Le succès de son intéressant quoique surestimé The Hurt Locker lui ayant procuré des oscars dans les catégories de pointe, il est intéressant de redécouvrir les précédents ouvrages de Kathryn Bigelow. Cela pourra se faire rapidement avec la sortie en Blu-ray de "K-19: The Widowmaker".
En 1961, pendant la Guerre froide, un sous-marin russe s'en va faire des essais de missiles. Devant l'imperturbable capitaine Vostrikov (Harrison Ford) qui ne pense qu'à mener à bien sa délicate mission, il y a son bras droit Polenin (Liam Neeson) qui prend soin du reste des troupes. Lorsqu'un incident met en danger la vie de l'équipage, une confrontation au sommet se tiendra entre les deux hommes à la philosophie bien différente.
Mis en scène avec aplomb, mais sans grande personnalité, ce long-métrage n'a pas pris une ride. Il faut avouer que son sujet intemporel l'aide à ne pas être dépassé. Ce qui n'est pas nécessairement le cas de sa trame narrative. Le traitement de cette histoire vraie sent le déjà-vu, ne rivalisant ni avec le classique du genre Das Boot, ni avec le solide Crimson Tide. Il sera encore question de divergences d'opinions à une époque trouble où la survie est en jeu. Le regard de droite de la cinéaste peut également surprendre, mettant sur un piédestal l'héroïsme et le patriotisme, soulignant peu subtilement l'importance d'obéir à son chef en temps de guerre. Faut-il seulement rappeler que le projet a pris l'affiche à l'été 2002, moins d'une année après les attentats du 11 septembre?
Cela n'enlève en rien les mérites du film. La progression, quoique trop longue et parfois un peu répétitive, tient relativement bien la route avec ses moments de tension. Les comédiens livrent également de solides performances. Les regards sont braqués devant Harrison Ford qui fait appel à son autorité naturelle, et Liam Neeson qui n'hésite pas à lui rendre la monnaie de sa pièce. Le reste de la distribution demeure dans le ton sans nécessairement surprendre outre mesure.
L'image un peu rude met à profit ses couleurs sombres (dominées par le bleu et le gris), ses teintes éclatantes (superbe rouge) et ses contrastes imparfaits qui donnent tout de même une intéressante atmosphère de suffocation. Un peu de blocage et de grain peuvent néanmoins subsister. Les pistes sonores développées amènent également tous les bruits nécessaires (eau, vibrations, missiles, feu, etc.), utilisant à bon escient les différentes enceintes. De quoi entraver légèrement les voix. Même si les héros sont russes, tout le monde s'exprime en anglais avec des accents pas toujours au point. La recommandable traduction française côtoie de très visibles sous-titres blancs qui peuvent s'afficher dans différentes langues. La musique omniprésente est loin d'être désagréable, et ce, même si elle pèche souvent par excès.
La pochette noire, bleue et blanche montre un sous-marin, de l'eau, le néant et le visage d'Harrison Ford. Le menu principal du Blu-ray reprend un concept similaire, demeurant statique et sans mélodie. Les suppléments sont exactement les mêmes que sur l'édition DVD (mettre un lien vers ton texte) évaluée par Martin Albert, soit une inégale piste de commentaires de la réalisatrice et du directeur de la photographie Jeff Cronenweth, un documentaire qui sent le publireportage, trois segments un peu maigres en informations (portant sur les maquillages, les effets spéciaux et le désir de réalisme) et une bande-annonce.
"K-19: The Widowmaker" est un titre honnête, sans plus. La présence au générique de deux grandes stars et celle dernière la caméra de Bigelow pourront attirer les regards, sauf que le résultat est loin de mériter le détour. Ce type d'essai à été vu des dizaines de fois, et souvent de bien meilleures façons (comme dans The Hunt for Red October. Reste un agréable divertissant qui aurait cependant pu être bien pire, et dont le Blu-ray risque de plaire à l'amateur du genre qui ne possède pas déjà la précédente version.
| Film | 6 |
| Présentation | 2 |
| Suppléments | 6 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 7 |