Depuis les dernières années, nous remarquons dans le secteur artistique américain une fascination irrévocable liée au milieu de la pègre et du crime. Présentés sur nos écrans comme des antihéros de l'époque contemporaine, ces ripoux sont devenus au fil des productions, grâce à leur look décontracté et à leur attitude rebelle, des icônes aux yeux du genre masculin comme ce fut le cas avec le film Ocean Eleven. Démontrant une influence bien ressentie de la vision du gangstérisme retrouvée dans le cinéma nord-américain, le réalisateur Guy Ritchie a bâti sa renommée par son traitement à la fois tapageur, complexe et ironique de ce milieu peu orthodoxe. Ayant perdu un peu de son piquant depuis quelques années en nous soumettant l'horrible long métrage Swept Away mettant en vedette Madonna, heureusement il est revenu au cours de l'année dernière avec le film "Rock'N'Rolla" dans lequel il renoue pour notre bon plaisir avec le sujet qui lui a valu sa popularité.
Nous plongeant dans le milieu criminalisé britannique, le film "Rock'N'Rolla" nous raconte les mésaventures du gangster Lenny Cole. Spécialisé dans des transactions immobilières douteuses, celui-ci verra sa relation avec Uri, un truand russe au mauvais caractère s'embourber par la perte de la peinture "porte-bonheur" qui compromettra non seulement son accord de sept millions d'euros avec lui, mais également le poussera à comprendre que les lois non écrites du gangstérisme sont sur le point de changer pour un protocole dans lequel l'honneur et l'amitié n'ont désormais plus leur place.
Fidèle à son habitude, le réalisateur Guy Ritchie nous propose un récit comportant un nombre incalculable de personnages, dans lequel ils se bagarrent à mort afin de mettre la main sur un magot. Ressemblant, autant du côté du contenant que du contenu, à ses productions antérieures telles que Lock, Stock and Two Smoking Barrels et Snatch, ce cinéaste nous propose avec son tout dernier film une absence quasi-totale d'originalité. Néanmoins, restant son meilleur film durant la dernière décennie, le film "Rock'N'Rolla" n'est aucunement dépourvu de défauts. Présentant des interprétations impeccables de ses comédiens ainsi qu'un rythme disjoncté, ce dernier s'avère être un divertissement pur et dur qui arrive, à l'aide d'un montage dynamique, à nous faire ressentir une panoplie d'émotions. Présentant tout de même un scénario inégal et inutilement complexe, cette production stylisée tombe par moment dans une surenchère de violence et de personnages stéréotypés qui, par moment donne une impression de redondance nuisant à l'ensemble de l'œuvre. Jouant la carte de la violence plutôt que celle de la psychologie des personnages, la production "Rock'N'Rollaa" est un feu roulant qui saura être apprécié par les amateurs de films d'action, mais laissera malheureusement les amateurs de suspenses sur leur faim. Par contre, revenu à ses premières amours, le réalisateur Guy Ritchie nous prouve avec ce long métrage qu'il n'a pas perdu toute sa verve et son talent qui se faisaient oublier par sa vie personnelle trop exposée dans les médias.
Présentant un style distinct, le film "RocknRolla" démontre en général une qualité visuelle adéquate qui, par le choix du réalisateur de jouer avec la teinte des couleurs, nous offre une expérience unique en son genre. Trouvant par contre une certaine difficulté à composer avec la noirceur de certaines scènes en manquant de clarté, nuisant ainsi à la qualité visuelle qui perd grandement en profondeur, ce qui pourrait agacer certaines personnes. Reproduisant les détails efficacement du côté de l'avant-plan, cette qualité se perd dans la présentation mise en arrière-plan enlevant automatiquement une impression claire de la présence d'une troisième dimension. Navigant entre une qualité visuelle excellente à acceptable, ce produit nous déçoit par son manque de stabilité. La bande sonore Dolby TrueHD 5.1 se montre aussi inégale que la qualité visuelle du film. Contenant, lors des scènes d'action, un certain problème d'ajustement entre les sons ambiants qui ont la fâcheuse habitude d'enterrer les dialogues, l'univers sonore n'est pas toujours clairement reproduit se transformant par moment en véritable cacophonie. Proposant tout de même dans les scènes axées sur des échanges verbaux des sons clairs au niveau des dialogues, la musique et les sons ambiants approfondissent en général la majorité des scènes, malgré certaines faiblesses au niveau du mixage.
Une piste de commentaires plutôt divertissante met en vedettes le réalisateur Guy Ritchie ainsi que le comédien Mark Strong. Celle-ci s'avère être malheureusement plutôt anecdotique qu'informative délaissant ainsi plusieurs éléments pouvant nous permettre de mieux comprendre le point de vue de ces artisans face à cette oeuvre. Se montrant aussi avare en information que cette dernière, la section des suppléments nous offre deux très courts segments parsemés d'interviews sur l'introduction des personnages et sur la ville de Londres. Des scènes retranchées qui n'apportent absolument rien de plus au film concluent malheureusement le tout.
Nous présentant pratiquement que des reproductions de ses premiers films, le réalisateur Guy Ritchie nous offre avec la production "RocknRolla" un bon divertissement qui ne marquera certes pas le milieu du cinéma, mais fera la joie de ses fans.
| Film | 8 |
| Présentation | 7 |
| Suppléments | 6 |
| Vidéo | 7 |
| Audio | 7 |