Après Perfume: The Story of a Murderer, ambitieuse adaptation du roman à succès de Patrick Suskind, le réalisateur d'origine allemande Tom Tykwer s'offre une incursion dans le monde de Jason Bourne avec "The International", un thriller songé où grandes banques, marchands d'armes, terrorisme et espionnage se côtoient dans un mélange explosif, mais inégal.
L'agent d'Interpol Louis Salinger (Clive Owen) et l'assistante au procureur de la couronne de Manhattan Eleanor Whitman (Naomi Watts) soupçonnent une grande banque européenne d'être impliquée dans le trafic d'armes dans le but de déstabiliser les gouvernements de pays émergents. Après la mort mystérieuse d'un collègue suite à une rencontre avec un informateur haut placé de la banque, Salinger et Whitman poursuivront une enquête dangereuse de Berlin à Milan, en passant par New York et Istanbul.
Réalisé avec doigté par Tykwer, "The International" est visuellement exquis. La mise en scène ingénieuse et les mouvements et les angles de caméra, qui rappellent parfois Hitchcock et de Palma, insufflent un suspense agrémenté d'un soupçon de paranoïa à ce thriller en apparence terne et froid. Seule la scène d'action au musée Gughenheim, trop longue et bordélique, détonne. Malheureusement, le scénario d'Eric Singer n'est pas à la hauteur. La prémisse de la vilaine banque qui fait de vilaines choses est intéressante et abordée avec subtilité, mais au lieu de s'attarder aux rouages de ce processus marqué par la corruption et l'avidité, le récit évacue la complexité au profit de vagues concepts qui ne sont qu'effleurés. Clive Owen est excellent dans la peau de Salinger, mais la pauvreté de certains dialogues et des personnages secondaires peu développés viennent un peu gâcher le plaisir. Naomi Watts, en particulier, hérite d'un personnage générique qu'à peu près n'importe qu'elle actrice aurait pu jouer. Armin Mueller Stahl fait une apparition remarquée dans la peau d'un ex-communiste et son face-à-face avec Owen est fascinant, mais au final, c'est trop peu dans un film qui repose essentiellement sur la maîtrise visuelle de Tykwer et le talent de Clive Owen. Divertissant, mais il manque un peu de chair autour de l'os.
Les gris bleutés, les noirs et les blancs dominent une palette de couleurs quasi monochromatique, rendue avec netteté par l'encodage AVC de cette édition Blu-ray. L'image est claire, propre et détaillée, et la pellicule conserve la granularité d'origine, parfois un peu trop prononcée lors de quelques séquences. Il s'agit d'un très bon transfert, qui étonne plus par sa finesse que par une orgie de couleurs éclatantes. La piste audio sans perte est solide, mais pas particulièrement dynamique. L'activité est concentrée à l'avant, mais les enceintes arrière offrent tout de même un support acceptable pendant les scènes d'action. Les dialogues sont clairs et sans distorsion apparente. La présentation et les menus sont de facture standard et le second disque propose une copie numérique du film.
Plusieurs suppléments sont offerts, à commencer par l'excellent "The International Experience: Picture-in-picture", qui propose un judicieux mélange d'entrevues, de commentaires et de segments du tournage dans une fenêtre séparée pendant toute la durée du film. On retrouve également des commentaires du réalisateur et du scénariste sur quelques scènes, une très longue scène coupée qui approfondissait la relation entre Owen et Watts, ainsi que les revuettes "Making The International", "Shooting at the Guggenheim", "The Architecture of The International" et "The Autostadt". Quelques bandes-annonces et du contenu BD-Live complètent une belle variété de suppléments.
Dans son ensemble, "The International" est un peu décevant. Reste ses qualités techniques et la prestation de Clive Owen. Ça mérite tout de même une location.
| Film | 6 |
| Présentation | 4 |
| Suppléments | 8 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 7 |