Pour continuer la célébration du centième anniversaire de Cary Grant (qu'il aurait fêté le 18 janvier dernier s'il était encore en vie), Warner lance à son tour un coffret de très intéressants films typiques du style de Grant sous la collection Signature. J'en suis très ravi puisqu'il est mon acteur favori. Né Archibald Alec Leach, il a participé à plus de 75 films, dont plusieurs avec le maître du suspense Alfred Hitchcock et avec des actrices de renommée telle qu'Audrey Hepburn, Grace Kelly et Mae West. Ses spécialités sont les malentendus et les phrases d'affirmations sans queue ni tête, ces dernières étant ce qu'il préférait utiliser pour narguer les journalistes. Il leur disait "Tout le monde veut être Cary Grant, même moi je veux être Cary Grant"!
Après la conclusion de son contrat avec Paramount, il devient un "acteur autonome" que les studios s'arrachaient étant donné le succès de chacun de ces films. Il fit un tour chez Warner Brothers afin d'y tourner les films de ce coffret et quelques films avec Hitchcock dont l'inimitable North By Northwest. Voici donc les critiques, en ordre de date de sortie, de My Favorite Wife, Destination Tokyo, Night And Day, The Bachelor and the Bobby-Soxer et Mr. Blandings Builds His Dream House, des films tous bien représentatifs de ce que cet acteur est capable.
"Night And Day" nous propose la biographie semi-fictive de "King" Cole Porter (Cary Grant) et sa magnifique carrière qui a mis des chansons dans la bouche de tout le monde, de ses études à Yale en 1910 jusqu'au plus haut de son succès dans les années 40. Tout d'abord, sa musique n'était pas acceptée par les auteurs de "musicals", mais en allant travailler comme pianiste dans un magasin, s gens furent éblouis par sa musique. Il décida avec son ami Monty Woolley (Monty Woolley!) de monter leurs propres musicals.
C'est entre autres grâce à sa muse Linda Lee (Alexis Smith) qu'il réussit à composer de si bonnes pièces musicales. Même la guerre ne l'empêcha pas de composer et immédiatement après celle-ci il épouse sa muse. Linda n'était pas prête cependant à faire face à la musique d'un si populaire compositeur. Un spectacle après l'autre ne se fait pas attendre et Linda est tout simplement mise au second rang. Même un voyage outre-mer ne lui fait pas oublier son travail puisque ses amis viennent le rejoindre. S'en est trop et elle s'en va... Cole réalisant trop tard qu'elle aurait dû passer en premier.
Monty Woolley est parfait dans son propre rôle, lui qui a passé tant d'années avec le vrai Cole Porter. Cary Grand a quant à lui un plaisir fou d'interpréter le compositeur. Il joue avec ardeur et chante la musique comme si c'était sa passion première. Vous allez peut-être chanter vous aussi puisque bien de ses chansons sont toujours dans le répertoire de bien des chanteurs. Évidemment pour bien apprécier le film, vous devez aimer les musicals, car près de la moitié du temps du film est prise d'assaut par deux douzaines de chansons et de numéros de danse. De plus, vous allez voir que Cole Porter fumait beaucoup!
Le procédé Technicolor ressort très bien sur ce DVD. L'image est belle, mais affiche plein de petits points blancs durant la présentation, certaines scènes étant plus sujettes que d'autres. Mais le plus gros problème est la préservation de marque de changement de bobines qui se retrouvent à droite de l'image sous la forme de rond rouge avec de petites dents vertes. Pas vraiment de signe de restauration ici! De plus, beaucoup d'artefacts de compression sont visibles surtout dans les lignes droites en angle. La piste sonore, quoique sourde par sa monophonie, relaye bien la passion des chansons. Le menu de ce DVD est statique et est accompagné d'un air tiré du film.
Comme suppléments, il y a un court-métrage du nom de "Musical Movieland" où une guide nous fait visiter, en chantant, plusieurs plateaux de tournage de musicals dont des scènes western, indienne, canadienne (avec la police montée et tout!), hollandaise, britannique, hawaiienne, des scènes sur le sujet de Mother Goose, du ballet et du swing. L'image de ce court-métrage est plutôt vieillotte, mais tout de même bien conservée. Cela est suivi d'un genre de vidéoclip montrant le talant de Desi Arnaz (de I Love Lucy) et de son orchestre et d'un dessin animé Loony Tunes de Bugs Bunny nommé "The Big Snore" qui eux aussi ne sont pas passés par la brosse de la restauration. Je ne vois pas vraiment le rapport de ces deux derniers (probablement des items présentés en même temps que ce film en salle), mais il est facile d'apprécier le lien avec l'inclusion d'une série de bandes-annonces de films avec les chansons de Cole Porter. Ce sont tous des suppléments inattendus pour un film de ce prix, mais tout de même très appréciés.
