Dinner For Schmucks [Blu-ray]
Paramount Home Entertainment / DreamWorks Pictures

Réalisateur: Jay Roach
Année: 2010
Classification: 14A
Durée: 114 minutes
Ratio: 1.85:1
Codec: 1080p (AVC)
Langue: Anglais (DTSHDMA51), Français (DD51), Espagnol (DD51), Portugais (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol, Portugais
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 1 (BD-50)
Code barres (CUP): 097360991864

Ce disque Blu-ray est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
8 janvier 2011

Les règles sont faîtes pour être bousculées. Prenez le remake américain du Dîner de cons qui s'intitule dorénavant "Dinner for Schmucks". Dans 99% des cas, le résultat aurait été catastrophique et affligeant. Ce n'est cependant pas le cas ici tant le rire est abondant et la chimie tout à fait opérable entre les deux têtes d'affiche.

Tim (Paul Rudd) a impressionné son patron. Suffisamment pour être invité dans une soirée spéciale. S'il trouve un con pour épater la galerie, il recevra sans doute une promotion. Mais avant cela, il doit mettre la main sur cette perle rare. Elle apparaît par l'entremise de Barry (Steve Carell), un pauvre bourge qui recrée des peintures célèbres avec des rats morts! Ce choix risque toutefois de mettre sa vie sens dessus dessous.

Cela fait plus d'une décennie qu'Hollywood cherche à transposer Le dîner de cons, l'immense succès de Francis Veber qui avait rallié le public et la critique en 1998. Depuis ce temps, de nombreux réalisateurs et comédiens sont envisagés, alors que les scénarios se bousculent au passage. Bien que le projet semblait mort dans l'œuf, il renaît de ses centres, notamment par l'entremise du producteur exécutif Sacha Baron Cohen.

Au départ le canevas semble le même. Le manipulateur croit avoir trouvé le con parfait et celui-ci détruit malencontreusement son existence en minant sérieusement son emploi et sa relation avec sa petite amie. Malgré le désir de suivre la formule gagnante, l'intrigue s'émancipe peu à peu, ce qui est toujours une bonne nouvelle. Jusqu'à culminer avec un troisième et dernier acte où le souper se déroule, ce qui donne une chute complètement différente.

Produit pour toute la famille, le ton est ici un peu moins méchant que la version originale. Cela ne change rien à l'humour féroce qui découle du début jusqu'à la fin. Malgré quelques élans plus dramatiques (ou émotifs) qui sont censés donner une certaine épaisseur aux personnages, le rire est bien présent, apparaissant d'abord par le soin apporté aux répliques et aux situations, pour déferler comme une tornade qui ne semble jamais vouloir s'arrêter. Du coup, les individus étranges et inquiétants se multiplient au même rythme que les gags physiques qui font généralement mouche.

Cinéaste de talent (on lui doit les Austin Powers) qui n'a pratiquement rien réalisé de comique depuis la débandade du navrant Meet the Fockers en 2004, Jay Roach retrouve son aplomb. Sa mise en scène efficace privilégie un rythme à l'avenant et à l'image de son désopilant Meet the Parents, il est passé maître dans l'art de faire empirer les pires situations possibles et inimaginables.

Il est surtout parvenu à former une chimie électrisante avec ses protagonistes. Steve Carell fait oublier son ordinaire Date Night en livrant une performance incandescente. L'acteur prend soin de ne jamais trop en rajouter, utilisant de l'improvisation pour surprendre et ainsi faire rire aux larmes. À ses côtés, Paul Rudd s'y connaît en gars trop sérieux – il nageait d'ailleurs comme un poisson dans l'eau dans le récent et mésestimé How Do You Know - et il ressort sa recette sans jamais être sur le pilote automatique. Le duo est également entouré d'une distribution secondaire particulièrement soignée, où différents interprètes (Zack Galifianakis, Jemaine Clement, Lucy Punch, Bruce Greenwood, etc.) ont chacun leurs moments de gloire.

La musique sympathique mais oubliable pimente les différentes enceintes. Cela n'empêche pas les pistes sonores d'être très soutenues, accompagnant convenablement les péripéties. Les voix extrêmement audibles sont un gros avantage (les jeux de mots sont nombreux), surtout devant la décevante traduction française. En cas de nécessité il y a de potables sous-titres blancs en option. Les images du Blu-ray demeurent extrêmement détaillées, avec ses couleurs justes, sa riche définition des contours et ses contrastes parfaitement homogènes. Un peu plus de pimpant n'aurait toutefois pas fait de mal afin de rendre le tout encore plus majestueux.

La pochette affiche rapidement les couleurs du récit, montrant Paul Rudd qui semble exaspéré par Steve Carell. Simple et presque féerique, le menu principal du disque est à l'effigie des différentes constructions du héros: de jolies souris qui ne servent strictement à rien! Les suppléments semblent nombreux, sauf qu'il n'y a rien de réellement essentiel au sein de ces segments qui touchent à la distribution, aux maquettes utilisées et au repas final. Des scènes supprimées un peu inutiles, des séquences ratées tordantes et une fausse conférence de presse complètent le tout.

Plus enfantin et moins mémorable que l'essai de Veber, "Dinner for Schmucks" n'en demeure pas moins une adaptation surprenante, qui comporte de nombreux passages hilarants. Non seulement l'objet n'est pas une copie conforme de la version antérieure, mais les scénaristes sont parvenus à rajouter 35 minutes (de 78 minutes à 113 minutes) sans que le gâteau ne s'écroule ou que les longueurs se fassent ressentir. Un véritable exploit, surtout au rayon de la comédie étasunienne qui est loin d'être dans son âge d'or.


Cotes

Film6
Présentation6
Suppléments5
Vidéo8
Audio8