Color of the Cross
20th Century Fox

Réalisateur: Jean-Claude La Marre
Année: 2006
Classification: PG
Durée: 89 minutes
Ratio: 1.78:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres: 24
Nombre de disques: 1 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Martin Gignac
13 janvier 2007

Une excellente idée fait rarement un bon film et malgré sa prémisse plus qu'ingénieuse, "Color of the Cross" peine à captiver pendant 80 petites minutes. Même les gens qui ont la foi devront s'accrocher à leurs convictions pour ne pas abandonner avant la fin.

La thèse proposée par ce long-métrage biblique est que Jésus a été crucifié parce qu'il était noir. À partir de ce postulat intrigant, le réalisateur, producteur, scénariste et même musicien Jean Claude Lamarre pond la même histoire que d'habitude. Le Messie (également incarné par Lamarre) et ses douze apôtres discutent de l'existence et du sens de la vie. En parallèle, des rabbins ne s'accordent pas sur le sort réservé à ce "faux prophète". Après une longue période de tergiversation, les Romains retrouvent finalement l'être de tous ces maux et ce dernier se retrouve rapidement crucifié.

Les rumeurs entourant la mort de Jésus se multiplient depuis le célèbre Da Vinci Code. Cherchant à profiter de la manne et de créer un nouveau scandale, un cinéaste peu talentueux l'imagine de couleur noire. Il l'entoure même d'une famille, de frères et de sœurs, tout en proposant des liens pas toujours honnêtes entre ces figures dites historiques. Ainsi, il y aurait eu des relations ambiguës entre Marie Madeleine et Judas! Manque de bol pour son créateur. "Color of the Cross" ne prend jamais l'affiche officiellement et son sujet passe complètement inaperçu.

D'un côté, c'est un peu dommage. Cette idée, aussi tirée par les cheveux que possible, n'est pas totalement irrationnelle et elle apporte de nouveaux éléments de réflexion. Pourtant, le traitement aurait mérité d'être beaucoup plus vivant. Pendant tout le film, Jésus parle à ses disciples en leur demandant d'être tolérants et bienveillants. Il pousse même l'audace à dire "si seulement l'humanité embrassait ce qui est différent" en flattant un mouton... foncé. Pour la subtilité, il faudra repasser. Ces messages continuels, ce symbolisme lourdaud et le rythme lent incroyablement ankylosé ne peuvent qu'handicaper le résultat final.

Dès qu'il y a une séquence qui sort de l'ordinaire, le talent plus que limité des comédiens vient annuler cet exploit. Aucun des protagonistes n'est particulièrement charismatique et le Jésus campé par Lamarre est incroyablement fade et sans saveur. Vers la fin, lorsque la tension atteint son apogée, le fils de Dieu se fait capturer. La scène suivante le montre en sang sur la croix. Le budget a-t-il manqué à ce point pour que ces évènements primordiaux ne soient pas montrés à l'écran?

Le fait que tout le monde parle en anglais peut irriter en ces temps si anciens. Au moins, le langage des personnages demeure compréhensible et en cas de nécessité, il y a des sous-titres anglophones, espagnols et francophones pour aider au besoin. L'ambiance sonore est développée correctement et les enceintes proposent des bruits de chevaux et d'oiseaux. La musique orchestrale berce pendant les dix premières minutes avant de saouler par son omniprésence. Les images précises offrent des détails plus que louables ainsi que des éclairages pertinents. Sans étonner outre mesure, les décors et les costumes demeurent de circonstance. Le niveau des contrastes n'est malheureusement pas parfait et des instants très sombres succèdent à des scènes beaucoup plus blanches.

Dans son approche, la pochette de cette œuvre religieuse est sobre. Il y a un homme sur une croix dans une brume perpétuelle. Le titre est bien entendu écrit en rouge sang. Le menu principal du DVD, qui reprend sensiblement la même thématique, demeure statique et sans musique, avec des icônes difficiles à déchiffrer. Outre le produit final, il y a un documentaire superficiel sur le tournage. Le réalisateur et des comédiens parlent de leurs expériences sans rien amener de bien nouveau sur le sujet. Onze minutes un peu trop drabes.

Il ne fallait pas un miracle pour sauver "Color of the Cross" de l'ennui. Mel Gibson utilisait la violence dans son douloureux The Passion of the Christ, alors que plusieurs classiques du genre ont eu recours à des interprètes chevronnés ou à des visions de réalisateurs expérimentés. Un peu comme dans The Nativity Story, il n'y a rien de tout cela ici. C'est presque la même salade qui est servie et les particularités du scénario perdent de leur saveur à cause des messages de paix et d'amour. Amen.


Cotes

Film4
Présentation3
Suppléments2
Vidéo7
Audio7