Avec une précision irréprochable, grande qualité dans le monde des voleurs, voici que nous arrive le troisième (et dernier?) volet des aventures de Danny Ocean et de ses acolytes. Après un petit dépaysement européen dans Ocean's Twelve, dont la qualité n'a épaté personne, notre petit groupe est de retour dans cette bonne ville de Las Vegas, prêt à montrer qu'il ne faut pas se frotter à eux.
"Ocean's Thirteen" met donc en vedette pratiquement la même distribution colossale que les deux premiers films à savoir George Clooney, Brad Pitt, Matt Damon, Carl Reiner, Elliott Gould, Casey Affleck, Scott Caan, Bernie Mac, Don Cheadle, Shaobo Qin, Eddie Jamison, Andy Garcia et on y rajoute cette fois-ci Al Pacino, Ellen Barkin et Eddie Izzard. J'espère simplement qu'ils n'ont pas reçu leur salaire habituel. Nous sommes de retour dans la ville qui ne dort jamais et Reuben (Elliott Gould) s'en fait jouer une vite par le richissime propriétaire Willie Bank (Pacino). La surprise est telle que notre pauvre homme est terrassé par une crise cardiaque sans que Bank ne vienne à son secours. L'esprit d'équipe aidant, Danny Ocean et les autres ne mettront pas longtemps à décider de se venger. Ici, pas question de cambriolage : on veut s'attaquer directement à ce que Bank possède de plus important et qu'il chérit le plus au monde : cinq diamants. Ces derniers sont le symbole de la réussite pour tous ses autres casinos. Le groupe veut donc s'attaquer à l'ouverture de son nouveau bijou de Las Vegas : The Bank, afin que celui-ci ne récolte pas le prestigieux "Trophée des cinq diamants" et va quand même en profiter pour vider les coffres du plus gros et plus imposant casino, amenant avec eux 500 millions de dollars. Plusieurs tactiques seront donc au rendez-vous afin de mettre leur plan à exécution, que le tout soit couronné de succès et que vengeance soit faite.
Même si les amateurs, dont je fais partie, sont heureux de voir revenir l'histoire dans le Nevada, le premier film reste pour l'instant le meilleur, ce troisième se calquant quand même pas mal sur le premier. Humour (les allusions et les clins d'œil sont nombreux) et suspense sont bien au rendez-vous et en utilisant toujours des astuces de fenêtres à l'écran, Soderbergh nous en offre plus pour le même prix, mais nous permet aussi de bien comprendre un déroulement d'histoire souvent enchevêtré. Les effets spéciaux visuels sont plus nombreux dans ce film, principalement avec les vues extérieures du "faux" casino dans le panorama de Las Vegas (certainement des idées pour des architectes en manque d'inspiration). Par contre, je dois bien avouer que l'implication d'une immense foreuse à tunnels est un peu trop à mon goût et enlève un peu de crédibilité (même si le reste de la "mission" peut aussi être un peu trop fantaisiste).
Pour cette édition haute définition Blu-ray, Warner a joué la grande prudence, avec un résultat très sobre. Tout d'abord, l'image, offerte en format panoramique et à la résolution 1080p codée en VC-1, peut surprendre à cause de sa qualité plutôt basse. En fait, elle reflète la volonté du réalisateur Steven Soderbergh, qui souhaitait une image avec un contraste et un niveau de bruit élevé. Et bien entendu, en haute définition, cela se voit bien. Bien entendu, l'image reste belle, mais différente de ce qu'on a l'habitude de voir au format Blu-ray. On se rattrape un peu plus avec les trois pistes sonores en Dolby Digital 5.1 qui, sans atteindre l'apothéose, restituent bien les ambiances, surtout celles des casinos, et comme dans ces derniers, peuvent vite devenir énervantes (surtout le bruit des machines à sous). On peut par contre être surpris de ne pas trouver de piste sans perte que l'on retrouve habituellement sur les disques en haute définition. Les menus sont simples et reprennent le graphisme de la franchise.
Pour les suppléments, on retrouve bien entendu ceux disponibles dans la version DVD, à savoir un documentaire de 24 minutes sur Las Vegas et son "opulente illusion", avec de petits secrets sur la façon qu'ont les différents établissements avec leurs visiteurs. Puis dans un court deux minutes, le producteur Jerry Weintraub nous fait visiter le décor principal du film, à savoir la grande salle du casino de Bank. Et tout y est fonctionnel. Et quelques minutes de scènes supprimées, qui sans être primordiales, sont intéressantes.
Du côté des exclusivités Blu-ray, nous avons tout d'abord une piste de commentaires avec le réalisateur Steven Soderbergh et les auteurs David Levine et Brian Koppelman. Les trois hommes se laissent aller avec quelques confidences sur l'élaboration du scénario, mais aussi sur leurs idées des personnages. À écouter lors d'un deuxième ou troisième visionnement. Aussi disponible, un documentaire un peu en marge du film, il faut bien l'avouer, mais quand même intéressant, qui nous présente quatre histoires vraies de filous ou génies notoires qui ont, dans les années passées, dupé à leur façon les gens ou les autorités. À noter que seules les scènes supprimées sont présentées en haute définition, mais que tous les suppléments (sauf la piste de commentaires) sont sous-titrés.
Au hasard des plans, vous apercevrez à l'image Oprah Winfrey (dans son propre rôle), Margaret Travolta (la sœur de John), Vincent Cassel (qui reprend brièvement son rôle de Toulour), Julian Sands et même le producteur Jerry Weintraub.
Même si on doute qu'il y ait d'autres films de cette série, il ne va sans dire que nous sommes plutôt contents de voir que la franchise continue sur une meilleure note que la précédente édition. L'équipe d'Ocean est de retour, et en grande forme. Julia Roberts n'est plus là, et il manque un peu de féminité, malgré la présence d'Ellen Barkin. Si vous avez aimé les deux premiers, vous pouvez y aller les yeux fermés.
| Film | 8 |
| Présentation | 5 |
| Suppléments | 6 |
| Vidéo | 8 |
| Audio | 9 |