Candy
ThinkFilm

Réalisateur: Neil Armfield
Année: 2006
Classification: 18A
Durée: 108 minutes
Ratio: 1.85:1
Anamorphique: Oui
Langue: Anglais (DD51)
Sous-titres: Espagnol
Nombre de chapitres: 20
Nombre de disques: 1 (DVD-5)

Ce DVD est disponible chez: Amazon.ca Archambault.ca

Selon Martin Gignac
25 mars 2007

Il y a des sujets universels qui ne peuvent que revenir perpétuellement à l'écran. Les histoires d'amour et les tragédies où la drogue détruit tout sont de ceux-là. À deux pas de verser dans la redite, "Candy" émeut par son sens poétique et lyrique.

Dan (Heath Ledger) et Candy (Abbie Cornish) sont deux jeunes et belles personnes qui s'aiment à outrance. Malheureusement pour eux, un troisième élément s'est joint à leur couple. Ce n'est pas un homme ou une femme, mais bien la drogue. Au début, ces substances illicites procurent des sensations d'ivresse, sauf que rapidement, les problèmes de consommation, de dépendance et d'argent les feront craquer. La plus belle des histoires d'amour pourra-t-elle survivre à ces assauts sournois et insidieux?

Difficile d'innover avec une telle thématique. Surtout depuis que Darren Aronosky a presque tout dit sur le sujet avec son chef-d'œuvre Requiem for a Dream. Sans surprendre à outrance (la narration dépouillée, le récit morcelé en chapitres), le film Neil Armfield recycle adroitement les éléments communs. La drogue amène la désillusion, le sacrifice, la prostitution et plusieurs autres séquences qui ne sont pas toujours aisées à supporter. La famille joue un rôle primordial et les amis peuvent autant aider que détruire les chances de sortie. Cette adaptation cinématographique du livre éponyme de Luke Davies offre même un détournement passager vers la personnification avec les cartes de crédit. Comme quoi le manque d'argent provoque les pires bassesses.

Armfield ne possède peut-être pas la réalisation attrayante du cinéaste du mésestimé The Fountain, mais son sens de la mise en scène est appréciable. La poésie est distillée un peu partout et elle amène beaucoup de lumière dans ces zones sombres. L'introduction féerique dans un manège en mouvement, la consommation de stupéfiants lorsque la voiture se fait laver, les baisers langoureux sous l'eau (comme dans Leaving Las Vegas): ce ne sont que quelques exemples d'une fusion charnelle entre deux corps. En épaves sur des billots tortueux, Heath Ledger et Abbie Cornish sont magnifiques. Le premier est aussi intense que dans Monster's Ball, alors que la seconde s'avère une véritable découverte avec ses rages de désespoir. Dans un rôle plus secondaire, Geoffrey Rush joue le mentor avec beaucoup de sensibilité.

Les compositions musicales sont également au service de l'intrigue. Les mélodies, assez éclectiques, passent de la pop au rock, de l'atmosphérique organique d'Amon Tobin à des cordes lyriques poignantes qui déchirent le cœur. La piste sonore Dolby Digital 5.1 met en valeur ces airs sans jamais enrober le spectateur dans un univers parallèle. Les voix, bien calibrées, ne seront pas appréciées par tous. Le film venant d'Australie, les accents pourront en perdre plusieurs, surtout qu'il n'y a aucun sous-titre français ou anglais... Il y en a toutefois dans la langue d'Almodovar. Les images affichent une belle intensité lumineuse. Le long-métrage débute dans la blancheur pour se perdre dans la noirceur et les contrastes ne laissent jamais à désirer. Au contraire, la couleur divine de quelques scènes fait bon ménage avec ces ombres qui prennent forme soudainement.

La pochette, montrant un Ledger tristounet devant un mur gribouillé, illustre une des scènes les plus poignantes du récit final. Le menu principal du DVD demeure plutôt évasif, avec des yeux qui bougent sur une mélodie très sobre. Les suppléments comprennent l'honnête bande-annonce originale, quelques publicités des autres productions de la compagnie ThinkFilm et un documentaire de neuf minutes sur le tournage où le réalisateur discute du sujet et de ses choix d'interprètes. Plus substantielle est cette lecture déchirante d'un poème du personnage de Candy. Ou encore cette piste de commentaires du cinéaste Neil Armfield et de l'auteur du livre Luke Davies. Ces hommes discutent tendrement du symbolisme et des non-dits en élaborant des anecdotes assez révélatrices sur les situations et les protagonistes.

"Candy" est sans doute un peu trop conventionnel, mais sa charge poétique procure des frissons et le couple d'amoureux s'avère extrêmement crédible. Depuis Brokeback Mountain - et même un peu avant - Heath Ledger est capable de défendre des personnalités torturées. Ici, il le fait à nouveau brillamment, sans voler l'espace à sa valeureuse compagne de jeu Abbie Cornish.


Cotes

Film7
Présentation6
Suppléments6
Vidéo7
Audio6