Race to Witch Mountain [Blu-ray]
3-Disc Edition
Walt Disney Home Entertainment

Réalisateur: Andy Fickman
Année: 2009
Classification: PG
Durée: 99 minutes
Ratio: 2.40:1
Codec: 1080p (AVC)
Langue: Anglais (DTSHD51), Français (DD51), Espagnol (DD51)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres: 13
Nombre de disques: 3 (BD-50 + DVD-9 + DVD-5)
Code barres (CUP): 786936787252

Ce disque Blu-ray est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
1er novembre 2009

La course contre la montre peut débuter dans ce nouveau tour de piste qu'offre "Race to Witch Mountain" où The Rock doit assurer la sécurité d'enfants venus d'une autre galaxie. Une chasse à l'extra-terrestre à la fois musclée, inutile et répétitive, maintenant disponible en format Blu-ray. L'idée n'est pas bête. Au lieu de reprendre des classiques, pourquoi ne pas refaire des petits films charmants qui n'ont pas transcendé leur époque? C'est ce que Disney a décidé de faire en remettant au goût du jour le mignon et fortement oubliable Escape to Witch Mountain que John Hough a réalisé en 1975, soit trois années avant sa suite peu inspirée.

C'est que le sujet était indémodable. Deux visiteurs de l'espace (AnnaSophia Robb et Alexander Ludwing) qui cherchent à sauver leur planète reçoivent l'aide d'un chauffeur de taxi (Dwayne The Rock Johnson) et d'une ufologue (Carla Gugino). Ils doivent cependant se hâter, car les autorités américaines sont à leur trousse, ainsi qu'on objet volant non identifié qui se plaît à tout détruire sur son passage.

Quelle histoire! Et quel traitement!! Fort de ses populaires et superficiels She's the Man et The Game Plan, le metteur en scène Andy Fickman reprend du service en dépoussiérant une vieille fable enfantine. Avec un savoir-faire qui plairait bien à un certain Michael Bay. C'est que cette production, sorte de vidéoclip de 100 minutes, offre un montage épileptique. La fin du monde arrive, alors le bombardement d'informations se doit d'être instantané, de la première à la dernière seconde. Les images, précises et détaillées, sont accompagnées de couleurs toujours justes, de contrastes suffisamment sombres et homogènes et de belles teintes qui font oublier ces quelques instants de blocage.

Ces poursuites haletantes sont accompagnées d'une omniprésente et peu ragoûtante musique que Trevor Rabin sature jusqu'à l'overdose. Le tout est heureusement accentué par de formidables pistes sonores qui font littéralement exploser les différents haut-parleurs de mélodies imparables, d'explosions, de klaxons et d'hélices d'hélicoptères. L'idéal pour se retrouver sur le champ de bataille le plus rapidement possible. Les voix, un poil faibles, mais tout de même audibles, peuvent être soutenues par d'intéressants sous-titres blancs dans une multitude de langues.

Ces éléments "techniques" sont utilisés pour créer un rythme et une tension qui ne fonctionneraient pas autrement. C'est que la prémisse - régurgitée avec un humour pince-sans-rire, beaucoup d'action violente et des effets spéciaux pas toujours convaincants – échappe à toute logique. À tel point que la venue d'extra-terrestres est l'élément le plus réaliste du lot! Tout le monde aimerait conduire un taxi indestructible qui roule plus rapidement qu'un avion. Et avoir comme ami The Rock qui est capable de se frayer un chemin à travers 100 vils individus tout en arrivant à pénétrer dans un lieu hautement surveillé en passant par un souterrain... laissé vacant! Pas fort. Tout comme ce propriétaire de bar qui décide de mettre une serrure sur son toit pour être certain que personne de l'intérieur ne puisse s'échapper en cas d'incendie... et que les voleurs puissent entrer avec une facilité déconcertante!

En revanche, pris au 10e degré, ce récit stupide est d'une drôlerie insoupçonnée. Les répliques et les situations sont tellement grossières qu'elles finissent par faire rire. Les méchants sont vraiment diaboliques et les gentils sont des héros qui n'ont pas froid aux yeux. Ces caricatures ambulantes, qui démontrent que le peuple normal est bon alors que les instances gouvernementales sont dirigées par des réincarnations du diable, déteignent sur le jeu robotisé des interprètes. Hormis le mésestimé Southland Tales, Dwayne Johnson n'a jamais véritablement bien choisi ses rôles et ce n'est pas maintenant qu'il commencera. Ses biceps et ses sourires en coin s'avèrent cependant plus convaincants que le reste de la distribution. Personne ne fait le poids, sauf peut-être ce chien qui arrive subitement dans le décor, obligeant les deux enfants à arrêter leur quête de sauver la planète afin de s'occuper de leur nouvel ami...

Cette édition est cependant surprenante. Elle comprend notamment un Blu-ray, un DVD pour les gens qui ne possèdent pas la technologie bleue et une copie numérique pour l'ordinateur! Oui, Walt Disney pense réellement à tous les publics. La pochette, quétaine à souhait, montre les protagonistes et des extra-terrestres dans des tons marins. Le menu principal du disque propose plutôt un menu gris sur un air musical rythmé. Peu surprenant, mais pas décevant non plus. De rares suppléments sont au rendez-vous. Il est possible d'accéder à quelques bandes-annonces, il y a moins de quatre minutes de scènes ratées parsemées de fous rires et neuf séquences retranchées qui traînaient en longueur. Un bonus exclusif au format Blu-ray est composé d'un court segment de huit minutes qui compare le long-métrage aux versions précédentes, notant au passage les clins d'œil et les hommages. Rigolo, mais pas autant que des documentaires sur les effets spéciaux et une piste de commentaires qui manquent terriblement.

Divertissement bourrant et affligeant, "Race to Witch Mountain" n'a certainement pas le charme kitch et désuet de la première mouture. Contrairement aux deux National Treasure dont il a plus d'un point en commun (l'action, l'aventure et l'humour prennent constamment le pas sur la vraisemblance), le récit amusera difficilement les petits et les grands enfants. Les premiers seront dégoûtés par la grande violence, alors que les seconds préféreront revoir Watchmen une seconde fois plutôt que d'assister à ce répétitif spectacle simpliste.


Cotes

Film4
Présentation7
Suppléments4
Vidéo8
Audio9