Inédit sur les écrans québécois, "Echelon Conspiracy" a directement pris le chemin du DVD et du Blu-ray dans l'indifférence généralisée. Ce n'est guère surprenant. Sans être mauvaise, son histoire est consensuelle au possible, et sa trame narrative ressemble à des dizaines d'autres longs-métrages.
Max (Shane West) n'en revient pas. Quelqu'un lui fait parvenir des messages textes qui lui permettent de ne pas prendre un avion qui va exploser en plein vol, et de s'enrichir facilement au casino. Tout cela est trop beau pour les hautes instances qui décident de le tenir à l'œil. Dans un univers où tout semble contrôlé à distance, il est difficile de savoir à qui il faut faire confiance. Surtout lorsqu'un logiciel informatique est sur le point de trouver le moyen de s'immiscer dans tous les ordinateurs de la planète.
Le canevas ressemble beaucoup au décevant Eagle Eye, qui était un clone de Enemy of the State, qui tirait son influence des films américains paranoïaques des années 1970, dont les scénaristes connaissaient par cœur North by Northwest d'Alfred Hitchcock et 2001: A Space Odyssey de Stanley Kubrick. Il s'agit donc d'un ersatz, routinier, mais efficace, qui se devine toujours à l'avance dans sa succession de scènes prévisibles, réalisées correctement par un certain Greg Marcks.
Derrière ces quelques dialogues plus songés (sur la fin de la Guerre Froide, sur le rôle de surveillance des États-Unis) se retrouvent l'habituel mélange d'action et de suspense avec des scènes explosives assez décevantes, un détour amoureux indigeste et une finale ridicule. Le divertissement finit toutefois par fonctionner par l'humour qui ressort des situations et une interprétation généralement dans le ton. Shane West ressemble comme deux gouttes d'eau à un Matt Damon cheap et il ne fait pas le poids devant Ed Burns et Ving Rhames qui passe leur temps à s'engueuler. Il y a toutefois le solide Sergey Gubanov qui éclipse tous ses partenaires de jeu. Nettement sous-utilisé est Martin Sheen qui carbure aux stéréotypes, et surtout l'excellent Jonathan Pryce qui n'a pratiquement que deux séquences pour se faire valoir.
Entre une introduction mouvementée sur du Bloc Party et un générique qui défile aux airs robotisés de Justice se trouvent des airs musicaux tout à fait dans le ton, sans doute trop abondants, mais mélodiques et collants à souhait. La piste sonore anglophone, peut-être chiche dans son exploitation des différentes enceintes (il n'y a pratiquement que des bruits de trains et de voitures), est au service des voix toujours claires et des propos qui s'entendent aisément. Le tout peut être secondé d'intéressants sous-titres blancs. L'image du Blu-ray, riche et détaillée, est composée de teintes lumineuses adaptées aux propos, et de couleurs froides qui donnent un petit côté Minority Report à l'ensemble. Un soin a également été apporté aux contrastes, qui font oublier ces quelques traces de blocages.
La pochette formatée dans des tons bleutés superpose les visages des principaux protagonistes. Le menu principal reprend cette idée, demeurant continuellement statique et sans musique. Aucun supplément n'est disponible, ce qui est plutôt surprenant pour une technologie aussi avancée.
"Echelon Conspiracy" est un produit comme il s'en est déjà fait des dizaines - et surtout des plus intéressants - par le passé. Si techniquement tout est au point et qu'il est possible d'en soutirer un certain plaisir, il n'y a aucune profondeur qui amène le spectateur ailleurs plutôt que sur le terrain d'une série presque B, qui n'a aucun autre objectif que de divertir. Décidément, en mettant la barre bien base, il est difficile d'être déçu.
| Film | 4 |
| Présentation | 2 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 7 |