Ce film arrive juste à point, car il y a un remake de celui-ci qui vient de prendre l'affiche en salle du nom de De-Lovely avec Ashley Judd, Kevin Kline et une poignée de chanteurs populaires. Le film met en tête d'affiche qu'il est plus réaliste que "Night and Day" sans sucre ajouté. Mais le sucre de ce film rapporte très bien la joie de vivre de Porter qui manque littéralement dans De-Lovely. Justement, dans ce nouveau film, le personnage de Porter dit "Si je peux survivre à cela, je peux survivre à n'importe quoi" après un visionnement privé de "Night and Day"… pourrait-il en dire autant du remake? Même si sont homosexualité est complètement ignorée dans le film original, quel homme ne pourrait pas être flatté d'être personnifié par Cary Grant au grand écran?
| Film | 6 |
| Menu | 2 |
| Suppléments | 5 |
| Vidéo | 4 |
| Audio | 5 |
Le premier bombardement aérien de Tokyo s'est déroulé sous les ordres du lieutenant-colonel James Doolittle, mais pour ce faire ils avaient besoin d'informations diverses sur la météo et la position des objectifs. Pour accumuler ces informations, l'équipage du sous-marin Copperfin, sous la commande de capitaine Cassidy (Cary Grant) s'est infiltré directement dans la baie de Tokyo directement sous les ennemis dans leurs propres eaux qu'ils ne surveillaient pas.
Cela n'est que l'histoire de surface. L'histoire secondaire est très patriotique, voire propagandiste, qui brasse les émotions parmi les hommes à bord du sous-marin qui sont par hasard très stéréotypés. C'est au moment du discours du capitaine à propos des enfants japonais qui étaient élevés avec un fusil à la main au lieu de patins à roulettes à leurs pieds que je devinais à quoi j'avais affaire! J'ai eu du mal à accepter Cary Grant comme commandant du navire, car il n'a pas le visage de l'emploi, quoiqu'il exécute ce qu'il a à faire sans problème.
Pour ce qui est du son, je n'ai rien à vraiment dire de ce côté-là à part bien sûr le fait qu'un film de guerre est plus appréciable en d'autre chose qu'en mono. La faiblesse du travail de Robert B. Lee dans le département du son est peut-être à noter. Je n'ai jamais entendu dans un film autant de manque de réalisme dans l'explosion de charges de fond. L'explosion ne dure qu'un quart de seconde et ne fait qu'un simple "clic-pouf ". Je serais bien étonné que la charge soit assez proche pour entendre le détonateur, mais pas assez proche pour faire entendre son explosion, ni pour déformer le caisson du sous-marin. Parlant de réalisme, le sous-marin est à soi-disant 150 pieds sous l'eau, mais nous voyons clairement la surface et le fond de l'eau entre la maquette de sous-marin. Cependant, l'entrée dans la baie de Tokyo est bien exécutée et relativement crédible. L'image de ce film n'a pas passé à la restauration, mais est tout de même bien acceptable. Il est intéressant de noter l'utilisant de newsreel dans les séquences de Doolittle. Le menu n'a pas été travaillé très fort.
Comme suppléments, il y a d'abord un court-métrage Vitaphone avec Jeanne Aubert intitulé "The Gem of the Ocean" qui est un genre de comédie musicale avec de la danse et des chansons sur bateau de croisière. Vous pourrez y voir les manigances d'un voleur de bijoux, des sirènes et des danseurs de ballet à claquettes! Une série de bandes-annonces de films de Cary Grant complète la liste des suppléments (ah non! Pas d'autres films à se procurer!).
| Film | 6 |
| Menu | 1 |
| Suppléments | 4 |
| Vidéo | 5 |
| Audio | 5 |
Que doit penser une femme dont le tout nouveau mari ne lui porte absolument aucune attention depuis la journée même qu'il l'a mariée? Bianca (Gail Patrick) voit son mari Nick Arden (Cary Grant) carrément se sauver d'elle et l'éviter même pour leur nuit de noces.
Voyez-vous, Nick vient tout juste de découvrir que son ex-femme Ellen (Irene Dunne), celle qu'il aime toujours, revient dans sa vie. Le problème est qu'elle venait cette même journée d'être déclarée morte puisqu'elle a fait naufrage sept ans auparavant sans jamais être retrouvée. Mais voilà qu'un bateau égaré de son chemin habituel l'a retrouvée. Nick veut retourner avec elle, mais il ne sait pas comment l'annoncer à sa nouvelle femme, ni comment le demander à son ex-femme. Mais la découverte par Nick qu'Ellen n'était pas seule sur son île déserte le fait rager quelque peu. Malentendus par dessus malentendus, Nick vient à en perdre la tête.
