Lolita [Blu-ray]
Warner Home Video

Réalisateur: Stanley Kubrick
Année: 1962
Classification: 14A
Durée: 153 minutes
Ratio: 1.66:1
Codec: 1080p (VC-1)
Langue: Anglais (DTSHDMA10), Français (Mono), Espagnol (Mono)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 1 (BD-25)
Code barres (CUP): 883929193714

Ce disque Blu-ray est disponible chez: Amazon.ca

Selon Sébastien Cassou
26 août 2011

Il est très rare qu'une adaptation cinématographique ou télévisuelle d'une œuvre littéraire soit meilleure que le livre dont elle est tirée. En fait, de mémoire, parmi les centaines de films basés sur des romans que j'aie vus, seulement deux me viennent à l'esprit. Et les deux réalisés par Stanley Kubrick de surcroit! Le premier est The Shining de Stephen King où le réalisateur a su mieux que l'auteur (et avec tellement plus de style!) créer l'ambiance de terreur et de folie dans cet hôtel vide du Colorado et l'autre est ce Lolita adapté de Vladimir Nobokov.

Bien qu'il soit indéniable que le livre du romancier naturalisé américain soit assez réussi (bien que ce soit un des seuls romans que je n'aie pu lire jusqu'au bout - pour toutes sortes de raisons), je crois sincèrement que le milieu visuel offert par le cinéma était certainement plus propice à montrer cette relation d'infatuation de deux hommes murs pour une jeune nymphette hypersexualisée. Et même si le film de Kubrick tourné en 1961 demeure très prude et plein de sous-entendus là ou on s'attendrait à plus d'érotisme, la descente aux enfers de Humbert Humbert (James Mason) et celle en parallèle de son rival Clare Quilty (Peter Sellers - qui comme toujours s'en donne à cœur joie en enfilant trois ou quatre déguisements) est de loin plus palpable et troublante dans le long-métrage du cinéaste que dans le livre de l'écrivain.

Le vénérable professeur britannique Humbert (James Mason) déménage en Amérique pour y enseigner la poésie française dans une université. Désirant profiter de l'été avant de s'enfermer sur le campus, il loue une chambre dans une petite maison tenue par une veuve (Shelley Winters) ayant une adolescente sensuelle et précoce (Sue Lyons). Foudroyé par Cupidon, le brave intellectuel ne peut concevoir d'être séparé de la jeune fille et décide donc de marier la mère pour s'en assurer. Malheureusement, la nymphette aime bien s'amuser avec les garçons de son âge et n'est pas non plus indifférente aux attentions d'un dramaturge de passage (Sellers). Obsédé par la jeune fille et maladivement jaloux, Humbert ne connaîtra aucune limite pour se prévaloir de l'amour unique de sa "Lolita". Mais le prix à payer sera fort élevé pour tous ceux qui les entourent.

Bien que peu souvent cité parmi les chefs-d'œuvre du réalisateur, Lolita n'en demeure pas moins un film d'une grande maîtrise. À la fois marqué dans le temps par sa musique, son ambiance et sa pudeur naïve, le long-métrage est aussi intemporel par le traitement de son sujet et le regard porté à cette condition psychologique qu'est l'amour quand il est comme ici malsain et inacceptable. Les performances des principaux interprètent restent superbes, comme c'est toujours le cas avec Kubrick, et même si Sellers en fait parfois un peu trop dans ses changements de personnalité, sa lutte avec Mason pour les attentions de la jeune adolescente reste mémorable. La jeune Sue Lyon, disparue des écrans depuis, impressionne aussi par sa candeur et sa sensualité à peine contrôlée et Shelley Winters dans le rôle de la mère et épouse trompée - à plus d'un sens - vient compléter superbement la distribution.

Le rythme du film est plutôt lent et déplaira sûrement à nombre de cinéphiles nécessitant de l'action et de la rapidité même dans leurs drames psychologiques, mais conviendra parfaitement à ceux qui aiment bien prendre le temps de voir venir les choses. Bref, un autre grand film de Kubrick qui méritait depuis longtemps une sortie en haute définition.

Au niveau de la qualité vidéo, un excellent travail de transfert a été effectué. Une définition précise des contours et un noir et blanc tranché nous permettent d'apprécier l'image du film à sa pleine valeur. Les dégradés des nuances de gris sont aussi parfaitement ajustés. Pour l'audio, la musique légère contrastant avec le sujet plus dramatique est très présente en avant-plan. Le ton tranchant, mais ironique des dialogues et le nombre restreint de personnages permettent aussi un assemblage sonore intime qui est bien transcrit sur le support Blu-ray. Il n'y a pas de supplément sur ce disque haute définition.


Cotes

Film8
Présentation7
Suppléments-
Vidéo9
Audio9