The Prestige [Blu-ray]
Walt Disney Home Entertainment / Touchstone Home Entertainment

Réalisateur: Christopher Nolan
Année: 2006
Classification: 14A
Durée: 130 minutes
Ratio: 2.35:1
Codec: 1080p (AVC)
Langue: Anglais (LPCM51, DD51), Français (DD51), Espagnol (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres:
Nombre de disques: 1 (BD-50)
Code barres (CUP): 786936726695

Ce disque Blu-ray est disponible chez: Amazon.ca

Selon Simon Bergeron
2 mai 2010

La réputation de Christopher Nolan n'est plus à faire, et ce, depuis son remake en 2002 de Insomnia avec Al Pacino et Robin Williams. Sa filmographie témoigne qu'il est un maître du suspense, de tension et un raconteur hors pair. Qu'il s'agisse de renouveler une icône vouée à l'échec à la fin des années 90 (à savoir Batman), ou de nous émerveiller avec des films sortis de son imagination (le génial Mémento), le réalisateur anglais n'a certes pas fini de nous en mettre plein la vue et "The Prestige" ne dément pas à la règle.

L'un est un magicien-né (Christian Bale), l'autre a appris la technique (Hugh Jackman). Sur cette base, ils se lient d'une certaine amitié se transformant peu à peu en une rivalité risquant de les consumer tous les deux. Le tout ouvre sur le procès de Borden (Bale), accusé d'avoir tué son rival Angier (Jackman). L'histoire reprend en arrière dans le temps et raconte ainsi les moments clés de leur brève amitié et les évènements ayant causé la perte de contrôle de ces deux hommes envers leur "travail" d'émerveiller le public. Les magiciens atteignent une renommée avec des numéros (qui ne sont pas le clou du film) qui gagnent l'admiration de chacun jusqu'au jour où l'un d'entre eux parvienne à découvrir un numéro jamais mis en scène... un numéro parfait et inimaginable. Le sort en est jeté, la table est mise pour un affrontement entre deux hommes bien décidés à faire échouer leur concurrent respectif.

À priori, Nolan n'a jamais été un fan des effets spéciaux pour appuyer son film. En effet, et The Dark Knight peut en témoigner, combien de personnes se sont réellement demandé: mais comment diable a-t-il fait ça? Non, le réalisateur dose les effets avec une sagesse telle que l'histoire prend le dessus à chaque fois. Les effets spéciaux ne sont entre autre qu'une manière de remplir des cases vides et non parce que le scénario était faiblard (hein, Michael Bay?). Ici, les maints duels entre "Wolverine" et "Batman" (Hugh Jackman et Christian Bale) rehaussent les personnages de manière à créer une tension à couper au couteau à la fin du film. Si les effets spéciaux sont loin d'être multiples (voire inexistants), c'est pour laisser pleine mesure à deux acteurs au sommet de leur art. Hugh Jackman trouve ici le meilleur rôle de sa carrière (à ce jour) et Bale confirme qu'il est un excellent acteur de composition. Le reste de la distribution est impeccable à commencer par Michael Caine, jouant la figure paternelle et Scarlett Johannson dans le rôle du complexe d'Œdipe savamment orchestré. On notera également une apparition surprise de David Bowie dans un rôle pivotant et qui ne cède pas non plus sa place. Tout le monde offre une prestation de qualité et le film n'en ressort que mieux. Les multiples chroniques et incidents, les quiproquos et mystères survolant certains personnages ou évènements, témoignent du talent évident non seulement des acteurs, mais des scénaristes: Christopher Nolan et Jonathan Nolan, le premier ayant cherché à adapter une courte nouvelle de ce dernier. Certains aspects psychologiques sont si bien fouillés que regarder quelques scènes rend le spectateur mal à l'aise, émotion qui le suivra jusqu'à la toute fin. Parfois, une critique mensongère laisse entendre un excellent commentaire, mais celui imprimé sur la pochette ne saurait être plus vrai. L'un des talents de Nolan demeure celui de manipuler le spectateur, la chronologie et l'art de présenter un objet sous une forme qu'il n'est pas. En l'occurrence, beaucoup de personnages ne sont pas ce qu'ils prétendent et plusieurs évènements ne sont pas ceux que l'on a vus. Pourquoi Nolan créerait-il une pareille supercherie? Tout simplement parce qu'il en a le talent ET qu'il s'en approprie le droit. Après tout, le cinéma n'est-il pas lui-même une magnifique supercherie?

Si vous voulez un Blu-ray de qualité de référence, "The Prestige" se doit d'en être. Dans les scènes à textures multiples, on notera une attention particulière dont le transfert s'acquitte admirablement. Des ampoules allumées dans un champ dominé par le brouillard pourraient faire vaciller un transfert aisément du côté "correct", mais Disney offre une référence visuelle impeccable et permet ainsi de demeurer connecté à l'univers plutôt que de distancer le spectateur, chose malheureusement encore trop ignorée dans le domaine actuel. Le directeur de la photographie, Wally Pfister (aussi celui de The Dark Knight), a également reçu une nomination aux Oscars pour son travail dans ce film. Il ne faudrait donc pas rater cette occasion. Bien que la majorité du film soit dévouée à l'ambiance tangible, on dénote dans les moments les plus éclatants une réelle attention sonore donnant ainsi à la piste d'origine un bond lui permettant de prendre vie au lieu de n'offrir que le strict nécessaire. En effet, les scènes et dialogues haussant la tension d'un cran sont si violents qu'il ne faudrait pas se surprendre de faire le saut à quelques reprises... et de réinstaller son subwoofer à son endroit d'origine...

Quelques revuettes sur le tournage et une galerie d'images ne manquent pas de laisser un appétit non comblé. Bien que le tout soit pertinent et informatif, il reste l'aspect des acteurs à développer, la technique de mise en scène, le point de vue de certains départements, des scènes coupées, des bandes-annonces, etc. Un aspect stupéfiant de ce film réside dans le fait qu'il fut écrit, produit, tourné et livré en salles en moins d'une année. Un record pour un film d'une si haute qualité. Comme quoi 59 prises ne sont pas toujours nécessaires. Remplissant néanmoins une partie d'un carnet de suppléments minimal, on lui laisse la note de passage.

Les amateurs du réalisateur seront ravis, les néophytes y trouveront leur compte de "magie" dans cette fine adaptation. La mise en scène férocement subtile et méticuleuse ne finit jamais de séduire alors que les duels entre les deux magiciens prennent une ampleur démesurée... et que dire de cette finale qui pourrait rendre M. Night Shyamalan jaloux?! Il n'y a rien à détester de ce film, prouvant d'un projet à l'autre que le sieur Nolan pourrait bien être le nouveau Alfred Hitchcock de cette ère, damant ainsi le pion au cité Shyamalan, lequel a perdu la touche en recyclant une même mouture, devenue avec le temps indigeste. Avec "The Prestige", Nolan marque un coup de circuit frappant et désarmant, raconté dans un univers où rien ne paraît être ce qu'il est vraiment. Du cinéma à son meilleur et une des entrées plus puissantes, à ce jour, du réalisateur. Très fortement recommandé.


Cotes

Film10
Présentation9
Suppléments6
Vidéo10
Audio9