La force de "Orphan", c'est de parvenir à déjouer les conventions du film d'enfant diabolique pour offrir un résultat original et rafraîchissant. Bien qu'occasionnellement longuet et parfois inutilement sirupeux, ce long-métrage s'acquitte parfaitement bien de son statut de série B en pleine puissance, et propose un revirement final qui risque de clouer le bec à plus d'un.
Suite au décès prématuré de ce qui aurait été leur troisième enfant, Kate et John Coleman (interprétés avec brio par Vera Farmiga et Peter Sarsgaard) décident de se tourner vers l'adoption. C'est ainsi qu'ils rencontreront Esther, orpheline russe de neuf ans polie et bien élevée. Alors que les accidents et les corps se multiplient à un rythme alarmant, Kate commence à douter de la nature d'apparence si saine de sa nouvelle fille.
Popularisé avec The Omen en 1976, le thème de l'enfant maléfique a été vu et revu au cinéma sous tellement d'angles qu'il est maintenant difficile d'y trouver quelconque intérêt. Dans les circonstances, "Orphan" ne peut donc certainement pas se vanter d'avoir une prémisse originale. Par contre, la réalisation stylisée de Jaume Collet-Serra (on lui pardonne le très ordinaire House of Wax) et le jeu exceptionnel de la jeune Isabelle Fuhrman dans le rôle d'Esther parviennent à véhiculer un soupçon de fraîcheur au genre, qui en avait bien besoin. Le résultat, bien qu'inégal, est jouissif. Pour ce qui est de la fin, disons qu'elle ne plaira certainement pas à tout le monde. Ceux qui n'adhèreront pas au concept devront tout de même en féliciter l'audace.
La pochette cartonnée présente sobrement le visage d'Esther. C'est simple, mais fascinant. Le menu principal est statique et sans musique, mais bien navigable. Se déroulant dans un univers froid et terne, "Orphan" impressionne de par son rendement incroyablement réaliste de la photographie blanchâtre. La palette de couleurs est principalement fade mais claire, et les tons de peaux sont rendus de façon organique. Le niveau de détails est très haut, et il est facile de se perdre dans la contemplation des décors. La piste sonore, sans impressionner outre mesure, joint convenablement les voix aux effets sonores. C'est décent, mais l'immersion n'y est pas complète.
Cette édition de "Orphan" est plutôt pauvre en suppléments. Au menu, une revuette superficielle de quinze minutes intitulée "Bad Seeds and Evil Children", faisant un retour historique sur les enfants diaboliques du 7iem, et quelques scènes supprimées de très basse qualité. La seule attraction digne de mention ici est une fin alternative. Sans être "à glacer le sang" comme la pochette l'indique, il s'agit toutefois d'une variante intéressante à une fin déjà très réussie.
Les réactions ne seront définitivement pas unanimes par rapport à ce "Orphan". Le long-métrage ne deviendra certes pas un classique, mais parvient tout de même à s'extirper de sa prémisse banale en alliant aisément style et frissons. Voilà un renouveau bienvenu pour un sous-genre que l'on croyait mort depuis longtemps.
| Film | 7 |
| Présentation | 7 |
| Suppléments | 5 |
| Vidéo | 9 |
| Audio | 7 |