Première mise en scène de George Clooney, "Confesssions of a Dangerous Mind" se regarde toujours avec le même plaisir près d'une décennie après sa sortie en salles. Un heureux mélange de comédie et de drame qui n'a pas pris une ride.
Chuck Barris (Sam Rockwell) n'a qu'un rêve: être quelqu'un d'important. Il gravit les échelons de la télévision, devenant un producteur important et décrochant le cœur de la jolie Penny (Drew Barrymore). En parallèle de ses activités, il est embauché par un membre (George Clooney) de la CIA afin de remplir des contrats délicats. Pendant une de ses missions, il fait la rencontre d'une superbe agente (Julia Roberts) qui ne le laisse pas indifférent...
Reconnu pour ses réalisations politisées à saveur nostalgique ancrées dans l'américanité, George Clooney a débuté comme cinéaste avec "Confesssions of a Dangerous Mind", une savoureuse adaptation d'un roman de Chuck Barris. S'il est difficile de déterminer avec exactitude si cette histoire est fondée ou pas, ses qualités historiques et anthropologiques demeurent. Le séduisant comédien dresse un portrait implacable du rêve américain et de l'émergence de la télévision pendant quelques décennies importantes (les années 1950, 1960 et 1970) à l'aide d'une habile mise en scène stylisée ponctuée d'ellipses ingénieuses.
À la fois rigolo et sérieux, le récit se suit avec un sourire en coin, faisant des liens entre la perte de l'âme face à l'émergence du petit écran et le sacrifice d'individus lors de conflits qui les dépassent. De nombreux thèmes qui apparaissent en filigrane de cet essai pas aussi ambitieux que souhaité, qui demeure néanmoins bien plus qu'un bon divertissement. Tous fabuleux, les interprètes sont dominés par le jeu incendiaire de Sam Rockwell, qui ne fait pourtant jamais d'ombre à ses prestigieux camarades.
La musique à la fois rythmée, mélancolique et ponctuée de tubes populaires arrive à bien recréer l'époque. Les pistes sonores sont alertes, utilisant les différentes enceintes pour y faire ressortir des bruits d'applaudissements et de mélodies. Les voix sont fortes, les dialogues toujours audibles, et il est possible d'opter pour un honnête doublage francophone ou d'insérer de visibles sous-titres blancs. L'image solide et détaillée offre une vaste palette de couleurs qui varient selon les lieux et les décennies, ainsi que des teintes extrêmement précises. Les contrastes ont toutefois tendance à manquer légèrement d'homogénéité.
Cette nouvelle édition comprend un disque Blu-ray et une copie DVD. La pochette noire et rouge montre un rideau baissé, une ombre menaçante et le visage des quatre protagonistes. Le menu principal offre un montage réfléchi de scènes ainsi qu'une pièce musicale rétro. Les intéressants suppléments sont les mêmes que sur le DVD qui est déjà sur le marché, soit un court documentaire en sept parties qui porte sur le style en place, le jeu des comédiens et les comparaisons entre la réalité et la fiction, onze scènes supprimées plus ou moins utiles, trois auditions de Sam Rockwell, une entrevue avec le véritable Chuck Barris, quelques sketchs humoristiques et une pertinente piste de commentaires de George Clooney et du directeur de la photographie Newton Thomas Sigel qui décortiquent le long-métrage.
Tourné à Montréal, "Confesssions of a Dangerous Mind" est un très bon premier film qui laissait présager le meilleur de la part de George Clooney. La technique est assurée, les obsessions scénaristiques sont déjà de la partie et la direction d'acteurs demeure impeccable. Une heureuse entrée en matière qui allait se poursuivre avec le grandiose Good Night, and Good Luck.
| Film | 7 |
| Présentation | 7 |
| Suppléments | 7 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 7 |