Le réalisateur Mel Brooks occupe un peu une place particulière dans l'histoire du cinéma hollywoodien. Maître complet de ses films depuis les débuts, il peut se permettre de scénariser, produire, réaliser et même y jouer des rôles plus ou moins importants. Un peu comme Woody Allen le fait à New York. Mais contrairement à Allen, Brooks ne vise pas un public d'intellectuels cinéphiles, mais bien le grand public. Et il est vrai qu'avec les années il a su produire assez de films intéressants et qui ont connu du succès pour lui permettre de maintenir sa place unique dans l'industrie.
Amateur de cinéma, Brooks aime régulièrement à s'attaquer à un genre ou à un film en particulier pour en faire un pastiche à sa façon. Que ce soit les westerns avec Blazzing Saddles, le mythe Frankenstein avec Young Frankenstein ou la saga des Star Wars avec son Spaceballs, le réalisateur a toujours su à la fois se moquer et montrer son amour pour les films qui inspirent ses parodies. En 1977 il s'attaqua à l'œuvre incontournable du maître du suspense, Alfred Hitchcock, et écrit un hommage humoristique intitulé "High Anxiety".
D'entrée de jeu, au générique d'ouverture, Brooks proclame son amour pour le réalisateur en lui dédiant le film . Puis vient une série de gags faisant référence à des films du maître ou pastichant des scènes connues de certains classiques. Au travers de tout cela se déroule une histoire inspirée de Spellbound où un jeu de chat et de souris prend place dans une clinique psychiatrique privée. Que ce soit les oiseaux vengeurs de The Birds, ici ridiculisés en pigeons attaquant les gens avec leur fiente, la scène de la douche de Psycho ou Bates est transformé en garçon d'hôtel zélé ou encore la finale de Vertigo qui devient ici un ballet visuel rigolo, plusieurs des films de Hitchcock passent sous le bistouri humoristique de Mel Brooks et en ressortent rafraîchis. Il est vrai que le réalisateur ne fait pas en subtilités, mais ses gags visuels sont assez souvent percutants. Et puis le scénario est tout de même divertissant à défaut d'être original. Les amateurs de ce vieux visionnaire d'Alfred se régaleront peut-être plus que les autres et se plairont à reconnaître de quel film tel ou tel moment fait partie ou quel personnage agit de telle façon dans quel autre film de Hitchcock.
L'histoire se résume facilement. Un psychiatre de renom (Brooks) prend la tête d'un institut pour les gens "très très très nerveux" et devra composer avec le personnel déjà en place qui non seulement semble cacher un drôle de secret, mais affiche aussi possiblement des instincts meurtriers à son égard. Comme ce psychiatre souffre de vertige déclenchant des crises d'anxiété, il devra à la fois combattre sa phobie et trouver ce qui cloche dans l'institut psychiatrique. Avant de se faire tuer bien entendu...
La qualité audiovisuelle du disque est impeccable. On a su faire ressortir assez les éclats de lumière et les détails des couleurs pour rendre le tout merveilleusement chaleureux. Et puis on a bien travaillé la copie de transfert, nous donnant un résultat aussi impeccable que possible considérant l'âge du long-métrage. Pour le son, les dialogues sont bien balancés et la musique à la Bernard Hermann, le compositeur d'une grande partie des œuvres d'Hitchcock, bien utilisée.
En suppléments, on retrouve une revuette sur le tournage, un jeu-questionnaire comique se déroulant lors du visionnement du long-métrage et où l'on doit répondre à des questions sur ce qui se déroule à l'écran et une option avec des capsules informatives sur l'œuvre de Hitchcock ou on nous apprend des choses sur le maître en même temps que ce déroule telle ou telle scène basée sur tel ou tel film. On a aussi une option audio où on isole la musique.
| Film | 7 |
| Présentation | 8 |
| Suppléments | 7 |
| Vidéo | 9 |
| Audio | 9 |