"The Ten Commandments" du réalisateur Cecil B.DeMille est un monument épique du cinéma américain, tout autant dans sa réalisation que l'impact sur les gens qui le voient. Il faut dire que DeMille avait de la pratique sur le sujet étant donné que ce film est un "remake" de la première partie de son propre film qu'il avait tourné en 1923 (et en couleur expérimentale SVP!). La seconde partie de ce film nous montrait comment les commandements sont appliqués dans le monde moderne de San Francisco à l'époque. Dans la nouvelle version, dernier film avant sa mort, DeMille nous parle seulement de l'histoire de Moïse, mais sur une longueur de 220 minutes! Mais ce trois heures quarante passent très rapidement. Vous vous rendez compte du temps passé seulement lorsque l'on vous demande d'insérer le second DVD du film!
Ce spectacle monumental raconte l'histoire de Moïse (splendidement joué par Charlton Heston), de son plus jeune âge lorsqu'il est recueilli sur les eaux du Nil par la fille du Pharaon d'Égypte Séthi (Sir Cedric Hardwicke), Bithiah (Nina Foch), devenant prétendant au trône (et la princesse du trône Nefertiri – jouée par Anne Baxter) jusqu'au jour où il découvre son origine hébraïque (les esclaves du Pharaon). Ce secret découvert fait le bonheur de Ramsès (l'excellent Yul Brynner), le vrai fils de Pharaon, qui était sérieusement jaloux de son Moïse. Séthi, dévasté de cette nouvelle, demande à Ramsès de le punir. Il envoie donc Moïse dans le désert avec seulement une ration d'eau et de pain. Il profitera ensuite pour prendre sa place sur le trône.
Dans son exil, Moïse reste miraculeusement en vie et après avoir traversé le désert se retrouve hébergé chez des bergers où il marie l'aînée de la maison et a au cours des années un fils. Un jour qu'il reçoit la visite d'un ami qui s'était sauvé de l'esclavage, il se sent attiré sur le mont interdit du Sinaï où il trouve le dieu sans nom des Hébreux sous la forme d'un buisson ardent. Celui-ci lui explique de retourner en Égypte pour libérer son peuple. Cette rencontre le change autant physiquement que moralement. Moïse retourne donc sur sa terre d'origine et tente de convaincre le tout puissant Pharaon Ramsès de laisser partir son peuple. À son refus, il lui montre la puissance du dieu des Hébreux avec une série de malédictions et de cataclysmes (une invasion d'insectes, un Nil ensanglanté, une pluie de grêle enflammée, etc). Il offre à Ramsès de choisir la dernière malédiction et celui-ci choisit de faire tuer tous les premiers-nés d'Égypte, sans penser que son propre fils y passera aussi. Ramsès abandonne et laisse les esclaves partir. Après réflexion, il décide de les poursuivre avec ses soldats armés jusqu'aux dents et se venger. Les Hébreux sont rendus à la mer Rouge que Moïse séparera avec l'aide de Dieu et refermera sur les Égyptiens (une scène classique du cinéma en général). Après cela, Moïse ira au mont Sinaï où Dieu sculptera ses dix commandements et mènera son peuple à la rivière Jourdain, la terre promise.
Ce film qui sort tout droit d'une autre époque vous impressionnera tout d'abord par ses effets spéciaux hallucinants (pour 1956). Aujourd'hui dans notre univers numérique, tout cela serait facile à faire, mais ici tout est fait par optique et a obtenu très facilement son Oscar. Ensuite, les décors majestueux, les costumes et acteurs vous raviverons les uns à la suite des autres. Charlton Heston et Yul Brynner ont des rôles à la hauteur de leur caractère et que dire d'Anne Baxter dont le personnage traite tout ce qui est sur son chemin avec une telle froideur, sans toutefois obtenir ce qu'elle désire le plus. Les autres acteurs et figurants offrent également des prestations passionnées toutes aussi excitantes d'un certain réalisme saisissant.
Le film est photographié en VistaVision avec le procédé Technicolor qui donne d'excellents tons de couleurs plus belles que vraies, offrant un panorama digne d'une fresque de l'époque. Le directeur de la photographie, Loyal Griggs, a fait de l'excellent travail. Le transfert sur DVD a également bien été exécuté. Quoique pas le meilleur transfert que j'ai vu, mais généralement bon. Il manque un peu de précision à l'image dû à la quantité de détails se retrouvant dans chacune des scènes, mais cela vient probablement du matériel source qui est tout de même âgé. La piste sonore est de ce qui a de plus standard, n'offrant ambiophonie que pour la musique.
Comme suppléments dans cet ensemble, nous retrouvons d'abord directement dans le film les séquences musicales d'ouverture, d'entracte et de fin du film telles que présentées à l'origine. Aussi, nous avons une introduction du réalisateur Cecil B.DeMille qui nous explique un peu sa vision du film. Durant le film, nous pouvons écouter les commentaires de Katherine Orrison, auteure du livre Written In Stone: The Making Of The Ten Commandments dans lequel elle a mis sept ans de sa vie dans les années 80, donc connaît bien la matière. Elle est très très intéressante et vous n'aurez aucun problème à réécouter le film dans toute sa longueur!
Un documentaire en six parties nous fait part des commentaires des acteurs et gens de la production survivants par rapport au réalisateur, la production en Égypte, la production à Hollywood et la musique, le tout accompagné de photos et vidéo d'époque, avec une foule d'anecdotes très comiques. Suite à cela, nous avons un newsreel de la première de New York et trois bandes-annonces (datant de 1956, 1966 et 1989) dont une ressemble plus à un "making-of" qu'une bande-annonce.
Le film est spécialement intéressant dans les alentours de la fête de Pâques (dont la date de sortie de ce film) pour nous ramener un peu dans un air religieux et nous faire réfléchir un peu de notre part dans notre religion. Même si vous êtes athées, rien de vous empêche de visionner le film pour son impressionnant caractère technique.
| Film | 8 |
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| Audio | 7 |