Ce n'est pas la comédie la plus drôle de Cary Grant, mais elle est facilement consommable puisqu'elle contient le genre de gags dignes de cet acteur. Le duo Grant/Dunne était plus à point dans la comédie The Awfull Truth. "My Favorite Wife" est vraiment particulier pour les années 40 avec les doubles significations de toutes leurs actions. Si ce film avait été tourné aujourd'hui, la tension sexuelle ici présente aurait éclaté de façon beaucoup plus graphique, censeurs de l'époque inexistants aujourd'hui. Même le film s'autocensure lorsque Grant part en lune de miel avec sa nouvelle femme en plus de son ex dans une autre chambre… le patron au comptoir de l'hôtel lui fait la morale!
"My Favorite Wife" eut également sa part de remake dont Something's Got to Give en 1962 du réalisateur George Cukor avec Dean Martin et Marilyn Monroe, mais jamais complété à cause de la mort de cette dernière. Le projet fut complété sous le titre Move Over, Darling en 1963 avec un autre réalisateur et mettant en vedette Doris Day et James Garner.
Ce DVD contient tout d'abord, en guise de suppléments, une émission radio sur film enregistrée dix ans après la production film, mettant en vedette les acteurs originaux, Grant et Dunne. Cela est suivi par la bande-annonce du film et un court-métrage nommé "Home Movies" avec Robert Benchley. L'acteur principal essaie de divertir ses invités en leur présentant un film qu'il a tourné durant ses vacances et expliquer les technique du cinéma maison, tout en ajoutant que c'est normal que les gens partent dans le plein milieu pour s'en aller à un rendez-vous important ou pour aller téléphoner.
L'image de cette production contient un certain nombre de lignes verticales dues à l'usure du film ainsi qu'un constant flot de grafignes mineures. De toute évidence, ce film n'a pas reçu plus de restauration que les autres items de ce coffret. Côté piste sonore, la musique est aux abords de gricher dans les hautes notes et les dialogues sonnent un peu sourd.
| Film | 5 |
| Menu | 4 |
| Suppléments | 5 |
| Vidéo | 4 |
| Audio | 5 |
Voilà ensuite un des titres dont j'avais souvent vu le début, mais jamais la fin. Je dois vous dire que je suis vraiment resté sur mon appétit puisque la finale est franchement très prévisible. Richard Nugent (Cary Grant) est un peintre moderne qui veut mettre sur son canevas la vie américaine. Pour ce faire, il a recours à la création de diversions pour composer ses scènes, ce qui fait de lui un cas souvent en cours de justice. Cette fois-ci, il apparaît devant la juge Margaret Turner (Myrna Loy) qui ne trouve pas vraiment la plaisanterie de son goût, et surtout cet homme, mais le laisse aller tout de même. Cette même journée, Richard se rend dans une école pour parler de son travail aux étudiants. Parmi ceux-ci se retrouvent Susan Turner (Shirley Temple) - oui oui! La sœur de la juge! – et son petit copain Jerry (Johnny Sands)… ex-petit copain parce que Susan est tombée en amour par-dessus la tête de son beau chevalier Richard.
Richard n'est pas du tout intéressé et lui fait savoir assez vite. Susan décide donc d'aller se faufiler dans l'appartement de Richard afin de le séduire pour lui servir de modèle. Richard est très surpris de la voir là et encore plus de trouver la juge Turner qui était à la recherche de Susan. Malentendu sur malentendu, il se retrouve en prison sans qu'il ne puisse s'expliquer. Margaret ne voit que rouge et ne croit point en l'histoire de Richard, mais son oncle Matt (Ray Collins), psychologue, voit la vraie chose. Il suggère donc, en échange de sa peine, que Richard fasse semblant qu'il est amoureux de Susan, le temps que cette amourette parte d'elle-même. Cette situation ridicule devient encore plus folle alors que Richard agit comme un jeune adolescent! Pendant ce temps, Margaret tombe amoureuse de Richard.
Grant est très drôle dans son rôle lorsqu'il transforme son obligation en rigolade. Shirley Temple, dans l'un de ses derniers rôles, n'a pas le charme de sa jeunesse. Si son nom n'était pas au générique, probablement que je ne l'aurais pas reconnue tant qu'elle est ordinaire dans ce rôle. Ray Collins est intéressant dans son approche au rôle de l'oncle qui essaie de matcher sa vieille fille de nièce par ces manigances.
