King Kong [Blu-ray]
Universal Studios Home Video

Réalisateur: Peter Jackson
Année: 2005
Classification: 14A
Durée: 188 minutes
Ratio: 2.35:1
Codec: 1080p (VC-1)
Langue: Anglais (DTSHD51), Français (DTS51), Espagnol (DTS51)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres: 50
Nombre de disques: 1 (BD-50)
Code barres (CUP): 025192008283

Ce disque Blu-ray est disponible chez: Amazon.ca

Selon Simon Bergeron
12 mai 2010

"Ce ne sont pas les avions. C'est la Belle qui a tué la Bête!"

Vous avez bien vu. Le film fait plus de trois heures et lorsque la version non coupée est enclenchée, il dure un bon trois heures vingt minutes. Oui, cela en a refroidi plus d'un lors de son passage en salles, privant du même coup cet opus de Peter Jackson d'un retour substantiel au box-office. Le film fut, en bref, un flop. Le public n'aimait tout simplement pas le fait qu'il ne s'agisse pas d'une aventure dans le sens Seigneur des Anneaux du terme. Car au lieu de faire un simple remake de la créature, Jackson et compagnie se sont efforcé à raconter l'histoire du point de vue le plus humain possible. Et en ce sens, ils ont réussi.

Ann Darrow (Naomi Watts) est une actrice de vaudeville prisonnière, comme la plupart de la population mondiale, de la Crise économique frappant encore à grands coups. Désespérée de faire sa place et de manger à sa faim, elle cherche de l'emploi partout où on ne lui obligera pas à dévoiler son anatomie. Lors d'une rencontre hasardeuse avec un producteur et réalisateur imbu de lui-même (Jack Black), Ann accepte de monter à bord de l'aventure, laquelle la mènera au tout dernier coin blanc de la mappemonde. Un endroit sauvage aux issus impossible à prédire: Skull Island. Une fois arrivés, l'équipage et les acteurs comprennent que les choses risquent fort d'empirer avant de s'améliorer... surtout aux prises avec une troupe d'indigènes décidés à sacrifier Ann Darrow, d'un énorme gorille décidé à la garder pour lui et d'une nature décidée à dévorer chaque membre du bateau.

On ne le dira pas assez, il n'y a rien de neuf qui puisse être raconté... tout dépend de la façon de le raconter. En ce sens, les scénaristes ont réussi à raconter une histoire fondamentalement humaine montrant à quel point la technologie corrompt. Ainsi, nombreux sont les messages pour et contre les bienfaits de l'avancée scientifique. La critique sociale sur l'économie ne manque pas de fuser dans l'introduction et la reproduction du New York de 1933 est on ne peut plus fidèle. C'est incroyable ce que l'on peut faire avec un ordinateur aujourd'hui et à en juger des effets spéciaux (de la fourrure au mortier en passant par les couchés de soleil), le résultat est une œuvre encore plus visuellement compliquée que l'entière trilogie du Seigneur des Anneaux. Cela dit, les longueurs dont le film est targué empêchent ce dernier d'atteindre des sommets au panthéon du septième art. Au lieu d'être remarquable, il n'est que très bon... ce qui n'est pas un manque en soit. Jack Black trouve ici, en mon humble avis, l'un de ses meilleurs rôles puisqu'il peut la jouer dramatique. Son personnage de Carl Denham est aussi têtu qu'il a la folie des grandeurs des Orson Welles, en aussi inspiré. La réalisation tantôt personnelle tantôt épique de Jackson ne perd rien de son flair, mais on sent qu'il s'éloigne de plus en plus de ses racines. Difficile de croire qu'un jour, ce réalisateur nous a offert des films comme Bad Taste, Meet The Feebles et Braindead. Le metteur en scène doit s'assagir avec l'âge il faut croire.

Le visuel est nickel. Tout simplement resplendissant. Les saturations, les contrastes, les textures, tout est ici méticuleusement reproduit pour le plaisir des yeux. L'attention aux détails dans les scènes plus sombres est digne de mention et les effets spéciaux se fondent parfaitement avec le décor, mis à part une ou deux scènes problématiques. On remarque presque où s'arrête le maquillage sur le visage de Naomi Watts et les multiples richesses du visage de Kong, véritable phénomène filmé façon Sergio Leone. Lorsque l'action s'emporte, aucun détail ne manque à l'appel et les magiciens des ateliers Weta offrent ici des sensations fortes reproduites avec soin.

Oubliez la version entendue en salles et sur DVD... ici, on ne nous fournit que la version de France. Lorsqu'on n'est pas habitué, c'est un désastre. Cependant, la piste offerte en DTS 5.1 est suffisamment compétente pour donner un spectacle qui n'ennuiera pas. La piste d'origine l'est davantage. Elle perce à jour le plus sourd bruissement d'arbre à la machine la plus bruyante. Les craquements de bateau, le cassement des arbres, la nature contre la ville, tout est fidèlement reproduit sans l'aide d'une banque de sons existante et nous sert ce plat inquiétant, mais qui colle parfaitement au film. Bref, on ne saurait demander mieux si ce n'était d'être aussi diversifié que les langues disponibles du Blu-ray de Serenity.

Universal ne gâte pas ses fans et c'est une des rares fois où le studio omet la majorité (comprendre six à neuf heures) de ses suppléments déjà présents sur les DVD actuels. La piste de commentaires par Peter Jackson et Philippa Boyens est informative et permet une écoute intéressante qui apporte un lot d'information pertinente. Cependant, le mode image sur image ne fait que reprendre une parcelle des bonus pour en faire une longue bobine plus ou moins divertissante. Du moins, lorsque l'on connaît l'existence des autres suppléments.

Cette édition, bien que peaufinée sur le plan de l'image et du son, apparaît bien maigre au niveau des suppléments. Contrairement aux éditions DVD présentant des heures et des heures, le Blu-ray ne suggère que très peu d'information excepté les (trop) courtes entrevues et quelques secrets de tournage. Quelques défauts sont à prévoir sur le plan audio, notamment l'absence totale de la piste française québécoise, ici remplacée par la piste de France pour les deux versions du film. Il est possible qu'Universal ressorte un jour ses gros canons et se décide à offrir tous les suppléments autrefois offerts, mais il ne faudrait pas compter là-dessus.


Cotes

Film8
Présentation7
Suppléments4
Vidéo10
Audio10