Images d'innocence et de pureté, les enfants ont constamment joué un rôle prédominant dans le cinéma d'horreur. Avant tout, dépeints comme des êtres sans défense, dont leur facilité de manipulation physique et mentale n'étant plus à prouver, ceux-ci ont toujours suscité de l'intérêt pour les esprits maléfiques désireux de revenir parmi les vivants. Démontrés comme des entités manipulatrices et ratoureuses, ces démons ont souvent utilisé les petits comme étant leur unique chance de pouvoir propager le chaos autour d'eux. Tout en transformant un enfant d'apparence inoffensif en un individu malveillant, le corps d'un bambin se révélait comme étant un véhicule leur permettant d'éviter tous soupçons de la part de leurs victimes. Parmi les films phares qui utilisaient ce concept, les films The Exorcist et The Omen ont marqué l'imaginaire des mordus de l'épouvante par leurs propos dérangeants et terrifiants. Devenus des films cultes dus à leur immense succès, ces derniers ont malheureusement influencé des milliers de productions d'une qualité très ordinaire, dont celles du remake The Omen ainsi que le décevant The Unborn. Malgré son thème éculé depuis des lustres, l'enfant redevient l'objet du mal dans le film "Case 39". Tourné en 2006, sa sortie en salle a été maintes fois reportée sans raison apparente pour enfin être à l'affiche des cinémas en 2010. Après un cuisant échec commercial, ce long métrage sort finalement sur les tablettes de nos magasins pour essayer d'emprunter le chemin du succès.
Convaincue d'avoir tout vu dans son métier, l'assistante sociale Emily Jenkins voit son existence transformée par sa rencontre avec Lilith Sullivan, une jeune fille âgée de dix ans dont elle soupçonne d'être maltraitée par sa famille. Tout en désirant sauver sa nouvelle cliente de son milieu hostile, notre héroïne déclenchera malgré elle une succession d'événements des plus horribles les uns que les autres qui l'amèneront à découvrir un secret à glacer le sang.
Composé d'une mise en situation expéditive en toute simplicité, le film "Case 39" du cinéaste Christian Alvart nous propose dès les premières minutes de son œuvre, tous les éléments afin de nous permettre de bien comprendre les enjeux de son récit et les motivations de ses personnages. Indiquant de cette manière que son visionnement ne demande en aucun cas de se creuser la tête pour bien comprendre l'action présentée à l'écran, cet aspect ne laisse malheureusement qu'une infirme possibilité de surprendre les spectateurs. Tout d'abord, dépourvu de complexité au niveau de ses personnages et de l'évolution de son récit, le tout demeure prévisible au maximum. Sans démontrer une dose de volonté à vouloir renouveler le style qui avait fait le succès de la franchise "The Omen", l'ensemble de ce film récupère plutôt les vieux clichés avec une certaine maladresse. Le film "Case 39" n'arrive simplement pas à nous camoufler le véritable caractère du personnage de Lilith Sullivan et par le fait même son aspect horrifiant. Agrémenté d'un scénario qui prend des détours inutiles afin de prolonger son intrigue, le tout se retrouve aux prises avec une multitude de scènes qui ne permettent malheureusement pas à faire avancer l'histoire. Également, pourvu de comédiens laissés à eux-mêmes, ces derniers nous offrent des interprétations inégales qui, au fur et à mesure que l'intrigue avance, elles transforment leur personnage respectif en véritable caricature. Toutefois, le tout demeure quand même divertissant grâce à son montage dynamique qui réussit avec un certain doigté à rehausser l'ensemble de cette production.
Du côté technique, la version Blu-ray du film "Case 39" s'avère surprenante grâce à sa capacité de reproduire adéquatement les détails ainsi que les couleurs. Ne procurant aucune présence apparente de grains ou d'un problème de contrastes, la qualité visuelle de ce produit est tout simplement excellente. Du côté son, la bande sonore DTS-HD Master Audio 5.1 lossless se démontre chaleureuse et profonde à cause de sa profondeur constituée de nombreux sons ambiants ainsi qu'une reproduction des dialogues conçus de manière naturelle afin d'offrir un très bon soutien à l'action présentée à l'écran. Toutefois, étant pratiquement le seul facteur qui réussit à injecter de l'épouvante à ce récit maintes fois vu, le son ambiant occasionne malheureusement des sursauts inutiles tant qu'il est utilisé en abondance, sans pour autant être pour les bonnes raisons.
Du côté de la section des suppléments, celle-ci nous procure différents courts segments au sujet de la production et des effets spéciaux qui se dénotent par un manque d'informations. Davantage axés sur la promotion de cette œuvre plutôt que de nous offrir une analyse en profondeur, le tout se révèle comme étant peu intéressant. L'ensemble se conclut par des scènes retranchées, lesquelles semblent être tout simplement d'un intérêt mitigé.
Tout en restant une production d'enfant-meurtrier des plus banales, "Case 39" est un film peu prenant qui accumule les clichés sans tenter d'étonner ses spectateurs.
| Film | 5 |
| Présentation | 7 |
| Suppléments | 4 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 8 |