Sorte de The Hangover pour quarantenaires, "Cedar Rapids" mélange adroitement amitié, rires et excès de toute sorte sans trop d'effets secondaires. Pas certain que le cinéphile se rappellera le tout après une nuit de sommeil, mais sur le coup ça se laisse regarder sans aucune difficulté.
Prenez Tim (Ed Helms), un agent d'assurance complètement inoffensif et sans envergure. Et plongez-le dans une conférence à Cedar Rapids où la compétition est féroce. Seul parmi les requins, il risque de se faire manger tout rond. Heureusement, il peut compter sur trois agents plus expérimentés (Anna Heche, John C. Reilly, Isiah Whitlock Jr.) pour venir à sa rescousse... ou l'enfoncer encore davantage.
Ed Helms connaîtra sans doute une enviable carrière comique, surtout s'il choisit bien ses films. Éternel acteur de seconds rôles qui n'a pu faire sa marque dans des longs-métrages douteux (Meet Dave, The Goods: Live Hard, Sell Hard), il a connu une célébrité insoupçonnée après le triomphe de The Hangover. Avec son physique banal et sa bouille sympathique, il rappelle Steve Carell, en moins hyperactif. Et le comédien est sans aucun doute un des meilleurs éléments de ce titre, campant à la perfection l'être naïf qui ne connaît rien à rien, tentant de tout surmonter avec sa bonne humeur contagieuse. En compagnie de la charismatique Anne Heche, de l'hilarant John C. Reilly et du pince-sans-rire Isiah Whitlock Jr., il forme un crédible groupe d'amis qui savent s'aider et se mettre dans le pétrin à la moindre occasion. Un quatuor qui est enrichi par la forte présence de Sigourney Weaver dans un délicieux rôle secondaire.
Reconnu pour ses premiers efforts qui prenaient des risques sans suivre les standards établis (Star Maps et surtout Chuck & Buck), Miguel Arteta signe ici un récit limpide, légèrement préfabriqué, mais qui mettra de bonne humeur si l'on fait abstraction de ses nombreux fils blancs. Sans être aussi en forme qu'il l'était l'année dernière avec son supérieur Youth in Revolt, le voilà s'attaquer au monde parfois hypocrite du travail. Avec ses gants blancs et malgré la présence au générique de l'irrévérencieux Alexander Payne (Election) dans la chaise du producteur, le créateur de l'intéressant The Good Girl ne cherche pas à pondre un pamphlet social de la situation. Au contraire, il reprend le schéma du lapin hors du chapeau, en l'occurrence le personnage de Ed Helms, qui apprendra à vivre réellement en s'essayant à l'alcool, à la drogue et à la tromperie. Sur le précipice de perdre complètement son âme, il apprendra la réelle vertu du bonheur, du travail et de l'amitié, ce qui donnera assurément un discours final moralisateur.
Les images bien fournies aux couleurs fidèles et aux contrastes minutieux sont dans le ton. Il fallait cependant s'attendre à quelque chose d'un peu plus spectaculaire pour l'édition Blu-ray. Les pistes sonores développées où ressortent aisément des applaudissements et des bruits de voix ne viennent jamais entraver les dialogues. Ces derniers s'entendent aisément et il y a de corrects sous-titres en cas de besoin.
Le boîtier nullement intrigant montre Ed Helms qui se force à sourire. Comme façon de vendre un produit, c'est un peu douteux. En plus d'un disque Blu-ray, le boîtier comporte une copie digitale. Le menu principal s'ouvre sur un expéditif montage de scènes et une mélodie dépaysante. Puisqu'il s'agit de "The Super Awesome Edition", les suppléments sont nombreux, mais il n'y a rien qui mérite réellement le détour. Entre les scènes supprimées potables, mais qui cassent le rythme au bêtisier d'usage, en passant par une présentation des personnages et des thèmes par les interprètes, un numéro sur les claquettes, l'analyse de deux séquences (la folle soirée droguée et le mariage de lesbiennes), une fausse publicité, une bande-annonce et des entrevues superficielles en compagnie de Miguel Arteta et du scénariste Phil Johnston, les bonus manquent de contenu.
Aussi agréable et substantiel que de la guimauve, "Cedar Rapids" est un plaisir à usage unique, une sucrerie qui ne reste pas entre les dents et qui sert uniquement à égayer sans se prendre la tête inutilement. Mieux vaut ça que The Dilemma, par exemple, ce qui est tout de même une bonne nouvelle pour les amateurs de comédies légères.
| Film | 6 |
| Présentation | 6 |
| Suppléments | 5 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 7 |