Le film "Time Changer" m'a eu directement avec sa bande-annonce. Imaginez l'histoire d'un professeur de bible, Russell Carlisle (D. David Morin), qui a écrit un livre concluant que la moralité enseignée par Jésus peut être appliquée sans dire qu'elle vient du christianisme. Tous ses pairs sont d'accord, sauf Norris Anderson (Gavin MacLeod) qui affirme que cela serait comme parler de l'œuvre de Shakespeare sans citer son auteur. Carlisle est totalement hors de lui à savoir que l'homme qui l'a toujours supporté dans ses ouvrages antérieurs se butte à quelques lignes de son nouveau livre. Il faut dire qu'Anderson souffre d'une maladie quelconque qui commencerait selon les mauvaises langues à attaquer son bon sens. Anderson voudrait que Carlisle vienne le rencontrer le soir chez lui pour en discuter, mais Carlisle s'y entête pour vraiment aucune raison.
Finalement, Carlisle accepte l'invitation et découvre qu'Anderson a une machine à voyager dans le temps (on est en 1890 en passant) et l'envoi 100 ans en avant afin de prouver son point. C'est là que tout le talent d'acteur de David Morin jouant le rôle d'une personne qui n'a jamais rien vu du modernisme du vingtième siècle, mais cela s'arrête là, car il ne grince pas des dents lorsqu'il voit des valeurs sociales tout à fait différentes de celles de son époque et s'adapte trop facilement à son environnement. Plusieurs histoires parallèles viennent se greffer à la principale, offrant un film qui devrait plaire à tous. Il y a celle d'Eddie Martinez (Paul Rodriguez), un propriétaire de buanderie qui n'a pas le temps pour l'église, Michelle Bain (Jennifer O'Neill), une frustrée d'Hollywood qui a ouvert son cœur à Jésus et deux "Chrétiens" (Tom (John Valdetero) et Rex (Dan Campbell) - ce dernier est policier en plus) qui suspectent Carlisle de cacher sa vraie raison d'être dans la ville. En plus, il voit que les gens qui vont à l'église sont beaucoup plus là pour les activités que pour Dieu. En général, il trouve que la morale en générale s'est bien écroulée dans ce futur, évidemment en le comparant à son monde idéal 1890 (qui ne reflétait pas en partant la réalité commune de l'époque). Le réalisateur a peint une image de ce passé dénué de ses tords qui était socialement acceptés. Les faits ne disparaissent pas même si nous les ignorons.
Ce film m'a un peu surpris lorsqu'il s'est mis à blâmer le cinéma, le média même sur lequel il se trouve, et Hollywood en général. L'actrice Jennifer O'Neill n'y va pas de main morte (elle n'a pas tourné dans un film depuis?) en glorifiant les censeurs d'autrefois qui décidaient pour tout ce que nous pouvions voir ou non selon leur discrimination sociale. Mis à part cela, le film vient à la somme que l'absence de la peur de Dieu mène à la dégénération de l'humanité, que la morale sans l'explication qu'elle vient de Jésus lui-même ne peut qu'être interprétée différemment par chaque personne (par exemple qu'il y a des degrés de "tu ne voleras point" - une petite fille fait très bien la démonstration de cela au milieu du film). Bien des gens sont mal à l'aise devant un film chrétien, mais celui-là est bien plaisant à visionner.
Les films chrétiens, il y en a de toutes les formes et tous les sujets, mais habituellement sont courts et ne dépassent jamais plus que 50 ou 60 minutes afin de permettre leur visionnement dans les églises et la catéchèse. "Time Changer" innove avec sa longueur cinéma et son allure compétitionnant avec les films d'aujourd'hui avec une image panoramique, avec quelques effets visuels, une bonne cinématographie, un montage plaisant et un son ambiophonique certainement intéressant. L'image proposée pour ce film est bien propre, mais la compression MPEG n'a pas été faite avec les moyens hollywoodiens, laissant voir quelques artéfacts. Le son quant à lui, comme je disais un peu plus tôt, est enveloppant surtout avec la musique, mais aussi avec les effets spéciaux tels que le voyage dans le temps (dont le volume était un peu trop fort à mon goût). De toute évidence, tout le paquet a été mis en place pour rendre l'expérience d'un film chrétien effectivement plus plaisante. Le menu est statique, mais a des transitions lumineuses qui sont un peu trop longues, et finissent par tomber sur les nerfs.
Je suis surpris de la quantité et qualité de matériel supplémentaire qui se retrouve sur ce DVD. Il y a pour entrée une piste de commentaires avec le réalisateur et l'acteur D. David Morin, qui parlent des acteurs, des locations de tournage, des artisans qui travaillaient avec lui et "plug" son site web et ses autres films chaque fois qu'il en a l'occasion (pourquoi pas!). Ils sont intéressants et ont beaucoup de choses à dire jusqu'à la toute fin des crédits. Cela est suivi d'un documentaire assez complet sur la production qui redit pas mal ce qui se trouve dans la piste de commentaires, mais beaucoup plus en détails avec cette fois-ci avec des interviews d'autres acteurs et gens de la production. Le réalisateur nous parle encore une fois de son expérience avec une grande équipe, une première expérience pour lui qui lui a pris un peu de temps à s'adapter. Ensuite, il y a des bandes-annonce et deux scènes retranchées qui n'ajoutent absolument rien au film. Comme dernier supplément, le réalisateur nous fait part de sa carrière, de sa découverte de Jésus, de sa filmographie et de ses pensées sur le film lui-même.
"Time Changer" est une belle découverte parmi les films chrétiens qui parfois prêchent un peu trop sérieusement pour le public en général. Celui-ci a une bonne balance entre le divertissement et la bonne parole, qui pour son cas n'est pas du tout ennuyante et bien présentée.
| Film | 7 |
| Menu | 1 |
| Suppléments | 8 |
| Vidéo | 6 |
| Audio | 7 |