On a pu voir la grande version de Peter Jackson au cinéma en 2005. Avec son attirail d'effets spéciaux et sa grande distribution, le réalisateur a pu nous faire revivre la légende de King Kong de brillante façon. Avant cette adaptation de Jackson, en 1976, on avait pu voir la vision de John Guillermin de cette bête énorme qui tombe pour une jolie blonde. Avec ce film, on avait même eu droit à une suite, plus ou moins réussie, en 1986, toujours du même réalisateur. Produits dérivés, dessins animés, le personnage de King Kong est comme une mode dans notre vie, mais ce gros gorille est une icône du cinéma qui date de loin. Sortie de l'imaginaire d'Edgar Wallace et Merian C. Cooper, l'histoire de cette bête a été portée à l'écran par ce même Cooper en 1933. Comme vous pouvez vous l'imaginer, le premier long métrage a été fait avec une technologie très limitée si on compare avec celle utilisée par Jackson il y a quelque temps. Cependant, pour l'époque, le film était un grand pas du côté des effets spéciaux et a, si l'on peut dire, révolutionner le monde du cinéma. C'est avec grand plaisir que j'ai entre les mains, l'arrivée en haute définition de ce classique, la version de 1933 de King Kong.
L'histoire tout le monde la connaît bien. Le cinéaste Carl Denham (Robert Armstrong) engage l'équipage du Venture pour un voyage en mer qui l'amènera sur une île mystérieuse cachant plusieurs secrets. Ce voyage a pour but de filmer le nouveau film de Denham et pour ce faire, il a besoin d'une vedette féminine, car selon les critiques, c'est ce qui rapporte au cinéma. La veille du départ, il décide de trouver lui-même son héroïne et repêche Ann Darrow (Fay Wray), une jeune femme démunie qui vagabonde dans les rues à la recherche de nourriture. Voulant mettre fin à sa vie de misère, Ann accepte l'emploi et embarque à bord du Venture pour un périple vers l'inconnu. À bord, on retrouve John Driscoll (Bruce Cabot) qui tombera instantanément sous le charme de la jolie blonde. Arrivée sur l'île, l'équipage et l'équipe de tournage tombent sur une cérémonie tribale d'un groupe d'indigènes. Avec les talents linguistiques du capitaine Englehorn (Frank Reicher), le groupe de voyageurs réussit à comprendre que les indigènes offrent une femme à quelqu'un nommé Kong. Surpris par le chef de la tribu, Denham et compagnie rebrousse chemin et rentre sur le paquebot. Cependant, les indigènes ont remarqué Ann et sa chevelure blonde ne les a pas laissés indifférents. Durant la soirée, un groupe d'indigène se rend sur le bateau et capture Ann pour l'offrir à Kong. Au moment où le cuisinier trouve un bracelet indigène sur le pont, l'équipage remarque la disparition de la jeune femme et arme au poing, décide d'aller la récupérer sur l'île. Malheureusement pour eux, ils arrivent à la fin de la cérémonie et la jeune femme est maintenant entre les mains de Kong, un énorme gorille, qui l'amène dans la jungle. Un groupe, avec en tête Denham et Driscoll, partira à sa poursuite. La route sera cependant parsemée d'embûches et d'obstacles, dont des dinosaures. Avec un tournage foutu, Dehham n'aura qu'une seule idée en tête, rapporter la bête en ville et faire de King Kong la huitième merveille du monde.
