Avec ses quatre Oscars sous le bras (meilleur film, réalisateur, scénario et acteur) et son grand succès commercial, "Rain Man" a toujours été considéré comme unes des œuvres maîtresses du cinéma américain des années 1980. Avec raison. La voici enfin qui débarque en version Blu-ray. Près de 23 ans après sa sortie en salles, le long-métrage n'a pas perdu de son charme et de son efficacité.
Charlie (Tom Cruise) a toujours été en guerre contre son paternel. Lors de son décès, il pense pouvoir toucher un important héritage qui l'aidera à éponger ses dettes. Quelle n'est pas sa surprise d'apprendre que l'argent et les biens ont été légués à son grand frère autiste Ray (Dustin Hoffman) dont il ignorait l'existence. Afin d'arriver à ses fins, Charlie décide d'amener Ray dans une longue balade en voiture qui le mènera de Cincinnati à Los Angeles.
Sorte de road-movie familial, "Rain Man" a le mérite de ne jamais forcer inutilement la dose. Malgré son ton dramatique et ses thèmes universels (la difficulté à communiquer, la nécessité de prendre soin des gens, etc.), l'humour et un sentiment de légèreté empêchent les affres du mélo d'apparaître. Tout cela est possible grâce au scénario sensible qui déploie sobrement ses membranes, débutant dans la banalité pour aller vers des zones plus sombres et essentielles.
Porté par une mise en scène fluide de Barry Levinson, l'effort offre également la chance à de bons comédiens de briller. Tom Cruise a déjà été un acteur intéressant et il le prouve aisément dans le rôle d'un personnage qui n'est jamais complètement sympathique ou antipathique. À ses côtés Dustin Hoffman est tout simplement magistral. Même si Hollywood aime récompenser les grands interprètes qui campent des individus "différents", il n'y a rien ici de maniéré ou de malhonnête, bien au contraire. Le duo, étincelant, sait faire rire et émouvoir tout à la fois.
Les qualités techniques sont honnêtes, sans plus. Il y a encore du grain et des égratignures qui existent. Les contrastes manquent également de nuance. En revanche la palette des couleurs est juste, et certaines teintes plus développées finissent par se faire justice. Sans exploiter convenablement les enceintes, les pistes sonores demeurent intéressantes dans leurs façons de faire ressortir des bruits d'avions, d'alarmes et de vent. Les voix rarement entravées peuvent être soutenues par des sous-titres blancs dont l'écriture est parfois un peu petite. La musique utilisée, très peu orthodoxe chez le compositeur Hans Zimmer, offre de la flûte de pan, ce qui est un exploit en soi.
La pochette assez représentative montre les deux protagonistes qui marchent sur une longue route perdue. Les suppléments comprennent une bande-annonce, une redondante scène supprimée, un intéressant documentaire de 22 minutes sur l'élaboration du projet et un essentiel segment de 21 minutes sur le monde de l'autisme. Les plus courageux voudront écouter ces trois pistes de commentaires qui ne manquent pas de captiver. La première est narrée par Barry Levinson et il s'en tient généralement à ce qui se passe à l'écran. Les deux autres, gracieusetés des scénaristes Barry Morrow et Ronald Bass, sont plus anecdotiques, mais pas moins pertinentes.
À la croisée des chemins où le public et la critique s'entendent presque parfaitement (ce qui est de plus en plus rare), "Rain Man" a marqué son époque et il est toujours intéressant à regarder. À l'instar de Forrest Gump, il s'agit d'un très bon film. Pas un classique ou un chef-d'œuvre du septième art, mais un titre sincère qui est bien plus qu'un divertissement intelligent.
| Film | 8 |
| Présentation | 3 |
| Suppléments | 8 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 7 |