Les films religieux semblent se multiplier en cette période sombre et instable où la violence est légion. Après les communions un peu trop suffocantes de Woman Thou Art Loosed et Color of the Cross, place à celles de "One Night With the King", toujours distribuées chez 20th Century Fox. Même message, un peu plus d'action cette fois.
La jeune et jolie Hadassah (Tiffany Dupont) a été choisie pour épouser le puissant roi Xerxes (Luke Goss). Pour se faire, elle a dû cacher ses racines juives, car les gens de son peuple sont discriminés du reste de la société. Lorsque la reine apprend que des personnes importantes seront victimes d'attentats meurtriers, elle devra choisir entre se taire ou tout avouer. Au risque de sa vie, elle choisit la deuxième option. Passer outre le "protocole" est une donnée rare et seule la foi la plus virulente pourra s'en sortir avant d'abandonner.
Cette transposition du livre Hadassah de Tommy Tenney et Mark Andrew Olsen souffre de ses bonnes intentions. En voulant prêcher contre le racisme, pour la tolérance et en donnant le rôle principal à une femme, le cinéaste Michael O. Sajbel ne peut éviter les paraboles évidentes et le symbolisme appuyé. Tout est prétexte à prier, à garder espoir en l'avenir et à multiplier les efforts. Une prise de position moralisatrice qui est loin d'être avantageuse chez les gens qui sont le moindrement athées.
Afin d'éviter le pire, le réalisateur de The Ride s'offre une mise en scène musclée et tapageuse, en rupture presque complète avec son sujet. Le film semble passer assez rapidement et l'ennui n'est jamais présent très longtemps. Fallait-il pour autant saturer le montage de ralentis navrants aussi répétitifs qu'assommants? C'est bien beau montrer un plan sous douze formes différentes, mais c'est vain si cela n'aide nullement le récit. C'est malheureusement le cas à de multiples endroits. Quant à cette narration qui explique tout de A à Z, un peu de mystère n'aurait pas fait de mal.
L'interprétation connaît également beaucoup de ratés. Les noms de Peter O'Toole et d'Omar Sharif sont inscrits en grosses lettres sur le boîtier. Pourtant, leur rôle est si limité que cette méthode sent le tape à l'œil indigeste. En héroïne éplorée, Tiffany Dupont est beaucoup trop moderne. La candeur de son Hadassah cadre mal à cette actrice qui semble souvent jouer dans un autre film. Elle est néanmoins plus convaincante que la majorité de la distribution masculine qui s'imagine à tort que l'habit fait le moine.
Sur le plan technique, c'est toutefois le cas. La reconstitution d'époque n'est pas formidable, mais les décors sont suffisamment jolis pour éviter les arômes artificiels. Les images baignent dans des reflets dorés savamment agencés et les couleurs s'expriment dans de nombreuses palettes. La piste sonore anglophone en Dolby Digital 5.1 est tout aussi luxueuse. De multiples sons comme l'argent qui tombe ou le feu qui brûle sortent des différentes enceintes pour mettre un peu de vie au sein de cette trame narrative un peu mince. Si les voix sont généralement très audibles, quelques accents trouble-fêtes peuvent ruiner un dialogue. À cet effet, il y a des sous-titres blancs en anglais et en espagnol qui sont tout à fait recommandables.
Même la pochette n'est pas totalement imbuvable. Elle montre une femme ouvrir deux lourdes portes pour se retrouver devant une foule. Le menu principal du DVD reprend ce style légèrement dessiné. Cette fois, il représente les personnages campés par Dupont et Goss. C'est intéressant... il ne manque qu'une musique et qu'une animation pour convaincre réellement. Une fois le visionnement de l'œuvre, il n'y a pratiquement rien d'autre en guise de suppléments qu'une bande-annonce de Passion of the Christ : Definitive Edition. Était-ce réellement nécessaire?
Dans sa forme et même au sein de son scénario, "One Night With the King" avait du potentiel. C'est toujours navrant de constater que des décors convenablement recréés et qu'un réalisateur moyennement talentueux ne peut absolument rien contre un casting insensible et des morales soulignées au gros crayon feutre noir. En privilégiant les thématiques au détriment d'un fond plus global, c'est pratiquement impossible de faire un bon film. Voilà un énième exemple qui ne pourra intéresser que des fervents adeptes religieux.
| Film | 4 |
| Présentation | 2 |
| Suppléments | 1 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 7 |