Keith Richards, le guitariste des Rolling Stones et son principal compositeur avec Mick Jagger disait de Mick Taylor, remplacement de Brian Jones, qu'il était un excellent technicien, mais rien que cela! Il est vrai que les deux hommes connurent plusieurs divergences d'opinions qui menèrent au départ du prodige après quelques années tumultueuses au sein de la formation rock. Mais si on regarde la carrière subséquente de Taylor, on se demande si finalement Richards n'avait pas un peu raison.
Jeune prodige de son instrument, Mick Taylor débuta en grande au sein de la formation la plus importante de l'école du blues britannique, c'est-à-dire les Bluesbreakers de John Mayall. Groupe mythique où Eric Clapton et Peter Green le précédèrent et où il sut tout de même briller. Après avoir renvoyé le membre fondateur des Stones, Richards et Jagger demandèrent son avis à Jimmy Page qui leur conseilla le jeune prodige. Après une première rencontre musicale où Taylor pensait passer une audition pour accompagner les Stones en studio, il apprit à sa grande surprise qu'il était devenu membre à part entière de la formation. Après quelques albums mythiques comme "Beggar's Banquet", "Sticky Fingers" et "Exile on Main Street", et des tournées incessantes, le guitariste quitta le groupe au début des années 70 pour se lancer dans une carrière solo.
Depuis, il roule sa bosse dans de petits clubs et des salles moyennes sans n'avoir jamais percé comme vedette à part entière. Plus prisé comme accompagnateur sur des albums de Jack Bruce, Mike Oldfield ou Dylan, Mick Taylor ne put jamais s'établir comme un compositeur mémorable. C'est d'ailleurs ce qu'on constate après le visionnement du disque haute définition "New Morning: Mick Taylor Band - The Tokyo Concert".
Composé de sept pièces enregistrées dans un petit club de Tokyo, ce spectacle n'épatera personne et laissera même les amateurs du guitariste un peu pantois. Et comme les deux chansons les plus mémorables sont "You Shook Me" de Muddy Waters et "No Expectations" de Jagger/Richards, on se demande si tout ça vaut la peine. En fait, on a l'impression de voir un vieux routier qui a perdu toute passion pour sa musique et qui a décidé de s'amuser avec de vieux copains, question de payer quelques factures oubliées. Non pas que le guitariste ne soit pas en forme techniquement, mais on constate tout de même qu'il manque de feu et dans son jeu et dans ses yeux.
Au programme, outre les deux pièces déjà mentionnées, on retrouve les chansons rhythm'n'blues quelconques "Secret Affair", "Twisted Sister", "Losing my Faith" et "Blind Willie McTell". La dernière pièce au menu est une composition et interprétation insipide de son comparse le guitariste Denny Newman pendant que Mr. Taylor se repose. Bref, pour les mordus seulement.
La qualité vidéo du concert est excellente. De belles couleurs et des contrastes bien balancés ainsi qu'une belle chaleur des tons et une précision des détails en font un charme à visionner. Les possibilités de la haute définition sont poussées au maximum avec une image précise et bien vivante.Pour l'audio, on a aussi fait ici un excellent travail. Les deux guitares sont bien mises en évidence, mais les autres instruments trouvent aussi leur place dans la balance finale autant du Dolby 2.0 que du DTS 5.1. En supplément, on retrouve un documentaire intitulé "On the Road with Mick Taylor" qui nous permet de voir un peu la vie de tournée de l'artiste, tout en faisant une brève récapitulation de sa carrière. Intéressant, mais peu détaillé.
| Film | 6 |
| Présentation | 6 |
| Suppléments | 6 |
| Vidéo | 9 |
| Audio | 10 |