Le menu de ces DVD a un beau look et est agréable à naviguer. Côté visuel, nous avons une image non restaurée contenant bien de la grisaille causée par le grain du film, un minimum de grafignes et quelques instances de film brûlé. Rien cependant de très grave. Le son est très ordinaire, mais sans problème.
Comme suppléments, il y a un dessin animé réalisé par Tex Avery du nom de "Little Tinker" mettant en vedette une moufette que cherche l'amour ainsi que des bandes-annonces Cary Grant! Nous retrouvons de nouveau une version radio de ce film avec Grant et Temple diffusée sur le programme Lux Radio Theater.
| Film | 4 |
| Menu | 6 |
| Suppléments | 5 |
| Vidéo | 5 |
| Audio | 5 |
YEP! Pauvre monsieur Blandings (Cary Grant). Il est coincé avec ses deux enfants, Joan (Sharyn Moffett) et Betsy (Connie Marshall), et sa femme Muriel (Myrna Loy) dans un petit appartement dans la ville de New York. Il décide qu'il a les moyens de se trouver une maison à la compagne, plus tranquille et surtout plus spacieuse. Il est tellement entêté d'avoir son petit nid douillet, qu'il achète la première maison qu'il se fait offrir, surtout que l'agent d'immeuble a bel et bien senti qu'il tenait un beau gros poisson. Même l'ami de la famille Bill Cole (Melvyn Douglas), un avocat, ne réussit pas à faire voir clair à Jim (monsieur Blandings) qu'il se fait avoir d'aplomb! Il faut dire que Jim n'aime Bill parce qu'il est trop à l'aise avec sa femme. Jim est jaloux!
Problème après problème avec la maison d'origine sur son terrain qui tombe en ruine, Jim décide de se faire construire, mais à ses spécifications (et celles de sa femme). Il se ramasse avec un plan qui va lui coûter les yeux de tête! La maison et ses problèmes de construction lui prennent pas mal de son temps et la majorité de ses pensées. Difficile alors pour lui de se concentrer dans son travail de trouver un slogan accrocheur pour le jambon Wham, un projet qu'il s'est fait remettre par un ancien collège qui n'avait pas trouvé et s'en allait en dépression! Lui aussi est en train d'en faire une avec les employés qu'il contracte qui lui font la vie un peu difficile, mais cela est un peu de sa faute puisqu'il n'avoue jamais ne pas comprendre leurs termes techniques.
Pour avoir fait construire une maison dans le passé, plus petite que la sienne, mais beaucoup plus chère (ça lui coûtait $38 000 - de son époque), je comprends parfaitement ses inquiétudes et ses problèmes. Cette entreprise et les problèmes maritaux qu'il imagine sont en train de le rendre fou, ce qui tourne rapidement en comédie. Le visage de pince-sans-rire de Grant traduit encore plus l'émotion de crise face à des employés qui ne lui expliquent rien et lui arrivent avec des factures assez salées. Les instructions aux employés quant à la touche féminine de la maison sont assez drôles (moins drôles quand je réalise que ma mère faisait la même chose à mon père pour les couleurs de peinture!). La comédie et le drame de ce projet vous feront sourire plus d'une fois.
Comme suppléments à ce film, il y a un dessin animé sur la maison du futur telle que vue à la fin des années 40 et des bandes-annonces de films mettant Cary Grant en vedette. Il y a aussi une section audio offrant deux présentations radio du film, en 1949 avec Grant et Irene Dunne et l'autre en 1950 avec Grant et Betsy Drake. J'adore ce style de suppléments qui nous permettent de vivre le film sans images et nous imaginer le reste. Je trouve cela parfait à écouter en faisant les tâches ménagères par exemple. Le son de ces deux présentations, très différentes de leur style, est très clair.
Le menu du DVD est très beau et très concept. Nous voyons nos personnages principaux dans un décor enchanteur sur lequel des plans de la maison couvrent les diverses options qui nous sont offertes. La qualité vidéo de la présentation principale est belle, mais contient les artéfacts que nous retrouvons habituellement dans les films bien conservés, mais qui n'ont pas reçu de restauration. Rien pour déranger l'iris. Côté son, j'ai trouvé que la musique était un peu coupée dans les hautes fréquences, mais cela ne touche pas les dialogues. Mais si nous n'y portons pas d'attention particulière, spéciale, ce petit problème disparaît facilement de notre oreille. Certains dialogues semblent avoir été réenregistrés en studio et sonnent plus sourds que ceux enregistrés dans l'environnement naturel de la construction de la maison.
| Film | 8 |
| Menu | 7 |
| Suppléments | 5 |
| Vidéo | 6 |
| Audio | 5 |