à un important stock de matériel utilisé durant la production du film. Je vous suggère fortement un arrêt aux panneaux que l'on peut voir en ville dans la section "Downtown". Il est dommage que certains dessins au crayon ne soient pas très visibles. C'est sur cette page que l'on peut aussi choisir d'entendre la pise de commentaires des réalisateurs Vicky Jenson, Rob Letterman et Bibo Bergeron. Ils ne suivent pas toujours le déroulement du film, mais leurs propos sont souvent intéressants, mais aussi parfois inutiles. J'en parle aussi à d'autres endroits dans cette critique. Le lien "Cast" nous envoie sur une page qui nous permet d'avoir, sous forme de textes, de nombreuses informations sur la carrière des principaux acteurs. Dans le même ordre d'idées, la page "Filmmakers" nous permet d'en apprendre plus sur une partie de l'équipe technique. Pas moins de 21 personnes y sont référencées.

Non, non, ce n'est pas fini. Il y a une partie "Dreamworks Kids". Tout d'abord, dans "Club Oscar", nous pouvons visionner un clip vidéo spécialement produit pour l'occasion et surtout possédant une version française complète. Délirant. Si cela vous a plu, vous pouvez même apprendre les pas de danse dans le segment "Get Your Groove On!", lui aussi entièrement doublé en français. Dans "Fin-Filled Scenes", on peut accéder directement à certaines scènes clés du film, selon leur thème. Et dans "Rock The Reef", ce sont les parties avec des plages musicales qui sont ainsi accessibles, sans oublier un lien vers le clip vidéo complet de la chanson Car Wash avec Christina Aguilera et Missy Elliot. On continue avec "Must Sea Games" (toujours les jeux de mots) où trois petits jeux amusants sont disponibles, comme savoir y déguiser Lenny, comprendre le cycle des aliments de la mer et même faire quelques paris.

La partie DVD-ROM, qui s'active dès l'insertion du DVD dans un lecteur compatible d'ordinateur, risque de faire un peu de mal à vos cartouches d'encre (si possible de marque HP comme indiqué). Il s'agit en effet principalement de modèles imprimables reprenant les personnages et les situations du film ainsi que des documents spécifiques au "Club Oscar". Le choix est impressionnant et surtout les modèles sont superbes. De quoi se laisser tenter, même si on n'a pas vraiment besoin du produit imprimé (il y a même des "magnets" à imprimer sur du papier spécial avec surface magnétique ou encore des transferts pour chandails et même un mini théâtre de marionnettes en papier ou des sous-verre du Club Oscar ). Des liens Internet vers Dreamworks Kids et vers le site du film sont aussi disponibles.

Un bonus caché (quelque part sur la page principale du menu, vers le haut, à gauche, vous trouverez bien) nous permet de voir des planches de travail colorées qui ont servi à la préparation du film.

Avec un DVD aussi rempli, difficile de faire la fine bouche. Même si le film en lui-même n'est pas à classer dans les chefs d'œuvres, il mérite amplement plusieurs visionnements pour essayer de capter toutes les anecdotes ou les jeux de mots qui y sont insérés. Et c'est malgré tout un bon divertissement. Quant à la partie suppléments, c'est presque trop, même si ce n'est pas tout pertinent. Il y a de quoi occuper le jeune public un bon moment, principalement avec le Club Oscar et ses pas de danse. À posséder donc et à ranger près de votre collection Shrek, en attendant Madagascar et Wallace et Gromit.


Cotes

Film7
Menu7
Suppléments10
Vidéo8
Audio8