Wizards
20th Century Fox

Réalisateur: Ralph Bakshi
Année: 1977
Classification: PG
Durée: 80 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DDST, Mono), Espagnol (Mono)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres: 20
Nombre de disques: 1 (DVD-9)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Alexandre Martin
8 juin 2004

Ralph Bakshi est considéré par les amateurs d'animation comme une légende, sans, malheureusement, que son succès ne lui procure jamais la notoriété à laquelle il aurait eu droit. Son oeuvre la plus célèbre est sans doute l'adaptation du roman de Tolkien Lord of the Rings; projet qui, à ce jour, reste incomplet puisque seule la première moitié du récit a été complétée (il est facile de prédire que la seconde ne verra jamais le jour...). Bakshi est aussi très connu du monde des comics du fait qu'il a grandement contribué à la conception des premières séries animées de Marvel, celles diffusées dans les années 60 (entre autres Spider-Man, Hulk, Namor the Sub-Mariner, Captain America et Iron Man). Un peu plus récemment, on a pu voir ses oeuvres à la télévision, par exemple la série "Mighty Mouse". C'est lui aussi qui est responsable du film semi-animé Cool World, réalisé dans la foulée de Who Framed Roger Rabbit. Un autre succès de Bakshi est certainement le film Fritz the Cat qui, à l'origine, a été classé X, fait plutôt inusité pour un dessin animé. Son film subséquent, Heavy Traffic, a lui aussi hérité de la même cotation. C'était donc dans le but avoué de prouver qu'il était aussi capable de réaliser des films pour un public de tout âge que Bakshi s'est lancé dans la conception et la réalisation de "Wizards".

Dans "Wizards", on nous présente l'histoire "potentielle" de notre civilisation. Deux millions d'années dans le futur, la Terre commence à peine à se remettre d'une terrible guerre nucléaire. Quelques humains sont encore en vie: certains, vivant dans les zones plus fortement irradiées, ont subi d'horribles mutations et se sont transformés en des créatures viles et hideuses, alors que d'autres se sont développés plus normalement. On assiste même à une réémergence des races disparues des nains et des elfes. Ainsi, dans ce monde hétéroclite et postapocalyptique, deux frères jumeaux sont nés d'une reine: Avatar, appartenant à la race des humains, est un bon et compatissant magicien alors que Blackwolf, un mutant, est un méchant et psychopathe sorcier. S'en suivra donc une longue rivalité entre les deux frères, qui culminera en une guerre entre deux peuples. Ce conflit, s'étalant sur près de 3000 ans, opposera donc les artisans de la magie aux tributaires de la technologie.

À sa sortie en mai 1977, le film, produit par Fox, avait eu un certain succès; d'ailleurs, voulant tirer parti de l'engouement engendré par ce dessin animé, Disney en avait même profité pour ressortir Fantasia simultanément. "Wizards" tint bon, mais seulement pour deux semaines, c'est-à-dire jusqu'à la date de sortie historique d'un autre film de Fox, devenu depuis légendaire: Star Wars. Ainsi, le succès de "Wizards" fut bien vite éclipsé, et le film sombra presque dans l'oubli. L'ironie étant ce qu'elle est, il est amusant de noter que Mark Hamil tient un tout petit rôle dans "Wizards"...

Malgré que "Wizards" soit souvent catégorisé comme un film pour enfant, il est important de spécifier qu'il s'adresse en fait à un public de tout âge. Les histoires peuvent facilement être interprétées à plusieurs niveaux et chacun peut y retrouver ce qu'il y cherche. Les intéressantes questions philosophiques sur la société, la mythologie ancienne et les rapports technologiques peuvent sans aucun doute plaire à un auditoire adulte alors que le côté fantastique de l'histoire, ainsi que les scènes d'action (même si minimalistes!) sont d'intérêt pour les plus jeunes. Bref, réellement un film pour toute la famille.

Une des particularités stylistiques de Bakshi est l'utilisation d'une technique d'animation appelée rotoscopie qui consiste à tracer l'animation directement sur de vrais personnages au préalable filmés. C'est d'ailleurs cette technique qui avait été vertement critiquée par le public lors de la sortie de Lord of the Rings. La technique, même si elle est très économique autant en temps qu'en argent, n'est malgré tout pas dénuée d'intérêt artistique. On peut concéder que pour The Lord of the Rings, l'usage avait peut-être été abusif; par contre, dans le cas de "Wizards", ce n'est nullement le cas. Employé avec retenue, l'effet ajoute grandement à la fluidité de l'histoire, et est employé dans des endroits précis, par exemple lors des transitions entre des scènes, ou lors de certains combats.

Pour ce qui est de la technique, l'aspect visuel du DVD est plus qu'acceptable, sans toutefois être exceptionnel. Les couleurs sont vives et les tons de noirs sont bien gradés, sans blocage. Par contre, la vieillesse du matériel source est souvent bien visible, et c'est principalement les arrière-plans qui en souffrent. On note aussi une bonne dose d'égratignures et poussières sur la pellicule. Une restauration beaucoup plus exhaustive aurait été nécessaire, telle que celle réalisée pour Akira, mais le succès potentiel et passé de "Wizards" est loin de justifier un projet de cette envergure.

Du côté sonore, on nous propose deux pistes dans la langue originale anglaise, une mono et l'autre stéréo. La différence entre les deux pistes n'est pas percutante, loin de là. Les dialogues, même si toujours intelligibles, sont parfois un peu monotone. La musique est quant à elle bien présente et bien intégrée au mixage. C'est d'ailleurs uniquement à cet égard qu'il est possible de faire la différence entre les deux pistes anglaises. Évidemment, les limitations de l'époque viennent grandement contribuer à ce manque de dynamisme en intensité. Le même constat peut-être fait au niveau des fréquences extrêmes qui sont pratiquement absentes.

En guise de suppléments, on retrouve pour commencer un excellent interview de Ralph Bakshi. Dans ce segment d'une trentaine de minutes, il nous raconte les circonstances de la création de "Wizards", en plus de parsemer son récit d'une foule d'anecdotes amusantes. Dans la même lignée, on nous propose aussi une piste de commentaires lors de l'écoute du film. Celle-ci est tout aussi intéressante, mais un peu plus technique. On nous propose ensuite une série de dessins de productions et scénarimages. Finalement, un spot publicitaire et deux bandes-annonces viennent compléter cette section de suppléments. Les menus du DVD sont muets et statiques, avec, en arrière-plan, le même dessin que sur la pochette du DVD.

Les amateurs d'animations ne pourront pas s'empêcher de vouloir découvrir cette importante oeuvre du cinéma animé; espérons que cette sortie DVD sache redonner un peu de visibilité à un film auquel le destin a joué un bien vilain tour. En terminant, il est amusant de noter que la date de sortie du DVD est la même que celle de la version de Peter Jackson de Lord of the Rings: The Return of the King. Il est difficile de nier l'existence de la loi de Murphy dans ces conditions...


Cotes

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Vidéo6
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