Dirty Harry / Magnum Force [Blu-ray]
Warner Home Video

Réalisateur: Don Siegel / Ted Post
Année: 1971 / 1973
Classification: 14A / 18A
Durée: 103 / 122 minutes
Ratio: 2.40:1
Codec: 1080p (VC-1)
Langue: Anglais (TrueHD51, DD51), Français (Mono), Espagnol (Mono)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 2 (BD-50)
Code barres (CUP): 883929121281

Ce disque Blu-ray est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
1er mars 2010

De tous les personnages qu'a incarné Clint Eastwood, un des plus emblématiques et populaires demeure Dirty Harry. S'il y a eu une multitude de disques simples ou de coffrets sur le marché retraçant les cinq aventures de cet inspecteur qui ne respecte pas toujours la loi, Warner Brothers a décidé de varier ses produits en offrant les deux premiers titres ("Dirty Harry" et "Magnum Force") sur deux Blu-ray insérés dans un boîtier.

Tout le monde connaît Dirty Harry. En 1971, le cinéaste Don Diegel et le comédien Clint Eastwood font équipe pour une quatrième fois, créant un policier presque de droite qui n'hésite pas à contourner la justice pour faire régner l'ordre. Le premier tome qui s'inspirait des meurtres du Zodiac est un film d'action efficace sans être réellement subtil, qui montre un héros déterminé, ce qui allait devenir la marque de commerce du protagoniste. Sans parler de classique ou de chef-d'œuvre, il faut avouer que le genre d'action a été particulièrement affecté par ce récit en apparence simpliste qui pose d'intéressantes questions sur le système pénal américain et l'auto-justice.

Après avoir traqué un dangereux tueur en série, Harry Callahan est de retour dans "Magnum Force" qui s'inscrit aux antipodes de l'épisode précédent. Cette fois, un policier extrémiste assassine des truands et c'est au gentil flic qui grogne de l'arrêter. Réalisé avec panache par Ted Post (sur un scénario de John Milius et du grand Michael Cimino) en 1973, ce tome parvient difficilement à captiver. Il faut avouer que l'ensemble est paresseux et invraisemblable, trop long, répétitif et ennuyant, se complaisant dans la violence gratuite et les ruptures de ton sans rien proposer de divertissant en retour.

Les deux efforts ont reçu un traitement similaire et la version de "Dirty Harry" est identique à celle que Martin Albert avait évaluée par le passé. L'image est donc intéressante sans être parfaite, avec ce grain et ces égratignures qui sont parfois de la partie. Les couleurs vieillottes demeurent toutefois efficaces, tout comme ces contrastes qui prennent de plus en plus d'importance, car les péripéties se déroulent surtout la nuit. Malgré toutes les pistes sonores incluses, celle anglophone en Dolby TrueHD déçoit par son irrégularité et son apport soporifique. Les enceintes sont exploitées timidement, ce qui est toujours dommage avec de telles thématiques explosives. En revanche, les dialogues s'entendent aisément, et les quelques sous-titres blancs disponibles (en anglais, en français, en espagnol) ne déçoivent pas... sauf peut-être pour leur traduction imparfaite qui ne reflète pas toujours le texte initial.

L'ordinaire pochette en noir et blanc montre le personnage principal avec son Magnum .44. Les nombreux et très intéressants suppléments de "Dirty Harry" sont pratiquement les mêmes que sur l'édition préalablement évaluée. Il y a ainsi une potable piste de commentaires, un documentaire relatant l'importance de la ville de San Francisco, des entrevues traitant du mythe du héros et un nouveau portrait de plus d'une heure intitulé "Clint Eastwood: Out of the Shadows" qui retrace la carrière et l'impact du protégé de Sergio Leone. Ses amateurs seront rapidement comblés. Les bonus ornant "Magnum Force" sont un peu plus limités. Le scénariste John Milius décrit avec assiduité les situations dans sa piste de commentaires, un segment relate l'importance de la police à travers l'histoire, un second revient plus en détail sur la morale qu'affectionne le protagoniste, et il y a des bandes-annonces des cinq longs-métrages consacrés à cet inspecteur.

"Dirty Harry" a instauré un genre qui a fait école, influençant un nombre considérable de productions. Déjà, le style s'essoufflait nettement sur "Magnum Force" qui n'avait vraiment pas le même charme que l'original. Il s'agissait surtout d'un véhicule qui a permis à Clint Eastwood de devenir une des figures les plus iconiques du cinéma américain. Ce personnage politiquement incorrect qui a fait coulé tant d'encre à sa sortie (on l'accusait presque d'être fasciste) n'a peut-être plus autant d'impact en 2010, mais il est encore là, vieillissant, notamment dans Gran Torino du même acteur. Une édition convenable pour ceux et celles qui ne possèdent pas les précédents coffrets.


Cotes

Film7/4
Présentation5
Suppléments8/4
Vidéo7
Audio6