L'histoire des révoltés du navire de la marine royale britannique HMS Bounty (28 April 1789) a fait les manchettes à son époque et a traversé les siècles pour se retrouver dans plusieurs livres et romans (dont un de Jules Verne), dans des chansons et légendes ainsi que dans quelques films. Il y a celui de Frank Lloyd en 1935 avec Charles Laughton et Clark Gable, celui de Lewis Milestone en 1962 avec Marlon Brando et Trevor Howard ainsi que celui de Roger Donaldson en 1984 avec Mel Gibson et Anthony Hopkins. Aujourd'hui, je m'intéresse au "Mutiny On The Bounty" de 1935 qui vient de paraître en digibook sur disque Blu-ray.
Le voyage du HMS Bounty était particulièrement long (deux ans) et se voulait une expérimentation dans laquelle on allait chercher à Tahiti des boutures d'arbre à pain (dont le fruit présente une chair blanchâtre semblable à de la mie de pain après sa cuisson) pour nourrir leurs esclaves. Le film débute en nous mettant en situation avec la marine de l'époque. Les hommes à bord n'étaient pas des volontaires. On les ramassait dans les prisons et les tavernes et on les forçait à s'enrôler. Mais le pire, c'est qu'il ne serait commandé par nul autre que William Bligh (Charles Laughton), un homme très détesté par son désir de faire obéir ses hommes par les supplices. Il va même jusqu'à fouetter un homme mort pour montrer l'exemple. Des histoires de fromage volé et des punitions circonstancielles viennent à bout de tout le monde qui est prêt à lui sauter à la gorge. Après peu de temps après leur départ de Tahiti, la mutinerie éclate et l'histoire se divisera en deux voyages bien intéressants et une soif de vengeance à étancher.
Charles Laughton est vraiment celui qui m'a impressionné dans ce film. Nous y croyons à son personnage et nous aimons le détester! Clark Gable, sans sa fameuse moustache, arrive comme modérateur dans les conflits marins/direction, mais nous pouvons le voir détester les actions de son capitaine. Quand il se fâche, ça fait "Grrrrrrrrrrrrrr" et ça ne sonnent pas très sérieux à ce moment-là. Alors que les autres acteurs semblent vivre l'aventure (ou mésaventure), ses réactions semblent plus scénarisées qu'autre chose. Côté réalisme, nous nous apercevons que tout l'exercice de la marine de l'époque (les costumes, les commandements, les bateaux, etc.) a été étudié aux petits oignons. Mais le scénario a été écrit à partir du roman de Charles Nordhoff et James Norman Hall qui avait déjà pris des libertés dans l'histoire , alors on repassera avec la réalité! Peu importe, le film est remarquable en soi, car malgré qu'il roule au-delà de deux heures, aucune séquence ne tire en longueur, même les longs discours sur le pont du navire.
Sautons à la qualité visuelle... En fait... Il manque quelques images ici et là qui font sauter le film. Au moins deux occasions sont vraiment évidentes. Ça saute aux yeux! Certaines séquences (voire même quelques scènes dans la même séquence) proposent un grain plus généreux, spécialement dans les angles sombres, surtout dans les scènes extérieures. De plus, certaines scènes extérieures m'avaient l'air beaucoup plus embrouillées que d'autre comme si de la vapeur avoir été utilisée pour donner un certain effet. Si je mets ces problèmes de la source (type de négatif, bris irréparables) de côté, nous avons une image très détaillée et très propre, digne de tous classiques qui font son entrée en haute définition, certainement plus efficace que sa version DVD. La piste sonore DTS-HD monophonique ajoute avec sa résolution de la clarté aux dialogues et à la musique d'Herbert Stothart, sans vraiment aller plus loin.
Les suppléments sont plutôt limités, mais certainement intéressants pour tout amateur d'histoire (le public cible d'aujourd'hui pour ce film d'ailleurs!). Il y a un court-métrage documentaire à propos des habitants de Pitcairn Island où les descendants des révoltés du Bounty ont une vie à mi-chemin entre la liberté et la misère. Ensuite, il y a un newsreel sur la remise de l'Oscar du meilleur film (très différent d'aujourd'hui avec son immense cérémonie) et la bande-annonce de la version 1962 du film qui permet de voir quelques différences avec la version 1935. Le contenu du digibook est aussi léger, mais contient tout de même quelques énoncés intéressants et de belles photographies.
Mélange de réalité et de fiction, "Mutiny On The Bounty" se veut d'abord un excellent divertissement et livre la marchandise. Un transfert plus que potable et un joli digibook rendent l'ajout à une collection de classiques en haute définition encore plus attrayante. La version 1962 est également une propriété de Warner. Un ensemble avec les deux films aurait été bien intéressant!
| Film | 8 |
| Présentation | 6 |
| Suppléments | 4 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 7 |