Warner nous offre ce film dans sa série de boitiers "Digibook". Certains détestent ce format de boitier, moi j'adore. Dans ce boitier-livre, en plus du disque, on retrouve trente-deux pages de contenu. Des images, des textes concernant le film, des explications, très réussi comme entrée en matière. Pour le menu du film, on a une image fixe où l'on peut voir King Kong au sommet de l'édifice avec des avions tout autour. De la musique tirée du film accompagne l'image et les options sont disponibles au bas de l'écran. Selon moi, côté audio et vidéo, j'ai entre les mains ce que les studios peuvent nous offrir de mieux. Soyons toutefois clairs, ce n'est pas de la trempe de films comme "Avatars" ou "Alice in Wonderland" pour la qualité d'images et de son, mais avec un film de 1933, c'est un pur délice. Reportons-nous en 2005, Warner nous avait offert une édition de collection de deux DVD et avait utilisé un négatif découvert en Angleterre qui était en excellente condition. C'est de ce DVD que les studios sont partis pour nous offrir cette édition haute définition. Le plus gros du travail avait déjà été fait pour le DVD, mais on note ici encore une légère amélioration de la qualité d'image. L'image est d'une clarté sans pareil, malgré la présence continue de grain, les noirs sont profonds, les tons de gris sont réels et les blancs sont justes. Je n'ai remarqué aucune égratignure, ni de tâche ou de point noir durant tout le visionnement. Pour ce qui est de la piste sonore, même si les studios sont restés avec une piste mono, le film sonne comme il n'a jamais sonné. Je crois que le choix des studios s'excuse par le fait de préserver l'âge du long métrage, ça fait vieillot et c'est ce qui fait le charme du produit. Si on veut un King Kong qui déménage, on a qu'à se diriger vers la version de Jackson. Pour en revenir à la qualité sonore, les dialogues sont clairs, les cris de Darrow nous font grincer des dents et les rugissements des animaux, y compris les beuglements de King Kong sont d'une force inouïe. L'immersion n'est pas totale, car l'utilisation de l'ambiophonie n'est pas présente, mais c'est à la hauteur de nos attentes pour un film de cet âge.
Côté suppléments, on retrouve l'intégrale de l'édition DVD. Une piste de commentaire en deux parties est présente. On retrouve premièrement les commentaires de Cooper et de Wray et par la suite ceux des spécialistes et légendes des effets visuels, Ray Harryhausen et Ken Ralston. On retrouve par la suite le documentaire en sept parties, "RKO Production 601: The Making of Kong, Eighth Wonder of the World". D'une durée de 159 minutes, ce segment est selon moi, un des documentaires les plus détaillés pour une production. On y découvre l'origine de l'histoire avec un petit bout sur son instigateur, le travail des effets spéciaux, la production, le son et la musique. On retrouve également un autre documentaire de près d'une heure intitulé "I'm King Kong! The Exploits of Merian C. Cooper. Ce segment, avec la narration d'Alec Baldwin, focus sur l'histoire et la vie du créateur de King Kong. La séquence retranchée est à nouveau disponible, elle avait été retranchée dans le temps, car elle était trop dérangeante pour les spectateurs. Selon moi, elle ne l'est pas plus que le reste du long métrage, mais ça, c'est mon avis. On termine par un petit segment de cinq minutes sur des tests de production et de tournage et la bande-annonce originale du film.
Au final, pour tous les amateurs de King Kong, ce produit est pour vous. Offert dans un magnifique boitier de type livre et offrant une qualité d'images jamais produite pour ce film, il n'y a pas d'hésitation à avoir, on doit retrouver ce produit dans toutes maisonnées. Ce classique doit vivre encore et encore. Et pour tous ceux qui ne vivent que pour la version de Jackson, plonger dans l'original, vous ne serez pas déçu et vous verrez qu'à part les effets spéciaux, Jackson n'a pas réinventé grand-chose. Je possédais déjà la version DVD et avec ce que j'ai pu voir, la mise à niveau vers le Blu-ray vaut la peine, peut-être seulement attendre que le prix baisse un peu. Je tiens à vous dire que pour mon évaluation du vidéo et de l'audio, je l'ai fait en me basant sur le film et non en comparant avec ce que nous offre des films modernes.
| Film | 9 |
| Présentation | 10 |
| Suppléments | 10 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 8 |