Inglourious Basterds [Blu-ray]
2-Disc Special Edition
Universal Studios Home Video

Réalisateur: Quentin Tarantino
Année: 2009
Classification: R (US)
Durée: 153 minutes
Ratio: 2.40:1
Codec: 1080p (???)
Langue: Anglais (DTSHDMA51), Français (DTS51), Espagnol (DTS51)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 2 (BD-50 + DVD-9)
Code barres (CUP): 025192015397

Ce disque Blu-ray est disponible chez: Amazon.ca

Selon Simon Bergeron
25 avril 2010

Ce nouvel opus de Tarantino débute sur fond de toile d'une France occupée par les Nazis, au sommet des affrontements dans les années 40. La musique tendue d'Ennio Morricone monte la tension d'un cran alors que nous venons à peine d'être présentés au personnage de Perrier Lapadite (Denis Menochet). En effet, il vient de recevoir la visite d'un haut commandant SS, Hans Landa (magnifique interprétation de Christoph Waltz, qui a raflé le prix d'interprétation masculine à Cannes), concoctant des recherches sur des juifs en fuite ou en cache. Cette introduction d'une vingtaine de minutes est un morceau de bravoure en soit qui mérite à elle seule le visionnage. Disons seulement ici que les dialogues pointus et férocement aiguisés de Tarantino sont au point et livrent la marchandise en tout point. Difficile de dire comment lui vient l'inspiration, mais c'est toujours une joie formidable de se laisser entraîner par la verve de ses personnages. Certes, on pourrait lui reprocher de ne centrer ses "actions" autour d'une table, mais c'est exactement là que réside sa force principale puisque nous en apprenons bien plus sur les personnages que lorsqu'ils hurlent ou se battent. Et ça, Tarantino l'a compris. Arrive ensuite le lieutenant Aldo Raine (Brad Pitt) et sa troupe de huit soldats juifs-américains partant avec comme seule mission de tuer des nazis tout en rapportant les scalps (une centaine de scalps par soldat...). Le panache du réalisateur et scénariste va même jusqu'à employer Mike Myers (oui, oui, Austin Powers lui-même) dans un court rôle qui rappelle Peter Sellers dans Dr. Strangelove du regretté Kubrick.

Les connaissances de Tarantino, dans le domaine du cinéma, sont si vastes qu'il s'est même permis de réécrire quelques pages de l'histoire qui, sans rien vouloir révéler en surprendra plus d'un. Nul besoin d'ajouter qu'avec ses deux heures et demie, le film ne le paraît en aucun cas. J'étais parmi ceux qui trouvaient risqué de la part du réalisateur de s'aventurer sur les territoires de la Seconde Guerre. Par la suite, j'ai réalisé quelque chose: Tarantino a probablement inventé un nouveau genre de film (encore un, hé oui). Est-ce un film d'action? Oui et non (il y en a un peu, mais pas comme dans Kill Bill: Volume 1). Est-ce un film de Guerre? Non et oui (le film se passe durant la Seconde Guerre mondiale, mais on ne voit pas ladite guerre comme dans Saving Private Ryan). "Inglourious Basterds" est le remake d'un film italien des années 70 savamment retravaillé et dont la multitude de morceaux de bravoure est trop nombreuse pour être seulement résumée dans cette critique. La tension fuse de toute part, les personnages sont tout aussi colorés et originaux avec des personnalités très distincts, tous menés de main de maître par les acteurs ou réalisateurs en charge.

Comme la plupart des films de la vidéographie de Tarantino, l'aspect vidéo est très beau. Superbe même. Les couleurs majoritairement chaudes contrastent avec l'ambiance froide des personnages et tonne merveilleusement bien avec le propos du film. Bien balancée, la saturation offre un très beau spectacle. Les contrastes demeurent riches et détaillés même dans les scènes les plus sombres. Côté actions et gestes, il s'agit d'un film majoritairement axé sur des discussions autour d'une table. Néanmoins, toute action est fidèlement reproduite et ne perd aucun détail en chemin. La présence d'un grain, aussi minime soit-il, est rassurante puisqu'aucune réduction d'artefacts n'a été utilisée, contrairement, par exemple, au transfert de Gladiator. Ici, l'image est fidèlement reproduite et nous aide à croire aux personnages et au monde décrit.

Universal sait rendre une bande son comme il faut. En tout moment, aucun défaut n'a été entendu. Lorsque les scènes sont tendues, les sons les plus sourds deviennent alors prédominants et forgent une tension palpable. Le son est très bien divisé. Les basses fréquences, plutôt rares, sont néanmoins bien intégrées au film et résonnent lors des moments forts en action et en violence. Tarantino ne nous prend pas par la main avec une telle piste sonore, il nous pousse dans le dos et nous plonge dans le son de la Seconde Guerre avec une féroce efficacité. La piste sonore française, fidèle à la compagnie Universal, offre un son DTS des plus puissants. Il est à noter que Universal est une des seules compagnies à se soucier des langues autres que l'anglais et d'offrir une piste tant française qu'espagnole frisant la perfection. Tous les autres studios (avec quelques exceptions dans la filmographie de Sony Pictures).

Puisqu'il s'agit très probablement de la seule et unique version disponible, les pauvres suppléments ne capturent absolument rien du tournage. Que de petites anecdotes ici et là n'impliquant personne du tournage ou presque. Les seuls bonus intéressants sont les bandes-annonces et les maigres détails. Universal ne s'est vraiment pas mouillé pour offrir un plat de résistance intéressant. En fait, les fans du film pourraient probablement s'en offusquer. C'est pourquoi une nouvelle édition couvrant davantage les aspects du tournage serait souhaitée sinon, pourquoi filmer les coulisses si pour les garder jalousement?

Un film qui ne se contente pas que de refaire la même histoire que son prédécesseur, Inglourious Basterds est on ne peut plus original tant dans son traitement que son développement. Le rythme lent et les dialogues à double sens peuvent alourdir l'envie de plusieurs, mais les amateurs de Tarantino connaissent déjà cette facette. Les suppléments sont assez décevants puisqu'ils ne nous apprennent que de minuscules informations sur le tournage et les anecdotes. On pourrait espérer voir une nouvelle édition faire surface, mais il y a fort à parier que, telles les éditions existantes des films du réalisateur, elles seront les seules. Alors, les scènes coupées (il y en a beaucoup plus), le tournage (pourquoi ne rien montrer ou si peu?) et les décisions sur le vif pourraient ne jamais voir le jour. Cependant, cette édition est fortement recommandée malgré la présence de l'inutile copie numérique... et les studios qui se vantent de vouloir être plus "verts" et écologiques... retirez ce disque de toutes les éditions existantes et ça sera un pas de fait.


Cotes

Film10
Présentation8
Suppléments4
Vidéo10
Audio10