John Milton est mort et enterré. Sa fille enceinte joint les rangs d'une secte satanique, mais décède peu de temps après son accouchement aux mains de Jonah King, le charismatique leader du groupe. Ce dernier a maintenant l'intention de sacrifier le nouveau-né dans une cérémonie occulte pour invoquer l'âge des ténèbres sur Terre, mais c'est plutôt Milton qui s'échappe de l'enfer et se lance à ses trousses sur l'autoroute américaine. En chemin, John Milton s'associe à Piper, une jeune serveuse qui possède un faible pour les bottes de cowboy et les voitures rapides. Le duo de choc empilera les cadavres de l'Oklahoma à la Louisiane pour empêcher la secte de tuer l'enfant. Histoire de corser encore un peu ce récit de vengeance et de rédemption, le comptable qui tient les livres pour le Diable se lance à la poursuite de l'évadé pour le ramener dans l'outre-tombe.
Malgré cette prémisse aux dimensions surnaturelles, "Drive Angry" est un road-movie présenté dans un style qui se veut un hommage au cinéma grindhouse des années 70. À part deux brèves scènes qui nous montrent la route conduisant aux portes de l'enfer, il s'agit davantage d'un film d'action macho que d'un drame fantastique. Le long-métrage comporte principalement des courses de char avec des bolides rétro (comme le Dodge Charger édition 1969), des filles en tenues sexy qui reçoivent et distribuent les coups de poing, et un humour douteux réservé aux adultes.
Le réalisateur Patrick Lussier est un homme de métier. Il a travaillé au montage de plusieurs grandes productions, comme la série Scream, avant de passer derrière la caméra. On lui doit entre autres les films Dracula 2000 et le remake de My Bloody Valentine. Sa maîtrise technique du médium est donc indéniable, mais il ne réussit jamais à trouver le bon équilibre entre l'hyper violence et le ton humoristique. On est loin de Tarantino, qui a manifestement influencé Lussier pour cette production.
Une scène nous montre Milton tout habillé en train de baiser une serveuse dans un motel crasseux. Quand la femme lui demande pourquoi il ne se dénude pas, il répond qu'il ne retire jamais ses vêtements avant une fusillade. À ce moment précis, des lascars pénètrent dans la chambre, et le héros dégaine son arme avec un cigare à la bouche et sa bouteille d'alcool dans l'autre main, se mettant à tirer sans même retirer son organe de la serveuse sous lui. Cet exemple est caractéristique du ton général du film, qui est caricatural, grossier et bourré d'hémoglobine.
Nicolas Cage n'est pas très convaincant dans le rôle principal. Il conserve la même expression stoïque tout au long du film et nous livre un John Milton sans grandes nuances. Il partage la vedette avec Billy Burke (Jonah King) et Amber Heard (Piper) qui sont déjà plus crédibles dans leurs rôles respectifs. Le reste de la distribution révèle plusieurs performances étonnantes, notamment celle de l'excellent William Fichtner (de la série télévisée Prison Break) qui incarne le comptable infernal, ainsi que plusieurs caméos assumés par des comédiens d'expérience, comme David Morse, Jack McGee et Tom Atkins.
L'édition standard du Blu-ray ne contient pas la version 3D (vendue séparément). Le transfert du film en HD regorge de détails et la qualité de l'image est telle qu'on peut déceler les contours des comédiens qui se découpent contre l'écran chromatique lors de certaines scènes. La piste audio originale est mal mixée. Il faut ajuster le volume à tout bout de champ entre le niveau de la musique et des coups de feu qui sont assourdissants et celui des dialogues qu'on entend à peine. L'écart de mixage est moins grand sur la piste audio française, mais le son d'ensemble possède moins de profondeur et moins de gain que la piste originale. La traduction du langage ordurier dans un vocabulaire franchouillard devient parfois ridicule sur la piste française. La musique, composée spécialement pour le film, est signée Michael Wandmacher, et met de l'avant les guitares électriques, avec une touche d'influence musicale du sud des États-Unis.
Les suppléments sur le disque peuvent sembler rachitiques de prime abord. Une simple piste de commentaires du réalisateur et du coscénariste et deux scènes retirées du montage. En fouillant, on retrouve dans le menu l'item "Access Drive Angry". Ce programme est fort intéressant, et propose une version augmentée du film entrecoupée d'entrevues avec le réalisateur et les comédiens, de tableaux de scores qui comptabilisent le carnage de John Milton, ou encore d'informations générales sur les voitures d'époque qu'on voit à l'écran, les cycles de la pleine lune ou l'âge légal pour boire en Oklahoma.
Malgré des personnages féminins capables de distribuer les raclées, "Drive Angry" est un film de gars, ce qui ne veut pas dire qu'il plaira nécessairement à tous les représentants du sexe masculin. Une bonne dose de testostérone est cependant nécessaire pour apprécier ce road-movie infernal.
| Film | 4 |
| Présentation | 5 |
| Suppléments | 6 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 4 |