Salon Kitty [Blu-ray]
Blue Underground

Réalisateur: Tinto Brass
Année: 1976
Classification: NR
Durée: 133 minutes
Ratio: 1.85:1
Codec: 1080p (AVC)
Langue: Anglais (DTSHD10), Italien (DTSHD10)
Sous-titres: Anglais, Français, Espagnol
Nombre de chapitres: 29
Nombre de disques: 1 (BD-50)
Code barres (CUP): 827058701099

Ce disque Blu-ray est disponible chez: Amazon.ca

Selon Sébastien Cassou
10 novembre 2010

Le film de 1976 "Salon Kitty" de Tinto Brass a atteint avec les années un statut de film-culte dans certains milieux. Premièrement parce que son réalisateur mit ensuite en scène le baroque et extravagant Caligula avec Malcolm McDowell (ou "Malcommode" comme le surnomma une de mes amies ayant travaillé avec lui lors de sa venue à Montréal pour un tournage) et Helen Mirren. Deuxièmement parce que la copie DVD maintenant inédite va chercher des prix de fou sur internet. Mais troisièmement et principalement parce que c'est un film unique en son genre aux mille excès, mêlant violence, érotisme, décadence et folie sur un fond de nazisme.

Ceux qui ne connaissent pas le réalisateur italien ne peuvent savoir pas à quel point Brass aime choquer. Montrant inlassablement des organes génitaux de tous les genres dans ses films, même quand cela n'est pas nécessaire, genre de quête de l'esthétisme érotique, le metteur en scène aime bien alors déstabiliser son auditoire en y mêlant des éléments sadomasochistes ou de violence surprise. Ceux qui ont vu "Caligula" comprendront de quoi je parle. On pourrait même voir "Salon Kitty" comme une répétition pour la fresque qui suivrait. Dans le premier on retrouve tous les éléments du second en gestation: nudité, sexe, lutte de pouvoir, violence, perversions, folie et ultimement mort violente du personnage principal (et de nombreux autres!). La seule différence notoire étant la toile de fond - l'Empire romain pour l'un, le troisième Reich pour l'autre - et l'ajout d'un peu d'humour dans "Kitty" qui manque totalement dans le film sur l'empereur romain.

Or donc, cette fresque érotiquo-sociale qu'est "Salon Kitty" se déroule durant les premières années du régime nazi en Allemagne. On y retrouve Helmut Berger (un des acteurs fétiches de Visconti) en jeune officier SS avide de pouvoir se retrouvant aux commandes d'un bordel spécial parrainé par le parti et dont les prostituées ne sont pas des "professionnelles", mais plutôt de jeunes Allemandes de tous les horizons ayant accepté cette mission par respect pour leurs convictions nationales socialistes. Mais ce "Salon Kitty" (Kitty étant jouée par Ingrid Thulin, une actrice des films d'Ingmar Bergman) est en fait un prétexte pour les officiers nazis d'espionner leurs pairs et les membres de l'armée y ayant accès. Les renseignements ainsi recueillis "sur l'oreiller" pouvant éventuellement servir à débusquer les traîtres ou ceux dont les convictions sont trop modérées. Lorsque l'une de ces jeunes filles s'éprend d'un pilote qui lui avoue croire qu'Hitler a perdu la carte, elle est atterrée d'apprendre que ce dernier fut arrêté et exécuté à la sortie de la maison close. Elle découvre alors la conspiration du dirigeant du bordel et décide de le piéger.

Comme c'est le cas pour tous les films de Tinto Brass, "Salon Kitty" ne plaira pas à tous. Rempli d'excès tant au niveau de son contenu qu'au niveau de sa réalisation, ce film baroque, excentrique, extravagant, est trop long, trop lent, trop kitch pour la majorité des spectateurs. Les séquences de cabaret music-hall allemand des années 30 à la Marlene Dietrich sont nombreuses et inutiles, le montage aurait eu besoin d'être resserré, et l'histoire, une fois les nombreuses scènes érotiques enlevées ne tient pas à grand chose. La satire sociale du parti nazi est ici bien mince et Ken Loach n'a pas à s'inquiéter!

Les amateurs de Brass par contre aimeront "Kitty" pour exactement les mêmes raisons. Trop de tout! Et donc si vous avez l'estomac pour supporter cette œuvre excessive, vous vous y plairez sûrement.

Au niveau de la qualité visuelle, les gens de Blue Underground ont fasit un travail merveilleux pour restaurer le film dans toute sa splendeur. On retrouve de beaux contours, une image nette et lumineuse agrémentée de couleurs riches et chaudes. Les décors somptueux sont ainsi bien mis en valeur. Pour l'audio, la balance son est aussi excellente. Les fréquences sont bien définies et le mixage est généralement agréable. On a par contre travaillé à partir d'une bande mono et le résultat manque un peu de punch pour ceux habitués au son Dolby TrueHD 7.1. Pour les suppléments, on retrouve une entrevue de Tinto Brass ainsi qu'une autre du directeur artistique Ken Adam de plus qu'une série de bandes-annonces et de publicités pour le film.


Cotes

Film7
Présentation8
Suppléments7
Vidéo10
Audio8