Never Say Never Again
Collector's Edition
20th Century Fox Home Entertainment

Réalisateur: Irvin Kershner
Année: 1983
Classification: 14A
Durée: 134 minutes
Ratio: 2.35:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51, DD20), Français (Mono), Espagnol (Mono)
Sous-titres: Anglais, Espagnol
Nombre de chapitres: 32
Nombre de disques: 1 (DVD-9)
Code barres (CUP): 883904137320

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca

Selon Martin Gignac
20 avril 2009

Peut-être bien le James Bond le plus original de la très longue série, "Never Say Never Again" a bouleversé des thèmes majeurs pour la première et la dernière fois. Pour son retour en DVD, l'agent 007 s'offre une "Collector's Edition" aux suppléments assez décevants.

L'organisation criminelle SPECTRE agit encore en toute impunité. Même qu'un de ses membres a volé deux têtes nucléaires et qu'il demande une onéreuse rançon aux États-Unis et à la Grande-Bretagne. Afin de l'arrêter, il n'y a personne de plus compétent que James Bond pour qui l'action, l'aventure, les martinis et les jolies filles n'ont plus aucun secret pour lui.

Ce long-métrage est un faux James Bond basé sur une histoire écrite par Kevin McClory et Ian Fleming à la fin des années 1950. La célèbre série, popularisée par Fleming, a eu ses hauts et ses bas, changeant régulièrement d'interprètes, jusqu'à un procès qui a permis à McClory de se servir de sa matière première. Le résultat était "Never Say Never Again" qui a pris l'affiche en 1983, quelques mois à peine après Octupussy qui mettait toujours en vedette Roger Moore... Le scénario est un remake à peine voilé de Thunderball qui a eu un franc succès en 1965. La trame narrative, au demeurant classique et assez longuette, montre un agent vieillissant qui aimerait bien prendre sa retraite, ce qui contraste légèrement avec la légendaire formule traditionnelle. Cette dernière est cependant toujours au rendez-vous: les invraisemblances prennent toute la place, tout comme les nouveaux gadgets, les répliques hilarantes et les sous-entendus sexuels.

C'est également le film qui marque le retour du seul et unique Sean Connery. Il sait mieux que quiconque séduire la gent féminine et sa prestance fait oublier tous les autres interprètes passés et futurs qui n'ont jamais eu sa classe. Pour l'accompagner, il y a l'imparable Max Von Sydow, la pulpeuse Kim Basinger et même Rowan Atkinson qui apparaît brièvement dans quelques scènes assez rigolotes.

La chanson thème chantée par Lani Hall n'a laissé aucun souvenir impérissable aux amateurs de l'agent 007. Il est aisé de lui préférer la formidable musique composée par Michel Legrand qui mélange airs légers, élans de suspense et jazz. Les pistes sonores font ressortir quelques sons musclés (explosions, mitraillettes, hélicoptères) sans jamais prendre le dessus sur les dialogues qui peuvent être accompagnés de très visibles sous-titres blancs. Au début, les images sont parsemées de grains et d'égratignures avec en plus des traces blocage. Cela s'améliore par la suite avec ces contrastes précis, cette intéressante palette de couleurs et ces intrigants éclairages.

La pochette est dans le ton avec ce simple montage où Sean Connery et Kim Basinger sont mis à leur avantage. Le menu principal offre un habile montage de séquences avec une cible en mouvement et une mélodie haletante. Les suppléments, étonnamment superficiels, comprennent la très moyenne bande-annonce originale, une galerie de jolies photographies et trois courts documentaires. Le premier s'intéresse au mythe de Connery (le principal intéressant ne prend cependant jamais la parole), le deuxième permet aux nombreuses conquêtes de Bond de parler de leur personnage (mais où est Basinger?) et le dernier revient sur les tumultes qui ont précédé la création de cet épisode. Le segment le plus pertinent est sans aucun doute cette piste de commentaires narrée par le réalisateur Irvin Kershner et l'historien spécialiste de l'espion britannique Steven Jay Rubin. Les deux hommes se livrent une agréable conversation sur les faits et les détails en se tenant cependant trop à la traditionnelle description des évènements.

"Never Say Never Again" n'a certainement pas le charme d'un Goldfinger. En revanche, il s'agit d'un tome désopilant et très divertissant construit pour mettre en vedette le séduisant Sean Connery. Il triomphe de ses adversaires en un seul regard tout en comptant sur la solide mise en scène qui multiplie les moments exaltants (la confrontation avec le requin, la joute aux jeux vidéo, le tango charnel, etc.). L'essai a peut-être été réalisé il y a de cela 25 ans, mais il demeure nettement plus irrésistible que plusieurs James Bond récents. Dommage que cette "Collector's Edition" n'offre pas de bonus mémorables.


Cotes

Film6
Présentation6
Suppléments5
Vidéo7
Audio7