Je n'avais aucune attente quant au film "Pathfinder" puisque je n'en avais jamais entendu parlé dans mon entourage. Pourtant, lors de sa sortie DVD en juillet dernier, il avait capté mon attention par sa pochette relatant bien son action, sans toutefois me pousser à l'achat. Quelques mois plus tard, le même film, dans sa version "Unrated", nous arrive sur support Blu-ray. Jusqu'à aujourd'hui, Fox nous a toujours proposé sur ce format que des titres ayant un certain attrait pour la haute définition. Raison de plus au visionnement!
"Pathfinder" nous ramène à une épopée similaire au Conan: The Barbarian des années 80, mais cette fois-ci en Amérique du Nord ancienne, six siècles avant Christophe Colomb, dans un conflit entre les Amérindiens des Premières Nations et des Vikings sanguinaires. Mais Conan était de la petite bière à côté de la violence brutale de ce film. Mais ce n'est pas à ce niveau que règne l'histoire du film, même si cela représente plus de la moitié de celui-ci. On y raconte l'histoire d'un enfant d'une dizaine d'années, Viking d'origine, qui a vu ses semblables tuer et retuer au point d'en être marqué dans ses rêves. Pour une raison inexpliquée, il est retrouvé seul dans un navire échoué, recueilli par les indigènes de la région. Sautons une quinzaine d'années où "Ghost" (Karl Urban), nommé ainsi pour sa peau blanche, fait partie à part entière de la communauté indienne... mais pas tout à fait selon le Pathfinder, un chef nomade qui conduit les hommes aux bonnes routes selon les saisons. Ghost a encore des démons intérieurs à vaincre... son cœur est plein de vengeance. Le retour des Vikings, menés par le sauvage Gunnar (Clancy Brown), n'a qu'entretenu sa soif de vengeance alors que ceux-ci ont rasé son village, tué ses parents adoptifs. Grâce à la femme qu'il aime, Starfire (Moon Bloodgood) - la fille du Pathfinder, il retrouve ses moyens pour vaincre le mal, utiliser sa force contre lui.
Influencé par l'histoire du film norvégien Ofela de Nils Gaup et réalisé par Marcus Nispel, celui derrière le remake en 2003 de The Texas Chainsaw Massacre, "Pathfinder" est une histoire attachante avec une bonne balance entre l'action et l'émotif. Cependant, il ne faut pas être dérangé par les éclaboussures d'hémoglobine, car nous en avons presque continuellement - c'est tout de même des combats à l'épée que nous avons ici! Les paysages de Vancouver (qui sont censés représenter le Terre-Neuve de l'époque) deviennent des personnages tellement qu'ils sont majestueux, même que la nature sera, dans toute sa splendeur, le vainqueur final.
La haute définition est un atout pour ce film, non seulement pour les séquences d'action qui semblent plus grandes que nature, mais pour tous les petits détails qui ressortent avec brio. Les marques dans le métal, la texture des cuirs, l'écorce des arbres, nous pouvons presque y toucher. Beaucoup de soin a été apporté à ce transfert. Les couleurs sont rares dans ce film tirant sur le gris. En fait, la seule couleur qui ressort provient des éclaboussements de sang qui sont extrêmement saturés. Je suis bien surpris de voir ce film compressé en MPEG-2, mais le haut débit numérique fait en sorte que les artefacts de compression habituellement associés au format sont très rares. La seule vraie occasion qui m'a sauté aux yeux est au moment des crédits finaux qui défilent de bas en haut, entourés d'une certaine grisaille. Il y a aussi un peu de grisaille ici et là provenant peut-être de la pellicule. La piste sonore anglaise DTS-HD Master Lossless Audio, habituellement présente sur tous les titres de Fox, nous gâte énormément avec une ambiophonie extraordinairement atmosphérique. Tous les bruits de la forêt nord-américaine jaillissent continuellement dans nos oreilles. Oiseaux, insecte, vent et eau se retrouvent toujours quelque part dans un des haut-parleurs. N'ayez pas peur de monter le son! Les quelques dialogues sont clairs, alors que la majorité du film est sans parole, que des coups d'épée et des flèches qui vous sifflent près de la tête. Les menus sont ordinaire, mais facile à navigués.
Les suppléments sont introduits par une piste de commentaires très informative de la part du réalisateur. Sans devenir le narrateur du film, il parle du tournage des différents plans, de l'adaptation du sujet original, en fait de la poutine de la production, de ce qu'il a aimé et ce qui aurait pu se passer dans le tournage, quelque anecdotes et un hommage à la chance qu'il a de pouvoir tourner des films. Tant qu'à revisionner le film, vous pouvez activer le "The Path Revealed" qui se trouve être une piste de commentaires textuels de faits divers, mais il y a tellement de panneaux de texte que vous aurez de la misère à faire autre chose que lire! Mis à part les bandes-annonces, les autres suppléments sont en définition DVD (480p), soit un documentaire de quelque trente minutes sur la production ainsi que des scènes retranchées. Le documentaire nous est présenté en six parties, soit "The Beginning", "The Design", "The Build", "The Shoot", "The Stunts", "We Shoot Now" et "Clancy Brown, Cult Hero", qui sont pour la majorité un ramassis de séquences tirées du film avec quelques artisans qui discutent de leur valeur.
Je dois dire que j'ai bien aimé le film malgré toute l'hémoglobine. Il faut dire que cette dernière n'est pas présentée horriblement comme dans un film d'épouvante, mais tout simplement comme résultat du combat. Je n'ai jamais trouvé rien de "dégelasse", qui m'a levé le coeur durant ce visionnement. Positionné très dans le genre action, ne cherchez pas trop le dialogue spirituel ou intelligent et vous serez bien satisfait de ce film!
| Film | 7 |
| Présentation | 6 |
| Suppléments | 5 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 10 |