The Conspirator [Blu-ray]
Alliance

Réalisateur: Robert Redford
Année: 2010
Classification: 14A
Durée: 122 minutes
Ratio: 2.40:1
Codec: 1080p (AVC)
Langue: Anglais (DTSHD51)
Sous-titres: Anglais, Français
Nombre de chapitres: 16
Nombre de disques: 2 (BD-50 + DVD-9)
Code barres (CUP): 065935401940

Ce disque Blu-ray est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
3 septembre 2011

En attendant Steven Spielberg qui prépare son propre film sur Abraham Lincoln, voici celui de Robert Redford qui porte sur l'assassinat de cet homme d'exception et sur le procès qui allait suivre. Bien fait mais académique au possible, "The Conspirator" pique la curiosité même s'il manque parfois de souffle et d'émotion.

Mary Surratt (Robin Wright) est soupçonnée d'avoir comploté contre Abraham Lincoln. Selon des sources, sa maison aurait même été le lieu où son propre fils John et des criminels auraient discuté de ce jour noir d'avril 1865. La mère de famille nie son implication dans cette affaire, et c'est à son avocat Frederick Aiken (James McAvoy) de prouver son innocence. Difficile d'effectuer correctement son travail, surtout lorsqu'on croit que sa cliente est coupable...

Le passage d'acteur à réalisateur n'est pas donné à tout le monde. Si un jour ou l'autre plusieurs comédiens tentent leur chance, les résultats sont rarement à la hauteur. Robert Redford fait presque figure d'exception. Malgré quelques efforts moins intéressants (comme The Legend of Bagger Vance), il est néanmoins l'auteur de Ordinary People et Quiz Show, deux des productions américaines les plus intelligentes des trois dernières décennies.

Après le mitigé Lions For Lambs en 2007, le célèbre Sundance Kid demeure dans l'arène politique avec "The Conspirator" où il questionne les fondements de son pays d'origine, de la Constitution et du désir de vengeance de ses concitoyens. Le récit peut d'ailleurs être vu comme une parabole du monde moderne où il est possible de remplacer l'assassinant d'Abraham Lincoln par les attentats du 11 septembre 2001 et le procès de Mary Surratt par la présence à Guantanamo de prisonniers qui n'ont pas été reconnus coupable au sens de la loi. Un jeu de coulisse s'opère donc au sein de cette enquête parsemée de parjures, de fausses preuves et de la quête du Vrai qui sous-entend liberté et égalité.

La démonstration peut compter sur une habile recréation d'époque et un scénario vigoureux, quoique incroyablement verbeux. La réalisation façon Clint Eastwood est d'un classicisme pleinement assumé qui s'avère parfois poussiéreux, surtout dans cette utilisation de retours dans le temps et cette utilisation de musique mélodique. Ironiquement, l'émotion se fait rare et le film aurait bénéficié d'un rythme plus resserré. À force de rester constamment en cour (question de budget, sans doute, même si les effets spéciaux sont omniprésents), le long-métrage tarde à prendre son envol. L'apport d'une distribution hétéroclite convainc (Kevin Kline en vilain, Tom Wilkinson en mentor) ou fait sourire involontairement (Justin Long est ridicule avec sa moustache), se retrouvant généralement entre ces deux extrêmes. Robin Wright est excellente et Evan Rachel Wood surprend positivement dans le rôle de sa fille éplorée. En contrepartie, James McAvoy ne semble pas toujours à l'aise et Alexis Bledel ne fait pas le poids dans les chaussures de sa petite amie.

Les images, très jolies et détaillées, offrent de superbes teintes dominées par la couleur sépia et des contrastes époustouflants, justes et précis. De quoi faire oublier ce grain et ce blocage qui se font parfois ressentir. La piste sonore anglophone particulièrement immersive fait ressortir des enceintes des bruits de rires, de cris, de hennissements de chevaux et de verre brisé. Les voix auraient pu être légèrement plus élevées, sauf qu'il y a de très visibles sous-titres blancs en cas de besoin.

Cette édition fait un maximum d'économie de place avec un minimum de moyens. D'un côté du disque se trouve une version Blu-ray et de l'autre une version DVD. De quoi satisfaire tous les spectateurs. La pochette, plus ou moins intéressante, montre le visage de la plupart des personnages ainsi que le corps d'un hommage armé. De quoi largement préférer le menu principal qui superpose les différents comédiens. La mélodie utilisée, dramatique et solennelle, fait rapidement son effet. Les suppléments sont nombreux et très intéressants. Il y a un reportage de 66 minutes sur cet événement historique, un documentaire de 10 minutes sur l'élaboration du projet, plusieurs segments qui ressassent en profondeur les thèmes, la fabrication des costumes et des effets spéciaux, une très jolie galerie de photographies, une bande-annonce, un peu de publicité et une piste de commentaires du cinéaste. Bien que celui-ci ne parle par énormément, ce qu'il dit est d'une importance capitale. Des bonus qui en rendront jaloux plus d'un.

Quiconque aurait certainement voulu que "The Conspirator" contienne plus de dialogues forts ou de scènes marquantes. Robert Redford semble préférer rester un peu à l'écart de son sujet, passant trop de temps sur les déboires de son avocat idéaliste (qui apprendra que le droit porte parfois mal son nom). C'est pourtant lorsqu'il se trouve auprès de Mary Surratt que son essai se permet d'exister. Cette femme incarne à elle seule le prisme de l'Histoire, alors qu'un pays ennemi séparé entre le Nord et le Sud trouve la coupable idéale dans cette famille divisée entre la mère et son fils.


Cotes

Film6
Présentation7
Suppléments9
Vidéo8
Audio8