Valiant
Buena Vista Home Entertainment

Réalisateur: Gary Chapman
Année: 2005
Classification: G
Durée: 76 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51), Français (DD20), Espagnol (DD20)
Sous-titres: Anglais
Nombre de chapitres: 20
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Martin Gignac
29 décembre 2005

2005 n'aura certainement pas été l'année de l'Oncle Disney sur le plan des dessins animés. Avant de voir Chicken Little mordre la poussière en copiant beaucoup trop Shrek, l'autre oiseau, "Valiant", laissait tout le monde indifférent malgré un sujet au potentiel illimité.

Valiant (voix de Ewan McGregor dans la version originale) est petit, mais il aimerait être grand. Ainsi, il pourra suivre ses idoles de pigeons britanniques qui survolent les champs de bataille de cette Deuxième Guerre mondiale qui s'éternise pour pouvoir livrer des informations aux forces des Alliés. Grâce à moult tactiques, il arrive à se faire engager et, surtout, à survivre à l'entraînement. À l'aide de comparses qui se chamaillent tout le temps et de son ami Bugsy (Ricky Gervais) qui pue énormément, il est prêt pour le grand test. Non seulement il doit se rendre en France pour cueillir un message, mais il doit le ramener en Angleterre le plus tôt possible. Sur son chemin de retour, il rencontre le très méchant faucon nazi Von Talon (Tim Curry) qui va lui mettre de nombreux bâtons dans les ailes.

En s'inspirant de la réalité (il y a eu plusieurs animaux pendant la guerre qui ont occupé des mandats difficiles grâce à des comportements héroïques), les opportunités étaient légions pour ce Valiant de surprendre son auditoire tout en le faisant rigoler au passage. Cependant, en partant de cette thématique peu connue, les scénaristes ne se sont pas beaucoup creusé la tête. Au lieu de faire découvrir des pans d'histoire à une nouvelle génération, le scénario vacille constamment dans les lieux connus, les stéréotypes d'usage et les idées mal développées. Les gentils sont presque parfaits, les méchants sont seulement diaboliques, les souris françaises sont plutôt stupides et elles ne se gavent que de fromages, etc. Pour démontrer une nation en guerre, il y a un tube d'Édith Piaf (le même que dans des récits identiques) qui se fait entendre... Pourquoi toujours la même rengaine?

Surtout qu'il y a de sévères longueurs au sein de ce récit qui dure seulement 76 minutes. L'humour est parsemé et ne fait pas toujours mouche. Après des débuts prometteurs, l'histoire se détériore grandement dans l'habituel camp d'entraînement pour héros plus grands que nature. Le rire n'est pas rare, mais il n'est pas très profond non plus. Ces séquences lorgnent davantage vers Armageddon, également produit par Buena Vista. Surtout avec cette entrée dans le "véhicule de la mort". Par la suite, c'est la transformation du protagoniste en leader, le choix entre la mission ou l'amitié et un combat final plutôt réussi qui se termine abruptement. Après les exploits grandioses de Chicken Run, ceux de "Valiant" paraissent bien pâles.

Autant l'intrigue tombe rapidement à plat, autant les images de cette première réalisation de Gary Chapman sont grandioses. L'animation est très fluide, alors que le souci du détail est prodigieux. Quant au transfert sur DVD, il est époustouflant. Les couleurs ne se mélangent pas et les teintes sont très précises. Mis à part un générique plutôt difficile à lire, il n'y a aucun autre problème au niveau des artéfacts. Cependant, de grosses interrogations surgissent lorsque le mot sous-titre vient à l'esprit. Peu importe la langue choisie, il est pratiquement impossible d'obtenir des sous-titres en français ou en espagnol. Le choix de ces dialectes est présent, mais en les sélectionnant, il y a très peu d'inscriptions qui apparaissent au bas de l'écran. Dommage. En contrepartie, les sous-titres anglais sont d'une facilité déconcertante à lire.

Presque aussi époustouflant est le rendu sonore. Déjà que la musique est un des éléments les plus humoristiques de cette animation, les pistes audio présentes recréent parfaitement les atmosphères de guerre avec les vols planés et les rafales de mitraillettes. Les bruits sortent aisément des enceintes arrière dans la version 5.1 (anglaise, bien entendu), mais celles 2.0 (en français ou en espagnol) demeurent également efficaces. Heureusement, tout ce son n'enterre jamais les voix qui sont faciles à reconnaître. À ce sujet, l'écoute de "Valiant" devrait se faire uniquement dans la langue de Shakespeare qui bénéficie des talents vocaux de vieux routiers comme Tim Curry, John Hurt et John Clesse. Car contrairement à ses habitudes, Disney n'a pas doublé cette animation au Québec. La co-production avec le Royaume-Uni devrait expliquer ce choix, mais il ne l'excuse en aucun cas. Dans la version traduite, les jeux de mots sont généralement ratés et l'accent britannique assez faussé.

La pochette de ce dessin animé a été très soignée. Plusieurs des personnages principaux s'y retrouvent et les couleurs sont chatoyantes. Le menu principal du DVD, tout aussi étincelant, offre un panneau routier de propagande où le spectateur peut regarder le film, choisir une scène en particulier ou changer la langue. Du côté des suppléments, c'est étonnamment mince. À deux endroits différents ("Sneak Peeks" et "Fast Play"), de nombreuses bandes-annonces de films sortis (ou non) sont disponibles. Outre cette publicité, il y a un jeu assez simple qui se divise en trois étapes, le but étant d'éviter que notre pigeon préféré fasse trop d'erreurs. Pas trop difficile. Il y a également des scènes ratées ("bloopers") créées uniquement pour ce DVD. Mais lorsque celles-ci ne sont pas intéressantes et qu'elles dépassent à peine les deux minutes, il y a un sentiment de vol qui plane très rapidement.

Superbe animation au récit édulcoré et sans grande imagination, il est très difficile de vraiment apprécier Valiant. C'est gentil, mignon, mais quelle œuvre supérieure cela aurait pu être! Lorsque c'est inscrit en gros que ce dessin animé provient du producteur de Shrek et Shrek 2, cela augure mal. Le producteur n'est-il pas la personne qui avance les fonds et qui, généralement, ne connaît pas grand-chose au septième art?


Cotes

Film5
Présentation8
Suppléments4
Vidéo9
Audio8