Quand j'étais jeune et que ma mère faisait cuire du navet, l'odeur qui se dégageait de la cuisine suffisait à me faire fuir de la maison. C'est peut-être à cause de cela que l'on colle aujourd'hui l'étiquette de "navet" à un mauvais film. Dans la grande usine de recyclage hollywoodienne, le navet se cultive à longueur d'année, mais le mois de janvier (période creuse après le temps des Fêtes) est particulièrement propice à l'apparition de ce légume nauséabond sur nos écrans. "One Missed Call" est un des premiers films de l'année, et c'est un gros navet bien juteux.
Sonnerie de téléphone cellulaire. Vous avez un nouveau message dans votre boîte vocale. Vous entendez votre propre voix, dans le futur, au moment de votre décès. Après votre mort, votre téléphone appelle un de vos contacts, laisse un message, et ainsi de suite. Une bande d'étudiants meurent à la chaîne de façon violente et Beth (Shannon Sossamon) est la prochaine sur la liste. Elle reçoit l'aide du détective Jack Andrews (Ed Burns), dont la soeur, qui travaillait comme infirmière dans un hôpital ravagé par un incendie, était la première victime. Il y a un fantôme de mauvaise humeur qui se cache là-dessous.
Réalisé par Éric Valette, "One Missed Call" est le remake d'un film mineur de Takashi Miike sorti en 2003. Mais alors que le cinéaste japonais est assez tordu et imaginatif pour pondre un film regardable à partir d'un scénario de dix lignes avec une prémisse ridicule, ce n'est pas le cas pour Valette. De Ringu à The Grudge, en passant par le film coréen Phone, il ne fait que recycler tous les clichés du genre et le résultat est aussi prévisible que convenu. Le développement des personnages est absent (ils meurent, et alors?), l'intrigue est truffée d'invraisemblances, la tension est inexistante et l'imagerie utilisée pour appuyer l'atmosphère relève du déjà vu. Il y a des films d'horreur tellement nuls qu'ils ont au moins le mérite de nous faire rire. Ma collègue Catherine Nguyen (critique DVD) a ri, la chanceuse! Moi j'ai failli pleurer devant autant de nullité.
Le transfert de cette édition Blu-ray est dans les normes pour un film récent doté d'un petit budget et tourné à la caméra numérique. L'image est claire et propre, mais la pellicule est un peu granuleuse lors des scènes tournées dans des environnements plus sombres. Le niveau des contrastes et des détails est bon, mais l'étalement des noirs est parfois approximatif. La qualité sonore est adéquate, mais inégale. La piste offre son lot d'effets ambiophoniques lors des scènes (supposément) chocs, appuyés de la musique tonitruante qui indique au spectateur que c'est maintenant le temps d'avoir peur, mais elle manque un peu de dynamisme quant vient le temps de soutenir l'ambiance générale. Les dialogues sont clairs et facilement audibles. La présentation est standard, les menus sont fades et minimalistes et, heureusement, aucun supplément n'est offert sur cette édition. Pfiou...
"Êtes-vous prêts à entendre le son de votre mort?", peut-on lire sur le boîtier. Aucune idée, mais si on me force à regarder ce navet une autre fois, je devrai téléphoner à S.O.S. Suicide.
| Film | 1 |
| Présentation | 4 |
| Suppléments | - |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 7 |